Une équation difficile.

Une des critiques qui nous est opposée vient de notre absence de sauvetage ces derniers mois.
Pour rappel l’activité du refuge repose sur deux piliers, le premier concerne effectivement le sauvetage d’équidés en détresse, maltraités, blessés et/ou destinés à la boucherie. Le second concerne notre action sociale, l’accueil de groupes dans notre refuge pour les mettre en contact avec nos pensionnaires.

Le sauvetage est conditionné à trois éléments essentiels, le premier paramètre est lié aux installations (espace, parcs, box, stabulations, etc.), le second paramètre est lié aux bénévoles disponibles pour assurer les tâches quotidiennes du refuge et enfin le dernier paramètre, la capacité financière à assumer les pensionnaires, (frais vétérinaires, maréchalerie, aliments, etc.)

Premier paramètre : « les installations », depuis sa création jusqu’à août 2008, Sauv’Equi a connu un niveau record d’occupation avec un pic à près de 70 pensionnaires dont à peine la moitié provenait de réels sauvetages, résultat de cette période, des chevaux stressés, des pâtures surchargées, de nombreuses blessures dus à une surpopulation, 2 évacuations à l’ULG de Liège et malheureusement 7 décès (10% des effectifs), pour certains dus à leur triste état en arrivant chez nous. Notre capacité d’accueil était très largement et dangereusement dépassée. Les animaux issus d’un sauvetage ont besoin de calme, de sérénité, de temps consacré pour se reconstruire.

Second paramètre : « les bénévoles », toute personne qui a visité un jour un centre équestre ou une écurie comprend très vite les moyens humains nécessaires derrière une telle activité avec un tel nombre d’équidés. Chez Sauv’Equi, toujours sur la même période, en semaine, on ne pouvait compter que sur 1, voir 2 ou exceptionnellement 3 bénévoles assidus (toujours présents aujourd’hui). Est-il raisonnable de penser pouvoir s’occuper durablement de 70 chevaux avec un tel effectif usé par l’ampleur de la tâche ?

Troisième paramètre : « les finances », je vous invite à vous rendre sur le lien: http://www.jenemangepasdecheval.com/actions.html où vous pourrez constater comment la Fondation BARDOT dépense 125 000€/an pour un refuge similaire au notre, lorsque nous arrivons au même résultat avec un budget de moins de 60 000€/an. Là encore je laisse à l’appréciation des serpents à sonnettes qui prétendent que chez Sauv’Equi il y aurait sans aucun doute possible de « l’enrichissement personnel ». Nous affirmons, justificatifs à l’appui, qu’il y a surtout de « l’appauvrissement personnel » tant les bénévoles y mettent de leur propres deniers, parfois au détriment de leur bien-être et/ou celui de leurs proches. Pour rappel, près de la moitié des cotisations 2008 sont restés impayées.

Conclusions : Fort de ces constats, il a été décidé de stopper les sauvetages aussi longtemps que l’équilibre de ces trois paramètres n’était pas retrouvé. Cette décision « quasi unanime » de bon sens a été très mal vécue par certains et le début d’une longue polémique… Ce choix de raison s’imposait, sans quoi l’ensemble de nos pensionnaires aurait été mis en danger, la preuve, depuis septembre 2008, grâce au soutien de nos partenaires (vétérinaires et maréchaux) et grâce au programme alimentaire spécifique mis en place avec des produits de qualité pour les plus âgés (Saint Hyppolite), aucun problème grave, aucune blessure sérieuse, aucun décès à déplorer. Pour rappel près de la moitié de nos pensionnaires a plus de vingt ans.

Contrairement à d’autres, nous acceptons la critique, mais essentiellement celle qui permet de grandir, celle qui permet de construire et surtout pas celle qui consiste à détruire, à calomnier et à salir, et plus particulièrement lorsque ces calomnies émanent d’une personne, sensée de par sa profession, respecter un code de déontologie : http://www.acrimed.org/article30.html, ses pairs apprécieront… Encore une fois, si vous avez un doute, n’hésitez pas, venez nous rencontrer et ensuite, vous serrez libre de critiquer. Si après votre visite, vous jugez que nos pensionnaires courent un quelconque danger, alors il sera de votre devoir d’effectuer un signalement, et même de déposer plainte pour maltraitance. Quant aux adhérents, ils auront tout le loisir de sanctionner les Administrateurs en place, lors de la prochaine Assemblée Générale, d’autres Administrateurs seront alors nommés et ils devront à leur tour résoudre cette difficile équation ((moyens financiers + nbre de bénévoles) x (nbre d’équidés)) : (indice de bonne volonté) x (indice de capacité de nuisance) = la survie d’une Association généreuse, tournée vers la défense d’un animal mythique combinée à une action sociale remarquable.