C.A.T Le PATIO

Patio Vendredi dernier, Sauv’Equi a accueilli quelques rĂ©sidents du CAT “Le Patio” du quartier La Grange-aux-Bois de Metz, avec qui l’association a signĂ© une convention, le temps d’un pique-nique suivi d’une rencontre avec quelques-uns de nos pensionnaires Ă  poils et Ă  crins.

Accompagnés par Carole et Vanessa, leurs éducatrices, Christian, Marie-Jo, Shirley et leurs camarades ont pris soin de Radoka et Reinette, nos adorables et gentilles Mérens. Caresses et bisous ont été largement distribués, après un bon brossage en règle !

Des gestes paraissant si simples pour chacun d’entre-nous, mais qui sont, pour nos amis, le rĂ©sultat d’une longue mise en confiance auprès de l’animal. Des moments enrichissants faits de gestes sincères.

Des moments “Sauv’Equi” !

Dentiste Equin

dents

En France, rappelons que seuls les vétérinaires équins sont habilités à pratiquer des soins bucco-dentaires et prescrire des sédatifs à leurs patients.

Il y aurait donc comme un paradoxe dans cette profession : lĂ©galement, la profession de dentiste Ă©quin n’existe pas, mais sur le terrain, c’est Ă  eux que font souvent appel les professionnels des Ă©curies et des centres Ă©questres. DĂ©sireux de faire reconnaĂ®tre officiellement leur activitĂ©, les dentistes Ă©quins se sont donc constituĂ©s ces dernières annĂ©es en associations. l’AEDE (Association EuropĂ©enne des Dentistes Equins).

Les soins dentaires Ă©taient auparavant prodiguĂ©s par les marĂ©chaux ferrant : un moyen pour eux d’amĂ©liorer leur quotidien, et puis, il fallait bien qu’il y en ait qui s’y collent. Leurs instruments se limitaient alors Ă  des râpes sommaires, parfois la râpe pour sabot. Les vĂ©tĂ©rinaires Ă©quins leur ont longtemps laissĂ© cette prĂ©rogative avant de la revendiquer pour eux-mĂŞmes. Dans le mĂŞme temps les dentistes Ă©quins, issus d’anciens mĂ©tiers du cheval, se formaient sur le tas et se spĂ©cialisaient dans ce style d’interventions. C’est Ă  partir de 2000 que la profession a alors cherchĂ© Ă  s’organiser, en crĂ©ant une structure de formation. Le mĂ©tier de dentiste Ă©quin est en pleine progression, comme les mĂ©tiers Ă©questres en gĂ©nĂ©ral. Il faut dire que les cavaliers sont de plus en plus sensibilisĂ©s aux soins buccodentaires.
Une bonne bouche est essentielle pour le cheval, d’un point de vue alimentaire comme d’un point de vue sportif. La vie quotidienne du cheval peut ĂŞtre en effet fortement handicapĂ©e par des souffrances bucco-dentaires, dont les symptĂ´mes peuvent se manifester dans son comportement comme dans son Ă©tat physique. C’est Ă  nous qu’il revient d’ĂŞtre vigilant, d’autant plus que le cheval souffre de la cavitĂ© buccale en silence, les problèmes peuvent donc passer longtemps inaperçus. Vous observez par exemple que votre cheval accepte mal le mors, prĂ©sente des dĂ©fenses Ă  la main, abĂ®me les mors en caoutchouc… Moins d’appĂ©tit, laisse tomber ses aliments ou penche la tĂŞte pour mastiquer les carottes que vous lui offrez, mâchoires gonflĂ©es, refus de manger… Coliques Ă  rĂ©pĂ©tition, il maigrit, sans raison apparente (le bol alimentaire n’est plus de bonne qualitĂ©, faute de mastication) : tous ces Ă©lĂ©ments peuvent vous faire penser Ă  des problèmes bucco-dentaires. Une bouche mal entretenue peut engendrer des problèmes de dorsalgie, voire de boiterie …
En fait, la meilleure des préventions est de faire examiner son cheval régulièrement.

Faire voir, mais quand ?
Un examen est conseillĂ© avant le dĂ©bourrage, pour vĂ©rifier l’absence d’inflammation et de dents surnumĂ©raires. Un examen annuel est idĂ©al : ce rythme correspond Ă  la progression de la poussĂ©e des surdents (poussĂ©e ipsodentique) : de 3 Ă  4 mm/an. On distingue l’odontologie d’entretien (Ă©limination des surdents, vĂ©rification de la chute des dents de lait) et l’orthodontie, qui consiste en un rĂ©Ă©quilibrage dentaire pour compenser les pousses de dents anarchiques.

Une dentition de cheval, c’est comment, au juste ?
En règle gĂ©nĂ©rale le mâle possède 40 dents et la jument 36 : le mâle possède 4 canines supplĂ©mentaires, et il arrive que la jument en possède aussi, on dit alors qu’elle est brĂ©haigne. Le cheval a une denture adaptĂ©e Ă  son rĂ©gime alimentaire : il possède de longues incisives pour couper l’herbe, et de larges molaires crĂ©nelĂ©es, qui broient les fibres vĂ©gĂ©tales. Si les incisives se superposent, la mâchoire supĂ©rieure est par contre plus large que la mâchoire infĂ©rieure. Pendant la mastication, le cheval effectue des mouvements verticaux et horizontaux, en forme de huit asymĂ©trique (une large boucle et une plus petite), qui provoquent une usure, Ă©galement asymĂ©trique, de la dentition. La particularitĂ© des dents du cheval est qu’elles poussent en permanence : elles s’usent par le seul phĂ©nomène de la mastication, et gardent alors une longueur constante (quand tout va bien).
Les surdents: ce sont des dĂ©fauts d’usure touchant les molaires et prĂ©molaires caractĂ©risĂ©s par des pointes qui se forment sur le bord des dents. Les surdents du haut vont pousser vers les joues, tandis que les surdents de la mâchoire infĂ©rieure vont se dĂ©velopper vers la langue. Ces excroissances sont souvent coupantes : il faudra les supprimer par un râpage.

