Comportement face au danger

comportement Le cheval est génétiquement programmé pour opérer sur la base suivante: pour lui, la survie implique de pouvoir échapper efficacement aux attaques des prédateurs, grâce à ce que l’on nomme la réponse de fuite. Chaque fois que cela est possible, il prendra peur et tentera de s’enfuir loin d’un danger potentiel, galopant jusqu’à une distance jugée par lui suffisamment sécurisante; puis il se retournera et utilisera sa vision à longue distance pour évaluer la situation. Ce comportement que vous redoutez peut-être est la réponse primaire des équidés face au danger. Vous pouvez apprendre à rester sur le cheval lorsque cela se produit, à reprendre le contrôle immédiatement après, et même à désensibiliser votre cheval aux stimuli les plus communs, mais vous ne pourrez jamais l’éradiquer.

L’homme, au lieu de fuir immédiatement en cas de danger, se tournera dans sa direction et utilisera sa vue perçante et sa logique pour l’évaluer, décidant ensuite s’il doit fuir ou tenir bon. Vous vous tournez pour faire face à un bruit ou un mouvement soudain; votre cheval, lui, cherche s’en éloigner le plus vite possible. Vous pouvez voir clairement, évaluer, et réagir de manière logique aux images et aux sons provenant de votre environnement. Votre cheval ne le peut pas. Le résultat est que vous pouvez être désarçonné par votre cheval lors d’un mouvement de panique, et ne jamais savoir ce qui a pu l’effrayer. Jeté à terre, vous pouvez vous retrouver dans une situation très dangereuse, surtout en cas de collision avec votre cheval.

De plus, si votre cheval est attaché ou confiné de quelque manière que cela soit (Box, stalle, van…) quand sa réponse de fuite est déclenchée, il se comportera de l’une des deux manières suivantes: soit il aura recours à une réponse défensive, essayant de frapper violemment l’objet de sa frayeur avec ses antérieurs ou ses postérieurs, soit il luttera aveuglément contre la contention ou le confinement qui l’empêche de fuir le danger qui le menace. Attention: quand ce très puissant instinct le poussant à combattre ou s’enfuir prend le pouvoir sur lui, votre cheval devient totalement inconscient de tout ce qui l’entoure, que ce soit des objets, des humains ou d’autres chevaux, et devient même insensible à la douleur qu’il est susceptible de s’auto-infliger. Si vous êtes sur son chemin, il vous blessera vous aussi. C’est pourquoi un cheval en état de panique peut aller jusqu’à s’arracher un sabot si celui-ci se retrouve pris dans une clôture en grillage ou en fil de fer, tirera au renard jusqu’à ce que la longe casse s’il est attaché, risquant ainsi de basculer et de retomber sur le dos, ce qui peut occasionner de très graves fractures, ou essaiera de s’enfuir de votre van par la petite fenêtre de devant…

Habituez-vous donc, quand vous le menez en licol, à rester en dehors de la trajectoire de fuite potentielle de votre cheval (C’est-à-dire directement devant lui.), et à toujours être hors de portée de ses antérieurs et de ses postérieurs, les distances de sécurité étant respectivement d’environ 1,5 et 2,5 mètres dans toutes les directions. Dans tous les cas, vous devez soit être au delà de 2,5 mètres de ses postérieurs, soit être tout à côté d’eux, endroit où il peut difficilement vous atteindre, mais jamais derrière eux.

Ne tombez pas dans le piège consistant à faire confiance à votre cheval. Même le meilleur des chevaux peut vous blesser sans le vouloir. Si vous abaissez votre garde auprès d’un cheval avec lequel vous vous sentez en confiance, vous risquez d’oublier qu’il s’agit d’un cheval, et que du fait de sa force il lui suffirait d’un instant pour causer des dommages irréparables.

Si vous vous approchez d’un cheval, quel qu’il soit, par l’arrière, assurez-vous toujours qu’il soit conscient de votre présence avant d’entrer dans la zone de ses postérieurs. Un cheval somnolent peut être réveillé en sursaut par un bruit ou un mouvement soudain, et souvenez-vous, sa vision à faible distance est mauvaise. Sa première réponse peut être un coup de pied défensif, et il n’évaluera la nature de la menace qu’ensuite. Prenez l’habitude de toujours conserver l’attention de votre cheval concentrée sur vous, que vous le montiez ou l’ayez en licol. En faisant cela, vous augmenterez non seulement votre contrôle sur lui, mais vous serez également obligé de concentrer votre propre attention sur son comportement, ce qui réduira sensiblement votre temps de réaction en cas d’incident. Autre effet bénéfique: plus son esprit est concentré sur vous et vos demandes, au détriment de son environnement, plus vous faites diminuer les opportunités pour lui de détecter et de réagir à ce qu’il pourrait considérer comme des menaces venant des alentours.
N’entrez jamais dans un espace clos, comme un van ou un box, dans le but de calmer un cheval agité. Attendez plutôt d’abord qu’il se calme afin de pouvoir l’approcher et le mener sans risque. Utilisez toujours des nÅ“uds de sécurité, pouvant se défaire très rapidement, à chaque fois que vous avez besoin d’attacher votre cheval. Ils vous permettent d’avoir la possibilité de le libérer très rapidement du piège dans lequel il se sentira pris en cas de frayeur, ce qui aidera à dissiper sa panique et donc diminuera les risques d’accident pour vous deux.

