La fourbure 1/2

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Nous avons vu que le squelette du cheval est " en suspension " dans sa boite cornĂ©e par l’intermĂ©diaire de lamelles fermement imbriquĂ©es les unes aux autres. La fourbure - inflammation des lamelles - est une maladie mĂ©tabolique qui entraĂ®ne une rĂ©duction de l’apport sanguin au niveau de ces lamelles. Une telle modification dans la circulation sanguine correspond chez l’homme Ă  une crise cardiaque ou Ă  une crise d’apoplexie. Il faut savoir que la fourbure n’atteint gĂ©nĂ©ralement que les membres antĂ©rieurs, bien que les quatre membres puissent Ă©galement ĂŞtre atteints. La rĂ©duction du flux sanguin est appelĂ©e ischĂ©mie. Les mĂ©canismes prĂ©cis par lesquels la circulation sanguine au niveau des lamelles est altĂ©rĂ©e ne sont pas encore, Ă  ce stade, totalement Ă©lucidĂ©s mais il est vraisemblable qu’une variĂ©tĂ© de substances diffĂ©rentes sont libĂ©rĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du corps, ce qui affecte les vaisseaux sanguins laminaires. Tout comme lors d’une attaque cardiaque, la douleur est provoquĂ©e par le fait que des parties tissulaires approvisionnĂ©es par les vaisseaux sanguins manquent d’oxygène et d’Ă©lĂ©ments nutritifs. Si l’interruption du flux sanguin dure suffisamment longtemps, les tissus lamellaires subiront des dĂ©gâts permanents et ils mourront. Pour une crise de fourbure modĂ©rĂ©e, la zone comportant des lamelles atteintes est rĂ©duite et la durĂ©e de l’ischĂ©mie est courte. De tels cas rĂ©cupĂ©reront spontanĂ©ment (pourvu qu’ils n’aient pas Ă©tĂ© travaillĂ©s ni qu’on ne leur ait administrĂ© des corticostĂ©roĂŻdes). Si la pĂ©riode d’ischĂ©mie est plus longue, les parois des vaisseaux sanguins seront endommagĂ©es et prĂ©senteront des fuites. Lorsque le flux sanguin sera rĂ©tabli, les fluides s’Ă©chapperont des vaisseaux Ă  l’intĂ©rieur du tissu laminaire. Cela augmente la douleur Ă©tant donnĂ© que la pression Ă  l’intĂ©rieur du pied est Ă  ce moment plus Ă©levĂ©e que la normale. Lors d’une crise importante de fourbure, de grandes zones lamellaires sont atteintes par une ischĂ©mie prolongĂ©e. Comme les lamelles sont dĂ©truites, elles ne sont plus capables de maintenir plus longtemps le cheval en suspension dans le sabot et la situation Ă©volue d’un cas de fourbure simple vers un autre de fourbure aiguĂ« (avec bascule de la phalange). La vascularisation du pied Ă©tant plus importante dans sa partie antĂ©rieure, les dĂ©gâts de la fourbure et de la fourbure aiguĂ« sont principalement localisĂ©s dans les parties antĂ©rieures du pied Le cas le plus sĂ©vère de fourbure aiguĂ« est le syndrome de l’affaissement (sinking), lequel se passe lorsque le flux sanguin s’est interrompu au niveau de toutes les lamelles suffisamment longtemps que pour toutes les dĂ©truire. Le squelette du cheval n’est Ă©galement plus suspendu dans sa boite cornĂ©e mais repose presque uniquement en appui sur la sole !

LES SYMPTÔMES DE LA FOURBURE

Ceux-ci varient essentiellement en fonction de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la crise. Le cheval peut soit montrer une boiterie lĂ©gère, soit ĂŞtre dĂ©primĂ©, en sueur et court d’haleine. Tous les cas de fourbure, normale et aiguĂ«, montrent une augmentation de la force des pulsations de l’artère digitale. Il y a parfois des signes de douleur par percussion ou pression sur la sole ou une rĂ©action suite Ă  une pression lĂ©gère autour de la couronne. Si l’animal est arrivĂ© au stade de la fourbure aiguĂ«, on peut percevoir une dĂ©pression Ă  la couronne, la profondeur et la largeur de la dĂ©pression Ă©tant directement proportionnelle Ă  l’importance de la bascule. Les cas d’affaissements montrent une dĂ©pression complète autour de la couronne se prolongeant en arrière jusqu’aux talons. La plupart des fourbus ont tendance Ă  " battre du talon ". En station, ils adopteront les positions les plus confortables en rapport avec les pieds atteints. Donc, si les deux pieds antĂ©rieurs sont atteints, il se placera en position campĂ©e de devant et sous-lui de derrière (pour supporter le plus de poids possible). Si le cheval est fourbu des quatre pieds, il les placera tous plus en avant que la normale. Si la fourbure est un affaissement, le cheval ne se dĂ©placera pas, mais s’il y est obligĂ©, il se ruera vers l’avant de façon incontrĂ´lĂ©e ou bien il frappera brutalement les pieds sur le sol comme s’il chancelait.

