La confiance d’un cheval, ça se mérite !

« Le jour où on peut entrer dans un paddock où un cheval est allongé sans qu’il se lève, on sait qu’on a vraiment gagné sa confiance. Evidemment, pour ça, il faut souvent venir le voir sans rien lui demander… juste entrer sans raison apparente, le gratouiller un peu, repartir », assure Andy Booth dans un livre passionnant sur sa vie avec les chevaux : Andy, le parcours d’un chuchoteur, co-écrit avec son épouse Catherine Booth et Emmanuelle Hubrecht, aux Editions Belin. Pour ce disciple de Pat Parelli et de la méthode PNH (Parelli Natural Horsemanship), il s’agit tout simplement d’ « éducation de base, pour que le cheval en vienne à vous voir arriver avec plaisir, en restant complètement détendu ». Dès ses premiers mois en France, cet homme de cheval australien s’est aperçu que, malheureusement, cette notion était étrangère à la culture équestre européenne…

Le considérer comme « un partenaire », pas un esclave.

Confiance_cheval « Quand on suggère aux cavaliers d’aller voir souvent leur cheval "pour rien", simplement pour entretenir la confiance, beaucoup reçoivent cette idée comme "un truc sentimental". Le cheval est là pour servir, un point c’est tout. Et pourtant, il "sert" tellement plus volontiers quand on se donne la peine de le traiter comme un partenaire, pas comme un esclave », analyse Andy Booth. « Ça n’a rien à voir avec un sentimentalisme déplacé, ça n’est pas non plus une question de "douceur" : c’est uniquement un problème d’efficacité. Ce qu’on cherche, c’est la coopération pleine et volontaire du cheval. On ne l’obtient pas en le traitant comme un imbécile qui n’a pas de volonté propre. » Ce serait d’ailleurs mal connaître les chevaux, tous dotés d’un caractère unique, pour peu qu’on éprouve l’envie et le besoin de les connaître.

Dans ce chapitre, l’instructeur spécialisé en éthologie équine rétablit une vérité (qui s’avère, au passage, également valable pour les relations humaines) : « On a un ascendant bien plus grand et bien plus solide sur le cheval quand l’autorité se construit sur le respect et la confiance, et non sur la crainte ». Le cavalier expérimenté rappelle que cette façon de faire demande, évidemment, « beaucoup de réflexion et pas mal de temps. Il faut d’abord poser les fondations et accepter de revenir à un travail de consolidation aussi souvent que nécessaire. Il ne faut pas se concentrer sur le résultat, sur le but à atteindre, mais se recentrer sans cesse sur les principes ».

Bref, savoir se remettre en question. C’est également ça, l’équitation ! Quant à passer un moment avec son cheval, ce ne sera jamais du temps perdu. Plutôt une visite à un ami dont on souhaite avoir des nouvelles.