Désensibilisez votre cheval aux différents stimuli de votre environnement quotidien, et à ceux qu’il est susceptible de rencontrer lors d’un déplacement, par exemple lors d’une compétition. Vous aiderez ainsi votre cheval à apprendre à contrôler ses peurs, diminuant ainsi le risque de blessure pour lui, vous et les personnes alentours.

Le langage

langage LE FLEHMEN

Le flehmen est une attitude caractéristique du cheval qui a perçu une odeur inhabituelle ou très chargée de sens. Il retrousse la lèvre supérieure, lui donnant l’air de sourire, en tendant son encolure et sa tête vers le haut. Il inspire alors bruyamment.
Le cheval agit ainsi lorsqu’il veut mémoriser ou analyser une odeur, comme la mère à la naissance de son poulain, ou l’étalon lorsqu’il croise les crottins d’un autre étalon ou l’odeur d’une jument en chaleur.
Souvent ce sont donc les étalons qui adoptent cette attitude, mais il suffit de présenter à un cheval un objet ayant une odeur qu’il ne connaît pas pour qu’il tente de l’identifier de cette manière. Ce peut être, par exemple, une mare dans laquelle il boit pour la première fois, ou un aliment inconnu.

LE LANGAGE DES OREILLES

Les oreilles du cheval sont très expressives, et révèlent souvent l’état de son humeur. C’est un langage que les débutants apprennent très vite à déchiffrer!
En gros, les différentes positions sont:
- Vers l’avant: cheval attentif ou curieux, confiant;
- Vers l’arrière: cheval mécontent, agressif, menaçant;
- Couchées, mais sans manifestation d’agressivité: cheval contraint, sans interêt pour la tâche exécutée, ou bien manifestation de douleur;
- Dressées: cheval sur le qui-vive, prêt à fuir ou à se rassurer selon la nature de ce qui a éveillé son attention;
- En mouvement perpétuel: cheval inquiet, cherchant le maximum d’information sonore dans son environnement;
- Pendantes: cheval qui fait la sieste, mauvais signe pendant le travail! Certains chevaux ont perpétuellement cette attitude, on les dit "oreillards".
- Une devant, une derrière: cheval qui réfléchit ou qui hésite, et demande des confirmations de la part de son cavalier.

COMPORTEMENTS SEXUELS

Le comportement sexuel des chevaux est comme chez la plupart des mammifères un mélange d’inné et d’acquis. Jusque vers l’âge d’un mois les poulains des deux sexes ont les mêmes comportements, c’est seulement après que l’on peut observer une différence (tentatives de monte plus fréquentes chez le poulain mâle). La maturité sexuelle apparaît vers 18 mois, bien que la fertilité des mâles comme des femelles soit plus forte à partir de deux ans. La période de fertilité peut varier entre 16 et 18 ans.
A l’état sauvage, la période de reproduction est assez courte (fin mars à début novembre) et dépend des chaleurs des juments. L’étalon est disposé toute l’année, mais les juments voit leurs premières chaleurs apparaître avec l’augmentation de la luminosité lorsque les jours rallongent, et disparaître progressivement à l’automne si elles n’ont pas été fécondées pendant cette période. Les chaleurs ou période de réceptivité pour la jument, sont aussi appelées oestrus. Elles durent en général de 2 à 9 jours, leur durée dépendant de l’âge de la jument ou de la période. Les chaleurs reviennent périodiquement tous les 22 jours en l’absence de fécondation.
Le rituel de séduction est à peu près constant chez l’étalon en présence d’une jument en chaleur: contacts auditifs, toilettage, protection vis-à-vis des autres membres du harem. L’accouplement en lui-même dure très peu de temps, quelques secondes. La jument montre son assentiment en adoptant une posture campée et en relevant la queue.
La période de gestation dure environ 11 mois.
La reproduction des équidés fait l’objet de multiples contrôles par l’homme.