PREMIERS SOINS

Le traitement de la fourbure est urgent. Les sĂ©quelles de la maladie seront minimisĂ©es si le cas est pris tĂ´t. Appelez immĂ©diatement un vĂ©tĂ©rinaire expĂ©rimentĂ©. Il diagnostiquera si l’animal est atteint de fourbure ou non et commencera immĂ©diatement le traitement. Il lui faudra prendre une dĂ©cision en rapport avec l’origine de la crise et prescrire un traitement mĂ©dical thĂ©rapeutique spĂ©cifique ainsi que des mesures d’accompagnement. Dans le mĂŞme temps on appliquera un support Ă  la fourchette (Lily Pads). Relever les talons peut aussi soulager le cheval. Si l’animal est en prairie, il est prĂ©fĂ©rable de le ramener Ă  l’Ă©curie en van plutĂ´t que de l’y conduire Ă  pied. Ne le laissez pas manger d’herbe. Tachez de mettre le cheval sur une litière confortable et laissez le se coucher. Le vĂ©tĂ©rinaire donnera probablement un mĂ©dicament (ACP) pour aider Ă  restaurer la vascularisation des lamelles et pour tranquilliser le cheval. Un antidouleur est aussi utile Ă  dosage correct pour une pĂ©riode limitĂ©e. Ne faites pas travailler le cheval jusqu’Ă  ce qu’il soit revenu en bonne santĂ© et plus soumis Ă  l’action d’un antidouleur.

Traitements ultérieurs

Si l’Ă©tat du cheval ne s’est pas amĂ©liorĂ© ou s’il a empirĂ©, 48 heures après le dĂ©but du traitement, il faut rappeler le vĂ©tĂ©rinaire qui fera le point de la situation. Si une dĂ©pression est apparue autour de la couronne, l’animal souffre d’une fourbure avec bascule de la phalange et l’Ă©volution devient critique. Le vĂ©tĂ©rinaire procèdera Ă  un examen radiographique (en utilisant des marqueurs) et dĂ©cidera soit de la suite du traitement, soit de rĂ©fĂ©rer le cas Ă  une clinique spĂ©cialisĂ©e pour un traitement plus radical. Si le cheval souffre d’un affaissement, ses chances de rĂ©cupĂ©ration sont minimes et il est probablement en train de devenir infirme.

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Comment la reconnaître ?

Les symptĂ´mes sont les suivants :
le cheval boîte des antérieurs, il met tout le poids de son corps en arrière pour soulager son avant-main.
L’un des sabots antĂ©rieurs est très chaud et douloureux (visible en tapant dessus avec un cure-pied par exemple).
Il est parfois en sueur et son coeur bat plus vite que d’ordinaire, sa respiration est accĂ©lĂ©rĂ©e, sa tempĂ©rature corporelle est augmentĂ©e, et il est abattu.
Il Ă©prouve beaucoup de difficultĂ©s Ă  se coucher et Ă  se relever, il s’allonge parfois de tout son long.

Un petit rappel :la nourriture distribuĂ©e en grande quantitĂ© pour des chevaux qui manquent d’exercice,
le surmenage,
l’ingestion d’une grosse quantitĂ© de grains tels que : le blĂ©, le maĂŻs, l’orge et l’avoine.
Un cheval qui ingère de l’herbe trop riche en azote comme au printemps, peut dĂ©velopper une fourbure dite de " pâturage ".
Les plantes aussi sont souvent mises en cause comme la luzerne et le trèfle.
Un abreuvement trop brutal d’eau froide,
un travail trop intense sur un terrain dur,
une mise-bas difficile pour les juments avec infection.
température normale 37°5 / 38°,
respiration 8-16 mouvements par minute,
fréquence cardiaque 28/40 battements par minute.

Origines de la fourbure:

Donc dĂ©règlement de l’organisme!
Dans l’exemple d’une fourbure alimentaire causĂ©e par un repas trop riche en glucides, il y a surproduction d’acide lactique ce qui diminue le PH de l’intestin cela provoque la dĂ©gradation de certaines bactĂ©ries, et donc libère des composĂ©s toxiques " endotoxines " responsable d’empoisonnement et de troubles de la coagulation. On note parfois des tremblements et aussi des signes de coliques dĂ»s Ă  la douleur.
Il existe une tendance Ă  la rĂ©cidive, en particulier dans la fourbure d’origine alimentaire.
Pour les chevaux les plus sujets, donner leur toute l’annĂ©e une ration très riche en fibre comme de la paille, du foin.

