A HARA D’OR, disparue trop brutalement

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Non, on ne te t’oublie pas. Ce papier, ou plutôt cette lettre qu’on t’adresse où que tu sois, aurait dû paraître plus tôt mais les mots ne venaient pas. Tu nous manques tellement, Hara d’Or !
Après Aquilas le 22 décembre 2018, notre petite équipe ne s’attendait pas à te perdre, toi, notre doyenne de 31 printemps qui n’aura pas eu la chance de connaître un énième été.

Tombée dans un ruisseau

Que s’est-il passé ce lundi 27 mai 2019, il y a pile un mois aujourd’hui ? On ne le saura sans doute vraiment jamais. La veille au soir, Carine t’avait quittée vers 21h alors que tu semblais tranquille au parc, avec Harachesne et Surfing pas loin. C’est vrai que ta vue avait baissé mais un vétérinaire spécialiste en ophtalmologie nous avait rassurés : rien d’alarmant à ton âge. Reste que notre présidente s’inquiétait : ton audition diminuait aussi et elle te trouvait fatiguée. Comme sur le qui-vive. Elle avait raison.

Dans la nuit ou tôt le matin, tu as chuté dans le ruisseau en contrebas de ton pré. Bizarrement sans casser les clôtures électriques tendues et vérifiées chaque semaine. Ton corps est passé entre les deux fils, les abaissant simplement avant de traverser le mur végétal qui se dressait pourtant derrière. On imagine ta peur, Hara d’Or, quand tu t’es retrouvée de l’autre côté de la rive, l’encolure sur la berge, le corps à moitié immergé. Pardonne-nous, s’il te plaît ! On pensait avoir pris toutes les précautions pour qu’un tel accident ne se produise jamais.

Sauvée par les pompiers

Les sapeurs-pompiers de Metz, spécialistes en risques animaliers, imaginent que tu es tombée tête la première en faisant une roulade incontrôlée. Par peur d’un bruit nocturne ou suite à un malaise dont tu aurais été victime ? On se pose tellement de questions depuis ta disparition.
C’est notre présidente qui a alerté les secours quand elle t’a trouvée, vivante, grattant la terre humide avec l’antérieur que tu pouvais bouger. Le cœur de Carine a failli s’arrêter en te voyant ainsi.

Sauv’Equi remercie les soldats du feu pour leur disponibilité et tout le dispositif qu’ils ont activé pour t’extirper de l’eau et ensuite te relever avec l’aide bienvenue de l’agriculteur avec qui l’on travaille. Elle n’oublie pas leur vétérinaire intervenu en matinée et le second praticien arrivé en urgence quand le premier suspectait un membre cassé ; ses radiographies nous ont alors rassurés. Tout semblait encore possible pour toi. Tu luttais de toutes forces, entourée de Carine et Julia qui te frictionnaient et t’embrassaient pour te réchauffer. A ton chevet, sous les couvertures séchantes, tu as vu arriver Aurélie, Fred et Olivia, puis Johanna et Sofia, bien sûr ! Comment aurait-il pu en être autrement ? Tout le monde t’aime tellement.

Avant d’être endormie

Quand un agriculteur voisin – que l’on salue également – a répondu à notre appel avec son tracteur en fin de journée, Carine et Julia ont pensé que c’était gagné : dans ta vie, tu avais connu tellement d’épreuves que celle-ci aussi tu allais l’emporter ! Hélas, Hara d’Or, tes jambes ne voulaient plus te porter, à moins que ce ne soit ton cerveau qui avait dit « stop ». Décision a donc été prise, en accord avec le vétérinaire, de ne pas, plus, te faire souffrir. Coincée au travail, j’ai prévenu, pendant le trajet jusqu’à toi déjà endormie, Bettina et l’association qui te parrainaient depuis longtemps. Elle aussi a eu le cœur lourd de te savoir partie et a pensé à Harachesne sur qui l’on veille, ne t’inquiète pas !

Au refuge, il y a un manque désormais. On te cherche souvent des yeux. Cela faisait douze ans que tu vivais avec nous. Tu étais notre amie. Reste l’image d’une jument de caractère, belle, intelligente, combative jusqu’au bout. Celle qui nous fait encore avancer malgré tout.

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A lire les articles du RĂ©publicain Lorrain sur la tentative de sauvetage d’Hara d’Or le 27 mai dernier (et dans notre revue de presse) ici, ici et ici: