Reinette sous surveillance

ReinetteDepuis quelques jours, Reinette a retrouvé le chemin de l’herbe grasse. La météo étant favorable (pour elle), il ne fait pas trop chaud, pas trop de soleil (pas du tout) et même la pluie s’est invitée ; un temps idéal pour cette mamie qui a souffert de déshydratation.

Après avoir été sous surveillance durant une semaine au box, il a été décidé de la laisser à nouveau gambader au parc, pour des raisons pratiques, elle n’a pu réintégrer son groupe  au grand parc, elle s’est jointe sans aucune difficulté à la petite famille constituée par Dowry, Vicky, Samba et Tennessee.

La proximité de ce parc nous permet de maintenir une surveillance accrue sur notre protégée, nous devons nous assurer, avant de la laisser retourner dans son groupe initial, qu’elle s’abreuve suffisamment, qu’elle mange normalement, qu’elle urine sans difficulté et qu’elle se déplace avec aisance (Tennessee s’en charge).

En attendant, elle bénéficie d’un régime de faveur, avec deux repas par jour composés de 2L de Senior et 1L de Luzerne St Hippolyt (aliments utilisés au refuge) à quoi nous ajoutons 1 cuillérée à soupe de sel (pour stimuler la sensation de soif), de l’huile de Colza, le tout arrosé abondamment avec de l’eau pour faire une soupe. Cette mixture peut sembler peu ragoûtante mais je vous assure qu’elle l’adore.

Nul doute que d’ici quelques jours elle devrait retrouver sa famille au grand parc…

Parasites

ParasitesLa gestion des problèmes parasitaires est très complexe dès lors que l’on concentre un grand nombre de chevaux dans un même endroit. Depuis quelques années, le constat est le même un peu partout, les vermifuges ne sont plus aussi efficaces. Les molécules utilisées par les différents laboratoires n’ont guères évolué ces trente dernières années, dans l’intervalle, les parasites quant à eux ont développé des résistances de plus en plus efficaces à ces produits.

Le taux de prĂ©valence pourrait atteindre 100% aux Etats Unis, 72% en Australie, plus de 80% en France, 80% en Grande Bretagne, 74% en Pologne, 100% au BrĂ©sil, 36% en Suède, 36% en Belgique. Ces rĂ©sultats proviennent de publications rĂ©centes. Les diffĂ©rences observĂ©es sont liĂ©es Ă  la taille des Ă©chantillons, Ă  l’âge des chevaux ainsi qu’Ă  la saison oĂą ont eu lieu les observations. Je vous invite Ă  lire l’article de rĂ©fĂ©rence complet pour mieux comprendre la problĂ©matique.

Alors que faire ? Continuer Ă  vermifuger ? Sur-vermifuger ? Ne plus vermifuger ?

Avec l’aide de nos vétérinaires, nous avons fait le choix de l’analyse préventive. Nous connaissons le cycle de vie des parasites, nous savons qu’une parcelle « contaminée » par des parasites, le reste plusieurs années. Le combat semble inégal et ces petites bêtes qui envahissent l’appareil digestif de nos amis paraissent inéluctablement victorieuses dans ce combat sans fin…

Première étape, il faut bien connaître son cheptel, aussi nous avons procédé à des analyses parasitologiques, équidé par équidé, selon un protocole très rigoureux. Il faut ramasser le crottin immédiatement après déjection, il faut ramasser une quantité importante à différents endroits du crottin, placer le tout dans un sac et en chasser un maximum d’air, étiqueter le sac au nom de l’équidé et le placer dans une glacière sans être en contact direct avec la glace (faites une cloison avec du carton). Ensuite, vous avez quelques heures pour acheminer le crottin auprès d’un laboratoire équipé pour ce type d’analyse (DDSV en ce qui nous concerne). Ils déterminent la quantité d’œufs et surtout leur type, strongle, cyathostoma, triodonthopharus etc…

En fonction des résultats de ces analyses, seul votre vétérinaire sera en mesure de vous indiquer la marche à suivre et le traitement approprié.

On distingue trois groupes d’équidés :

  • le 1er est constituĂ© des Ă©quidĂ©s sains (O Ĺ“uf) ou porteurs de 1 Ă  200 Ĺ“ufs au gramme.
  • le 2ème est constituĂ© des Ă©quidĂ©s porteurs de 201 Ă  800 Ĺ“ufs au gramme.
  • le 3ème est constituĂ© des Ă©quidĂ©s porteurs de plus de 800 Ĺ“ufs au gramme.

Les éléments du 1er groupe sont des équidés qui ont développé des anti-corps capables de résister (au moment de l’analyse, statut non définitif) aux parasites. La présence de parasites dans ces proportions est tout à fait tolérable pour eux, aussi, très souvent, il n’est pas nécessaire de les traiter.

Les deux autres groupes vont nécessiter des soins appropriés…

Autre élément important dans ce combat, la gestion des pâtures, sans une bonne gestion de la pâture tous ces efforts ne servent pas à grand chose. Voir à ce sujet le précédent post vous comprendrez mieux le pourquoi de nos « journées crottin ».

Les résultats des analyses effectuées courant août 09 sur l’ensemble des équidés du refuge aboutissent à la photographie suivante :

  • 63,64% sont du 1er groupe
  • 09,09% du second
  • 27,27% du troisième

Nous aborderons dans un prochain post les moyens d’enrayer la prolifération des parasites au sein d’un groupe d’équidé.

Vente de yearlings Ă  Deauville

yearlingA nos yeux, nos pensionnaires sont inestimables, nos boiteux, cagneux, sans origines, purs sang magnifiques, trotteurs, anciens cracks ou illustres inconnus se cĂ´toient et cohabitent au sein de notre refuge.

Lors des adoptions, c’est toujours le problème récurent de devoir fixer le montant de l’adoption, des règles existent, il suffit de lire nos statuts, elles y sont détaillées.

A titre d’exemple, au cours de l’année 2008, le montant moyen de l’adoption auprès de Sauv’Equi était de 860 EUR, sans commune mesure avec les sommes dont vous allez prendre connaissance ici… (Le Figaro, Les Echos, Le Monde)

Hormis les origines (d’un ton moqueur), où se trouve la différence qui pourrait expliquer une telle folie ?

Rien ne prouve que la perle rare se trouve au milieu de ces noms illustres qui viennent de changer de main.

Pour votre information, les sommes échangées lors de ces ventes, permettraient à elles seules, de faire vivre un refuge tel que le nôtre pendant environ 733 ans !

De quoi assurer une longue, très très longue vie à Sauv’Equi, mais on n’en demande pas tant… En attendant, pour assurer le quotidien du refuge qui en a bien besoin, un petit geste de soutien serait déjà fortement apprécié par nos pensionnaires.

A méditer.