La fourbure est toujours une urgence même avec un traitement approprié et rapide car son pronostic est souvent incertain.
Pour l’urgence appliquer un pansement de pied et l’arroser frĂ©quemment d’eau froide pour diminuer la douleur ou si l’on peut inclure le bout du tuyau d’eau dans le pansement.
Il faut examiner le Pied !
MĂŞme s’il est difficlile de prendre le pied d’un cheval qui souffre.
La couronne : on recherche l’existence d’une dĂ©pression du bourrelet coronaire.
La sole : nécrose en forme de croissant en avant de la pointe de la fourchette, bombement de la sole, perforation solaire par la pression de la troisième phalange avec écoulement liquide séreux.

Parasites

ParasitesLa gestion des problèmes parasitaires est très complexe dès lors que l’on concentre un grand nombre de chevaux dans un même endroit. Depuis quelques années, le constat est le même un peu partout, les vermifuges ne sont plus aussi efficaces. Les molécules utilisées par les différents laboratoires n’ont guères évolué ces trente dernières années, dans l’intervalle, les parasites quant à eux ont développé des résistances de plus en plus efficaces à ces produits.

Le taux de prĂ©valence pourrait atteindre 100% aux Etats Unis, 72% en Australie, plus de 80% en France, 80% en Grande Bretagne, 74% en Pologne, 100% au BrĂ©sil, 36% en Suède, 36% en Belgique. Ces rĂ©sultats proviennent de publications rĂ©centes. Les diffĂ©rences observĂ©es sont liĂ©es Ă  la taille des Ă©chantillons, Ă  l’âge des chevaux ainsi qu’Ă  la saison oĂą ont eu lieu les observations. Je vous invite Ă  lire l’article de rĂ©fĂ©rence complet pour mieux comprendre la problĂ©matique.

Alors que faire ? Continuer Ă  vermifuger ? Sur-vermifuger ? Ne plus vermifuger ?

Avec l’aide de nos vétérinaires, nous avons fait le choix de l’analyse préventive. Nous connaissons le cycle de vie des parasites, nous savons qu’une parcelle « contaminée » par des parasites, le reste plusieurs années. Le combat semble inégal et ces petites bêtes qui envahissent l’appareil digestif de nos amis paraissent inéluctablement victorieuses dans ce combat sans fin…

Première étape, il faut bien connaître son cheptel, aussi nous avons procédé à des analyses parasitologiques, équidé par équidé, selon un protocole très rigoureux. Il faut ramasser le crottin immédiatement après déjection, il faut ramasser une quantité importante à différents endroits du crottin, placer le tout dans un sac et en chasser un maximum d’air, étiqueter le sac au nom de l’équidé et le placer dans une glacière sans être en contact direct avec la glace (faites une cloison avec du carton). Ensuite, vous avez quelques heures pour acheminer le crottin auprès d’un laboratoire équipé pour ce type d’analyse (DDSV en ce qui nous concerne). Ils déterminent la quantité d’œufs et surtout leur type, strongle, cyathostoma, triodonthopharus etc…

En fonction des résultats de ces analyses, seul votre vétérinaire sera en mesure de vous indiquer la marche à suivre et le traitement approprié.

On distingue trois groupes d’équidés :

  • le 1er est constituĂ© des Ă©quidĂ©s sains (O Ĺ“uf) ou porteurs de 1 Ă  200 Ĺ“ufs au gramme.
  • le 2ème est constituĂ© des Ă©quidĂ©s porteurs de 201 Ă  800 Ĺ“ufs au gramme.
  • le 3ème est constituĂ© des Ă©quidĂ©s porteurs de plus de 800 Ĺ“ufs au gramme.

Les éléments du 1er groupe sont des équidés qui ont développé des anti-corps capables de résister (au moment de l’analyse, statut non définitif) aux parasites. La présence de parasites dans ces proportions est tout à fait tolérable pour eux, aussi, très souvent, il n’est pas nécessaire de les traiter.

Les deux autres groupes vont nécessiter des soins appropriés…

Autre élément important dans ce combat, la gestion des pâtures, sans une bonne gestion de la pâture tous ces efforts ne servent pas à grand chose. Voir à ce sujet le précédent post vous comprendrez mieux le pourquoi de nos « journées crottin ».

Les résultats des analyses effectuées courant août 09 sur l’ensemble des équidés du refuge aboutissent à la photographie suivante :

  • 63,64% sont du 1er groupe
  • 09,09% du second
  • 27,27% du troisième

Nous aborderons dans un prochain post les moyens d’enrayer la prolifération des parasites au sein d’un groupe d’équidé.