Raymond et River : la rencontre

River R

Au cours de l’année 2009, suite à un reportage sur FR3, j’ai appris l’existence de l’association Sauv’Equi. Rapidement, j’ai voulu en savoir davantage. Je me rappellerais toujours de ma première rencontre avec l’association au mois de novembre de la même année. Ce jour-là, j’ai fais la connaissance de Cécile. D’emblée, ma stupéfaction fut grande : pour moi qui suis toujours pressé, voilà une personne en train de s’occuper de trois ânes en même temps et tout cela dans un calme parfait. En plus, elle a trouvé le temps de répondre a mes questions !

La première fois que je me suis assis sur le dos d’un cheval, j’avais sept ans. Mon père, en ce temps-là, pratiquait les labours avec deux magnifiques chevaux ardennais ; j’ai eu le déclic ! J’ai toujours voulu être en contact avec le monde des chevaux. Durant ma jeunesse,  j’ai donc pratiqué l équitation les week-end. On partait en randonnée : autant de moments magiques. Malheureusement, ma vie professionnelle ne m’a pas permis de concilier ma passion aussi souvent que je le voulais. 

Au refuge Sauv’Equi, j’ai d’abord fait connaissance avec Aquilas, Dunndy, Surfing Dubb, Balano et enfin celui qui est devenu mon préféré, Riverspiane. A la différence des autres, River s approcha de moi rapidement. Son regard m’a tout de suite interpellé : il était si près de moi que je pouvais sentir son souffle parcourir tout mon corps. Un moment qui m’a semblé durer une éternité. Son histoire m’a aussi interpellé : River a donné dans les courses, sans jamais être remercié. C’est le pur-sang dans toute sa splendeur et c’est lui qui choisit celui qui sera à l’autre bout de la longe.

Les chevaux de Sauv’Equi nous donnent beaucoup chaque jour. On le dit souvent. Mais nous mettons rarement des mots précis sur ce qu’ils nous apportent. Pourquoi le cheval nous fait tant de bien ? Nous sommes nombreux à être tombés en amour devant ces êtres d’exception, sans vraiment savoir pourquoi.  Une relation au cheval a des effets «addictifs», on ne peut très vite plus s’en passer.

Pour moi, le cheval nous donne ce que bien souvent nous ne savons pas chercher ailleurs. N’étant pas encombré par la parole, le cheval m’a aidé à apprendre le langage corporel et à accepter les messages sensoriels et je pense que je ne suis pas au bout de mes surprises. Je pense que le cheval m’a appris aussi la patience, la disponibilité, la sincérité. Il m’a aidé à mieux aimer simplement et calmement. Je suis convaincu que les chevaux sont encore là, en tant qu’espèce, pour aider l’homme à devenir meilleur, pour nous grandir, au sens propre et figuré. Le cheval nous élève, nous porte vers un sentiment de plénitude. Les bienfaits du cheval sont immédiats. Moi qui suis d’un tempérament pressé, sauvage, je deviens sociable. Le cheval m’a amené à me tempérer, à me poser, à appréhender les problèmes autrement, sans débordements.

A leur contact dans le travail au refuge, j’ai pu voir ce qui fonctionnait ou pas dans l’échange. Cette remise en question a toujours été accompagnée d’encouragements. Les chevaux ne nous condamnent pas et ne gardent pas rancune de nos maladresses. Ils m’alertent, au contraire, lorsque je suis sur le mauvais chemin et me donnent des confirmations lorsque je pense avoir emprunté le bon. Avec eux, tout va très vite, très fort. Les retours sont immédiats. Ma rencontre avec mon ami Riverspiane n’est pas le fruit du hasard, j’en suis sûr. Aujourd’hui, c’est du bonheur, tout simplement !