Il peut se retrouver avec des incisives supĂ©rieures qui chevauchent celles du bas : rappelez-vous, il a les dents qui poussent, notre cheval a alors « la dent longue » : il peut dĂ©velopper des incisives de 10 centimètres, s’il reste sans soin.

Certains chevaux dĂ©veloppent des dents surnumĂ©raires (appelĂ©es « dents de loup quand elles sont situĂ©es Ă  la mâchoire supĂ©rieure, « dents de cochon » Ă  la mâchoire infĂ©rieure). Ce sont des dents assez petites par rapport au reste de la denture, accolĂ©es aux barres dentaires. Elles peuvent ĂŞtre visibles ou rester sous la gencive. Très sensibles, leur extraction permet de supprimer la douleur liĂ©e Ă  l’action du mors.

D’autres chevaux ne perdent pas naturellement toutes leurs dents de lait (normalement, le cheval perd 24 dents de lait entre 2 ans et demi et 4 ans et demi). Il faut veiller Ă  ce qu’elles ne provoquent pas de dĂ©calage dans la dentition adulte.

En gĂ©nĂ©ral, tout dĂ©sĂ©quilibre des mâchoires peut provoquer des dĂ©sordres anarchiques dus on Ă  la poussĂ©e dentaire. Une molaire supĂ©rieure peut se dĂ©velopper plus vite, aux dĂ©pens de son corollaire supĂ©rieur, par exemple. Le dentiste Ă©quin effectue alors des rĂ©Ă©quilibrages par des soins d’orthodontie : un coup de râpe par ci, un coup de pince par lĂ .

Les instruments des dentistes :

DestinĂ© Ă  l’examen de la bouche et aux soins Ă©ventuels : l’Ă©carteur ou ouvre-bouche, il permet de garder les mâchoires ouvertes : il est ouvert progressivement, et ne semble pas provoquer de rĂ©actions particulières de la part du cheval. Cet Ă©carteur est appelĂ© « pas d’âne » : parce que cet instrument est « sĂ»r comme le pas d’un âne ».

Deuxième instrument, majeur : la main du dentiste. C’est principalement par le toucher qu’il peut prendre la mesure des soins Ă  apporter. Ces surdents peuvent provoquer des blessures dans les joues ou la langue. Des plaies ou mĂŞme des incursions dans la muqueuse des joues : une dent incarnĂ©e. Les outils d’intervention : les meuleuses. Des tiges au bout desquelles tourne une petite meule en diamant, comme les dentiste. Une meule aspirante, qui permet de transporter les rĂ©sidus transformĂ©s en poudre. Ces meules sont appelĂ©es râpes ou fraises Ă©lectriques. Pour davantage de prĂ©cision, les dentistes peuvent complĂ©ter par des râpes mĂ©caniques. Des pinces, pour l’extraction des dents (dents de loup ou de cochon – dents cariĂ©es, abĂ®mĂ©es ou dents de lait non tombĂ©es), des crochets pour le dĂ©tartrage.

KHALI

A KHALI Khali

Elle ne faisait pas partie des protégés de Sauv’Equi mais participait à l’aventure depuis le début, à nos côtés. En août 2007, Khali déménageait de Fleury pour rejoindre Rezonville et, dans un premier temps, le parc du regretté Kashan et de son amoureuse Vicky. Faute de place et de structures adaptées — l’association venait d’être lancée et tout était à construire —, notre brave petite jument a d’abord partagé un box, puis une stabulation, avec ce grand gaillard de Sergueï, qui l’a vite pris pour sa maman d’adoption et ne laissait personne s’approcher d’elle ! Changement de gabarit ensuite avec Teylor, un bébé boulonnais qu’elle a également contribué à éduquer. Qu’est-ce qu’il l’aimait aussi, ce poulain-là, imitant ses moindres faits et gestes et l’appelant dès qu’elle venait à s’éloigner ! Tout le monde d’ailleurs appréciait Khali au refuge : à commencer par Bertrand qu’elle priait instamment de nourrir à grands coups de hennissements et même, parfois, de pied dans la porte de son joli chalet quand celui-ci dépassait l’heure du dîner, ne serait-ce que d’une minute ! Ou les enfants, qui, à l’instar d’Amélie, écrivaient des mots doux sur l’ardoise accrochée à sa porte, de Leïla qui a vaincu sa peur des chevaux en sa compagnie, ou encore de Louise à qui elle a donné à nouveau confiance.

Quant à nous, elle était notre meilleure amie, notre grande sœur, celle qui nous a appris à monter, à vaincre nos peurs, à nous dépasser, pendant dix-huit années. Aujourd’hui, il y a un mois exactement, Khali s’en est allée rejoindre le vent. Pas un jour sans que l’on ne pense à elle. Elle avait 29 ans : pour nous, elle est ETERNELLE.

Carine et Virginie