On ne donne pas de pain aux chevaux !

C’est une croyance, malheureusement, rĂ©pandue : le pain serait une friandise apprĂ©ciĂ©e des chevaux mais aussi des poneys et des ânes. Sauf quand leur tendant un quignon de baguette ou un autre morceau de miche pourtant bien dur, l’individu se fait avant tout plaisir Ă  lui-mĂŞme… MĂŞme si l’animal, gourmand, mange l’offrande, celle-ci s’avère, en effet, très dangereuse pour sa santĂ© !

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Le pain risque de former un bouchon Ĺ“sophagien dans l’appareil digestif du cheval, voire de  provoquer des coliques. Contrairement Ă  l’homme, cette maladie s’avère douloureuse et difficile Ă  soigner chez les Ă©quidĂ©s. Intubation, lavement, injections par le vĂ©tĂ©rinaire appelĂ© en urgence… : il n’y a vraiment rien de rĂ©jouissant pour le malade ! Certains cas nĂ©cessitent carrĂ©ment une intervention chirurgicale si la bĂŞte est transportable et survit Ă  un voyage, souvent de plusieurs centaines de kilomètres, pour atteindre la clinique spĂ©cialisĂ©e. Sans oublier le stress occasionnĂ©, la peur de perdre son compagnon… et la facture souvent onĂ©reuse.

Tout ça pour un bout de pain rassis qui aurait mérité d’être transformé en chapelure pour gratin ou en sympathique dessert (mélangé à du lait et des œufs) pour humains !

Igor, Ferdinand et Cadichon, la belle vie au grand air !

Depuis le temps qu’on devait aller les voir ! Après Julia et Jordan, Carine et moi sommes, enfin, allées rendre visite à Igor, Ferdinand et Cadichon. Souvenez-vous, les ânes de Sauv’Equi avaient eu la chance d’être adoptés ensemble fin décembre 2014 par un couple amoureux des équidés et des animaux en règle générale.

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Nous les avons donc retrouvés avec grand plaisir et en pleine forme, beau poil, bon oeil ! Coulant des jours heureux auprès de leurs adoptants dans un environnement paradisiaque. Imaginez : un accès libre quand ils le veulent à leur écurie ombragée ; un pré de plusieurs hectares, vallonné pour se faire les muscles et disposant d’un petit cours d’eau pour se rafraîchir les pieds ; des arbres fruitiers, en veux-tu, en voilà, où les filous se servent sans même demander la permission ! Bref, nos amis ont la belle vie et cela nous ravit.

D’autant plus encore qu’Igor, Ferdinand et Cadichon partagent leur quotidien avec deux jolies ânesses. Une joyeuse troupe qui joue, se chamaille, se fait des câlins. Et qui bénéficie de toute l’attention de leurs propriétaires aux petits soins pour chacun d’eux. Vous l’aurez compris, Sauv’Equi n’aurait pas pu rêver mieux pour ses anciens protégés.

La confiance d’un cheval, ça se mérite !

« Le jour oĂą on peut entrer dans un paddock oĂą un cheval est allongĂ© sans qu’il se lève, on sait qu’on a vraiment gagnĂ© sa confiance. Evidemment, pour ça, il faut souvent venir le voir sans rien lui demander… juste entrer sans raison apparente, le gratouiller un peu, repartir », assure Andy Booth dans un livre passionnant sur sa vie avec les chevaux : Andy, le parcours d’un chuchoteur, co-Ă©crit avec son Ă©pouse Catherine Booth et Emmanuelle Hubrecht, aux Editions Belin. Pour ce disciple de Pat Parelli et de la mĂ©thode PNH (Parelli Natural Horsemanship), il s’agit tout simplement d’ « Ă©ducation de base, pour que le cheval en vienne Ă  vous voir arriver avec plaisir, en restant complètement dĂ©tendu ». Dès ses premiers mois en France, cet homme de cheval australien s’est aperçu que, malheureusement, cette notion Ă©tait Ă©trangère Ă  la culture Ă©questre europĂ©enne…

Le considérer comme « un partenaire », pas un esclave.

Confiance_cheval « Quand on suggère aux cavaliers d’aller voir souvent leur cheval "pour rien", simplement pour entretenir la confiance, beaucoup reçoivent cette idĂ©e comme "un truc sentimental". Le cheval est lĂ  pour servir, un point c’est tout. Et pourtant, il "sert" tellement plus volontiers quand on se donne la peine de le traiter comme un partenaire, pas comme un esclave », analyse Andy Booth. « Ça n’a rien Ă  voir avec un sentimentalisme dĂ©placĂ©, ça n’est pas non plus une question de "douceur" : c’est uniquement un problème d’efficacitĂ©. Ce qu’on cherche, c’est la coopĂ©ration pleine et volontaire du cheval. On ne l’obtient pas en le traitant comme un imbĂ©cile qui n’a pas de volontĂ© propre. » Ce serait d’ailleurs mal connaĂ®tre les chevaux, tous dotĂ©s d’un caractère unique, pour peu qu’on Ă©prouve l’envie et le besoin de les connaĂ®tre.

Dans ce chapitre, l’instructeur spĂ©cialisĂ© en Ă©thologie Ă©quine rĂ©tablit une vĂ©ritĂ© (qui s’avère, au passage, Ă©galement valable pour les relations humaines) : « On a un ascendant bien plus grand et bien plus solide sur le cheval quand l’autoritĂ© se construit sur le respect et la confiance, et non sur la crainte ». Le cavalier expĂ©rimentĂ© rappelle que cette façon de faire demande, Ă©videmment, « beaucoup de rĂ©flexion et pas mal de temps. Il faut d’abord poser les fondations et accepter de revenir Ă  un travail de consolidation aussi souvent que nĂ©cessaire. Il ne faut pas se concentrer sur le rĂ©sultat, sur le but Ă  atteindre, mais se recentrer sans cesse sur les principes ».

Bref, savoir se remettre en question. C’est Ă©galement ça, l’Ă©quitation ! Quant Ă  passer un moment avec son cheval, ce ne sera jamais du temps perdu. PlutĂ´t une visite Ă  un ami dont on souhaite avoir des nouvelles.