Une sensibilité à fleur de peau

Les chevaux ont la peau ultra sensible… au point de sentir un insecte se poser sur leur dos. Cette sensibilité leur permet aussi, heureusement, de goûter aux caresses qu’on leur prodigue ou d’apprécier les soins du quotidien. Le pansage, par exemple, donne à « connaître chaque centimètre carré de l’anatomie de son compagnon », écrit Homeric, dans son Dictionnaire amoureux du Cheval (Plon). On peut ainsi « voir son état de forme », « sentir ses états d’âme », « observer ses métamorphoses ».

La peau d’un équidé permet également d’en savoir plus sur son passé. Comme tout pur-sang anglais qui se respecte, Surfing Dubb est très chatouilleux lorsqu’on manie l’étrille sur son corps d’ancien athlète ; quant à ses taches blanches sur les antérieurs… Elles témoignent sans doute de vieilles blessures. Peut-être les mêmes qui, parfois, se rappellent à lui en le faisant trembler ?

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Hara d’Or arbore, pour sa part, une longue mèche de crins blancs au niveau du garrot. Due autrefois à la pression d’une selle et de cavaliers pas adaptés ? D’un tapis insuffisamment dégarrotté ? D’une couverture trop serrée et pas régulièrement vérifiée ? On peut, hélas, se poser toutes les questions quand on sait que cette jument a été honteusement montée alors que son dos est affreusement creusé !

L’épiderme d’Aquilas raconte aussi son histoire. On imagine sa douleur quand les lettres SF - pour Selle Français - ont été marquées au fer rouge sur sa cuisse gauche. Comme l’homme, la peau du cheval possède des terminaisons nerveuses qui le renseignent sur le toucher, la chaleur des objets… Aujourd’hui, notre doyen affiche toujours ce tatouage de jeunesse qu’il n’a pas choisi, lui !

S’ils portent encore les stigmates de leur vie d’avant, Surfing, Hara d’Or et Aquilas n’en aiment pas moins les câlins, quand la peau de notre visage se colle doucement à leur encolure, leur panse, leur croupe. Ils sont sensibles à la douceur.

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