Carine, le pilier de Sauv’Equi

Depuis le 1er novembre 2014, Sauv‘Equi loue l’endroit qu’elle occupe avec ses protégés. Une écurie à la campagne avec des prés qu’elle gère comme bon lui semble, avec grand sérieux. Quatre ans donc qu’Hara d’Or, Axia et les autres mangent à leur faim selon le régime qui leur convient. Que chacun d’eux s’ébat chaque jour dans les parcs, marche, court, se roule ! Qu’ils vieillissent tous sereinement, entre copains.

Cette retraite, douce après un passé douloureux, n’est possible que grâce aux quelques soutiens dont notre association bénéficie encore. Elle est surtout le résultat du travail au long cours de Carine, notre indéfectible présidente ! Qui assure quotidiennement, inlassablement, en plus de son métier et de sa vie de famille, sa mission auprès des chevaux. Entre les soins, les praticiens à recevoir, les commandes d’alimentation à effectuer, Carine se donne à fond, physiquement et moralement, pensant, réfléchissant, vibrant pour Sauv’Equi à 1 000 %.

Avec Julia, fidèle au poste depuis tant d’années également, on la seconde du mieux qu’on peut. Modestement, avec conviction, par amour pour cette association en laquelle on croit tant, toutes les trois. Toujours, malgré les difficultés.

Avec plus de donateurs, encore d’autres bénévoles motivés, on pourrait évidemment faire plus, concrétiser des idées, permettre, enfin, à Carine, notre pilier, de souffler un peu ! Hélas, si les pensionnaires de Sauv’Equi sont aujourd’hui heureux - et c’est notre plus grande fierté -, les temps sont vraiment durs. Mais on n’a pas dit notre dernier mot : parce que notre association est belle, utile, reconnue d’intérêt général. Qu’Hara d’Or, Axia et les autres valent le coup qu’on se batte pour eux, à l’exemple de notre présidente !

PS : Si vous souhaitez nous rejoindre, n’hésitez pas à écrire à info@sauv-equi.fr !

Carine presidente

Les équidés aussi étaient des Poilus !

De nombreux animaux ont été enrôlés dans la Grande Guerre : des équidés, des chiens, des pigeons, des bÅ“ufs, des chats… Malgré eux, comme la plupart des hommes. Les historiens estiment que le premier conflit mondial 1914-1918 a fait 18 millions de morts des deux côtés du front, autant civils que militaires. Chevaux de selle et de trait, ânes et mulets auraient également payé un lourd tribut puisque plus de 11 millions d’entre eux auraient été tués au combat. Les premiers étaient, en effet, utilisés pour transporter les soldats et tracter les armes, notamment les canons si lourds… Les ânes portaient aussi des munitions et les denrées alimentaires. Plus petits, ils se faufilaient plus facilement dans les tranchées.

Une statue en l’honneur des ânes.

Equidés Grande Guerre

En 1916, un hôpital destiné à soigner ceux blessés a même été installé à Neuville-lès-Vaucouleurs, dans la Meuse. Une fois soignés, ces aides de camps aux grandes oreilles retournaient auprès des Poilus ! Une statue à la gloire de ces héros oubliés a été érigée en juillet 2016 au cœur de ce village. Sur la stèle voulue par Raymond Boissy, fondateur de l’Association nationale des amis des ânes (Adada) à la fin des années 1990, rappelant l’existence d’un tel lieu durant la bataille de Verdun. Sculptée par l’artiste meusien Denis Mellinger, l’œuvre représente un âne et un poilu. On imagine les liens qui devaient unir ces compagnons d’infortune, dans la peur et la fureur d’un conflit qui n’a que trop duré.

Aux petits soins pour nos seniors

Les chevaux âgés méritent aussi d’être soignés. Après avoir beaucoup donné à leurs cavaliers, pourquoi n’auraient-ils pas encore droit à certains égards ? Tous les équidés devraient avoir la chance de bénéficier d’une confortable retraite, non ? Au lieu d’être délaissés, voire carrément abandonnés ou, pire encore, maltraités !

Chez Sauv’Equi, on essaie, avec nos moyens limités, de tout faire pour offrir une douce vieillesse à nos seniors. Hara d’Or et Aquilas avancent sereinement vers leurs 31 ans aux côtés d’Harachesne, bientôt 29 ans, et de Surfing, 26 ans et des poussières. On n’évoquera pas ici Axia, notre autre doyenne toujours jeune dans sa tête et bien dans son corps, et Le Mareyeur, 17 printemps à peine. Tous appartiennent à l’association depuis leur sauvetage il y a dix ou onze ans.

Nous, les bénévoles, chouchoutons nos papy-mamies comme si c’était les nôtres. L’été au grand air et l’hiver au box pour la nuit. Mais chaque jour dehors, qu’il vente, pleuve ou neige ! Marcher au pré quelques heures leur permet d’entretenir leur musculature et d’éviter trop de douleurs articulaires, en plus de leur booster le moral. Pour soulager leur arthrose, on a, en outre, déjà fait appel à ostéopathe et étiopathe.

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Visite du dentiste et aliments spécifiques

Le dentiste vient également une fois par an, voire plus si cela s’avère nécessaire pour ceux qui présentent des diastèmes, par exemple. Le but est de vérifier les tables dentaires, voir si les chevaux peuvent encore mastiquer correctement. Ces visites sont indispensables pour anticiper toute douleur et surtout s’assurer qu’ils s’alimentent correctement. Ainsi, depuis deux ans, Aquilas et les deux sœurs Hara ne parviennent plus à manger de foin ; on les nourrit donc avec du pré alpin, un fourrage coupé court et très finement, en plus de leur ration spécifique enrichie en vitamines, minéraux et oligo-éléments.

Chacun voit aussi ses sabots parés régulièrement, en plus du curage et de l’inspection des fourchettes lorsqu’il fait trop humide notamment.

On relève également, plusieurs fois par an, quelques échantillons de crottin frais pour vérifier si nos protégés sont parasités ou pas. En fonction du résultat de la coprologie, sur les conseils du vétérinaire, tel cheval sera vermifugé ou non selon la saison.

Bien sûr, on inspecte aussi Aquilas and co sous toutes les coutures pour repérer la moindre blessure et y remédier. Le pansage nous permet également de les aider à effectuer leur mue tout en préservant le lien d’affection qui nous unit. Bref, le secret de leur longévité tient en quelques soins et beaucoup d’amour !

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