LE SOMMEIL

Les chevaux dorment debout, ca n’est pas nouveau! Cependant on a tendance à oublier que le cheval peut adopter trois positions différentes qui correspondent à des phases de sommeil plus ou moins profondes:
- Debout: le cheval dort peu profondément, c’est une sorte de sieste qu’adoptent souvent les chevaux entre deux périodes de travail;
- En décubitus sternal: autrement dit, "en vache". Le cheval dort d’un sommeil lent. Il n’est pas complétement détendu;
- En décubitus latéral: complétement étendu, le cheval peut alors passer par des phases de sommeil paradoxal, c’est-à-dire qu’il rêve. On peut le surprendre en train de ronfler,d’agiter les membres ou de contracter ses muscles au gré de ses rêves.
Les chevaux dorment en moyenne cinq à six heures par jours dont une demi-heure de sommeil paradoxal: en effet la principale partie de leur temps est consacré à l’alimentation, du moins à l’état naturel (c’est pourquoi le cheval s’ennuie quand il est en box et nourri à heures fixes). Le poulain a besoin de deux fois plus de temps de sommeil, et rêve beaucoup plus souvent. Il ne lui est pas nécessaire de chercher suffisamment de nourriture puisqu’il tête.

La meilleure façon de nourrir

nourriture Le cheval peut être motivé par la nourriture, mais cette motivation sera toujours secondaire par rapport à ses besoins en sécurité et en relations sociales. La nourriture déclenche des comportements agressifs et affermit la hiérarchie sociale entre membres de la harde. Si un cheval subordonné s’approche de la nourriture d’un dominant, le résultat en sera une menace ou un acte agressif de la part de ce dernier. Ce conflit sera en fait seulement en relation avec la hiérarchie de dominance: la nourriture n’en fera pas directement partie, mais en sera seulement le déclencheur.

Chez l’homme, la nourriture est non seulement nécessaire à la survie, mais a également de fortes connotations sociales et psychologiques. La nourriture de confort nous apporte du bien-être. Nous utilisons également la nourriture comme moyen de subornation, de récompense et pour les festivités.

En premier lieu, quand vous distribuez de la nourriture à des chevaux en groupes, vous déclenchez des comportements agressifs liés à la hiérarchie de dominance, qui peuvent conduire à des blessures chez vous ou chez eux. Notez bien que ce comportement agressif est souvent interprété à tort comme de la jalousie car souvent vous ne donnez à manger qu’à un seul cheval et non à tous. La jalousie n’a rien à voir là-dedans: c’est une émotion humaine. En réalité, l’attrait de la nourriture pousse les chevaux dominés à défier les dominants, et pousse ces derniers à passer de la menace à l’agression réelle afin d’assurer leurs prérogatives.

Ensuite, votre envie de procurer du bien-être à votre cheval grâce à la nourriture peut être une récompense involontaire pour un comportement indésirable, résultant en un renforcement de mauvaises et dangereuses habitudes comme celle de mordre. Par exemple: votre cheval vous pousse du bout du nez pour avoir à manger, et vous lui donnez quelque chose, récompensant son comportement et l’encourageant à vous pousser plus fort; il refuse de monter dans le van, et vous lui donnez une poignée de grain en espérant l’amadouer, alors qu’en réalité vous ne faites que récompenser ses dérobades; il se conduit mal alors que le maréchal-ferrant essaie de faire son travail, alors vous lui donnez des poignées de grains pour le faire se tenir tranquille, et il continue à être insupportable, puisque vous le récompensez par de la nourriture quand il l’est.

Il faut donc éviter de donner de la nourriture à des chevaux en groupe. Si vos attentions sont destinées à un cheval en particulier, mettez-lui un licol et conduisez-le à l’extérieur de l’enclos où se trouve le groupe; vous pourrez alors le nourrir en sécurité. Evitez de le nourrir à la main, et ne lui permettez jamais de chercher de la nourriture dans vos poches. A la place, offrez-lui de la nourriture dans sa mangeoire habituelle, ou dans un seau que vous tiendrez dans vos mains. Cela permettra d’éviter des comportements tels que les petites poussés du nez et les mordillements. Réfléchissez à ce vous faites en nourrissant, cela vous évitera de récompenser un mauvais comportement par inadvertance. Si votre cheval se dérobe, couche ses oreilles, refuse de rester en place, et en règle générale vous oppose une résistance, la nourriture récompensera et encouragera ce comportement. Attendez jusqu’à ce qu’il vous offre un comportement plus coopératif, comme quelques pas en avant, des oreilles dressées, un moment d’immobilité, en un mot qu’il vous ait cédé, et à ce moment là seulement vous pourrez le récompenser à bon escient.