Coliques… pour en savoir plus

cheval_galop LES PRINCIPAUX TYPES DE COLIQUES :

Les principaux types de coliques rapportés étaient des coliques spasmodiques (34.8 %), ou par obstruction (19.6 %). Les autres animaux, utilisés à titre de comparaison, avaient été présentés pour des lacérations cutanées essentiellement (45.2 %) ou des boiteries (21.3 %). 15.3 % des chevaux présentés pour coliques sont morts.

CARACTERISTIQUES DISCRIMINANTES :

L’√Ęge des chevaux √† coliques (m = 10 ans) est significativement sup√©rieur √† celui des animaux pr√©sent√©s pour d’autres raisons (7 ans). La race arabe est nettement sur-repr√©sent√©e. En revanche, on ne note pas de pr√©disposition de sexe.
Le type d’utilisation des animaux (√©levage, comp√©tition…) n’a pas d’influence, mais les coliques sont d’autant moins fr√©quentes quand la superficie de l’exploitation est √©lev√©e. Le risque est √©galement plus √©lev√© quand le nombre de chevaux √† l’hectare est important.
Un r√©cent changement de conditions d’√©levage (mise au box par exemple) est corr√©l√© √† un plus fort risque de colique. Les chevaux passant plus de 50 % de leur temps au box sont √©galement plus expos√©s.
La source d’abreuvement importe √©galement : l’acc√®s √† un seau d’eau augmente le risque alors que l’acc√®s √† un abreuvoir le diminue.
Les chevaux √† coliques semblent avoir eu moins d’activit√© physique dans la semaine qui a pr√©c√©d√© que les animaux sans coliques. En revanche, une modification de l’intensit√© de l’activit√© physique dans les deux semaines qui pr√©c√®dent semble √™tre un facteur favorisant. Des comm√©moratifs de transport r√©cent ne constituent pas un facteur de risque.
Des comm√©moratifs ant√©rieurs de coliques ou de chirurgie pour colique augmentent significativement le risque. De m√™me, les chevaux ne recevant pas un programme de vermifugation r√©gulier sont √† risque. Cependant, l’administration d’un vermifuge dans les sept jours pr√©c√©dant la crise est un facteur de risque.
Des modifications climatiques majeures dans les trois jours pr√©c√©dant l’√©pisode de colique sont un facteur de risque.
Un changement r√©cent dans l’alimentation et surtout de la nature du foin (dans les deux semaines pr√©c√©dentes) constitue un tr√®s important facteur de risque. Les chevaux au pr√©, ne recevant pas d’autre chose, ont significativement moins de risque de d√©velopper des coliques.

Le foin en première ligne :

Le facteur de risque le plus important est une modification du r√©gime alimentaire dans les deux semaines pr√©c√©dentes. Plus encore, c’est le changement de foin qui joue un r√īle majeur. Cette √©tude est d’origine am√©ricaine, et les types de foins utilis√©s outre-Atlantique ne sont pas tous comparables aux n√ītres. Cependant, il est tr√®s important de noter que le changement d’origine du foin, m√™me s’il est de m√™me nature, est un facteur de risque important. Il en va de m√™me du foin venant d’une m√™me parcelle, mais d’une coupe diff√©rente.
Pourquoi ? Il est possible que les modifications de foin induisent des variations du pH du contenu intestinal, qu’elles influencent la production d’acides gras volatils, qu’elles perturbent l’√©quilibre microbien, tous facteurs pouvant modifier la motilit√© intestinale et mener aux coliques.

Alimentation et météo :
Cette √©tude apporte de l’eau au moulin des d√©fenseurs des aliments industriels : la consommation de granul√©s n’est pas associ√©e √† un plus fort risque de colique. Par ailleurs, les aliments extrud√©s semblent encore plus s√Ľrs. Ceci s’explique probablement par le fait qu’ils sont ing√©r√©s plus lentement.
Que faut-il penser du changement de temps ? Dans cette publication, il est associ√© √† une augmentation du risque de coliques, mais la plupart des √©tudes ant√©rieurement publi√©es d√©mentent cette assertion. Des enqu√™tes plus approfondies seraient n√©cessaires mais, empiriquement, nous savons que certaines conditions climatiques (vent d’autan par exemple dans notre pays) semblent augmenter les risques.

Vermifugation :
Comme on pouvait s’y attendre, l’adoption d’un programme de vermifugation coh√©rent r√©duit les risques de d√©velopper des coliques. El√©ment troublant, c’est la premi√®re fois qu’on associe dans une population de chevaux adultes la survenue d’une crise de coliques √† des comm√©moratifs de vermifugation r√©cente (7 jours avant). Ce ph√©nom√®ne est d√©crit chez le foal tr√®s infest√© par des ascaris : la vermifugation induit une destruction massive de parasites qui peuvent obstruer l’intestin (c’est la raison pour laquelle on conseille paradoxalement dans cette indication des vermifuges peu efficaces de mani√®re √† ne pas tuer trop de vers en m√™me temps). En revanche, chez l’adulte, la publication de Cohen et coll est une premi√®re.
Toutefois, ne pas vermifuger est un facteur de risque autrement plus important.

Races :
L’√©tude corrobore des observations ant√©rieures quant √† la plus forte sensibilit√© aux coliques de la race arabe. On ne sait toujours pas si cette pr√©disposition est d’origine g√©n√©tique, si elle est due √† des conditions d’√©levage diff√©rentes ou tout simplement √† une meilleure attention des √©leveurs et propri√©taires d’arabes.

Activité :
Les chevaux n’ayant pas d’activit√©, dans cette √©tude, ont significativement moins de risques de d√©velopper des coliques. Cette observation n’est pas faite dans d’autres publications.

Que faut-il retenir ?

Pas de conclusions h√Ętives, admettent les auteurs : ces observations ont leurs limites. Par exemple, on n’a pas cherch√© √† associer certains facteurs de risque au type de la colique. Il est possible que les coliques par obstruction soient favoris√©es par des facteurs diff√©rents que ceux qui induisent des coliques spasmodiques. L’√©tude peut √™tre √©galement biais√©e : certains propri√©taires de chevaux √† coliques ont peut-√™tre plus tendance que les autres √† se souvenir des √©v√©nements r√©cents qui ont pr√©c√©d√© la crise, celle-ci √©tant pour eux une pr√©occupation majeure (financi√®re et affective) alors qu’ils sont peut-√™tre moins concern√©s par d’autres motifs de consultation.
Mais, malgr√© tous ces biais possibles, un √©l√©ment majeur se distingue : un cheval qui a chang√© de foin dans les deux semaines pr√©c√©dentes √† 9.8 fois plus de " chances " qu’un autre de d√©velopper une crise de coliques. Il est donc utile de bien observer vos chevaux quand vous changez de foin. Ceci souligne tout l’int√©r√™t √©galement de stocker suffisamment pour l’ann√©e, et de ne pas trop changer de fournisseur.

Source Nutridiff