Les règles d’or de l’alimentation

alimentatio Apr√®s avoir fait l’acquisition d’un cheval, non seulement faut-il savoir s’en occuper, mais il faut aussi l’alimenter de fa√ßon convenable. L’alimentation d’un cheval n’est pas des plus complexe, mais elle comporte certaines particularit√©s qu’il ne faut pas n√©gliger. Pour vous √©clairer sur la fa√ßon de nourrir votre partenaire √©quin, je vous parlerai d’abord du fonctionnement g√©n√©ral du syst√®me digestif, des √©quid√©s, et des besoins √©nerg√©tiques de diff√©rents groupes de chevaux. Ensuite, je parlerai du rationnement, de l’horaire d’alimentation et des diff√©rents groupes d’aliments utilis√©s pour combler ses besoins en √©nergie.

En premier lieu, le cheval est un monogastrique herbivore dont l’anatomie du tube digestif se caract√©rise par la pr√©sence d’un estomac r√©duit et d’un gros intestin, au contraire, tr√®s d√©velopp√©. Apr√®s une excellente pr√©paration buccale assurant un fin broyage et une forte insalivation, la digestion reste sommaire dans l’estomac; elle se d√©veloppera essentiellement dans l’intestin gr√™le par voie enzymatique, puis dans le gros intestin par voie microbienne.

Les besoins √©nerg√©tiques ne sont pas les identiques pour chaque individu au m√™me moment. Par exemple, √† l’entretien, les besoins de l’√©talon sont en rapport avec le poids vif sensiblement sup√©rieur √† celui de la jument de m√™me race. Les besoins √©nerg√©tiques de l’√©talon, en saison de monte, sont souvent surestim√©s par les √©leveurs et les √©talonniers. Le rationnement pratique de l’√©talon doit donc donner la priorit√© √† l’√©quilibre alimentaire, afin de pr√©venir toute suralimentation. En particulier le foin de luzerne expose √† des exc√®s azot√©s. Les juments vides, non suit√©es, ne requi√®rent qu’une ration d’entretien. Pour les autres, la meilleure pr√©paration alimentaire, √† l’entr√©e de la gestation, consiste √† r√©√©quilibrer la ration sur le plan √©nerg√©tique, prot√©ique, min√©ral et vitaminique. Tout en veillant √† la meilleure hygi√®ne alimentaire, il faut √©viter tout changement brutal de r√©gime.

Comme je l’ai d√©j√† dit, le cheval est un herbivore dont la ration de base est constitu√©e de fourrages qui suffisent, pour l’essentiel, √† couvrir ses besoins d’entretien. Les fourrages sont les aliments les plus utilis√©s, les plus communs et les plus √©conomiques. Cependant leur valeur alimentaire, d√©finie conjointement par leur app√©tibilit√© et leur composition nutritive, est la plus difficile √† pr√©ciser. Les prairies naturelles, par leur flore vari√©e, conviennent bien au cheval. A ce propos, les plantes les mieux appr√©ci√©es sont le ray-grass anglais, le tr√®fle blanc, la fl√©ole et le dactyle, ainsi que la f√©tuque. Pour les gramin√©es, la valeur alimentaire optimale se situe en d√©but de montaison et avant l’√©piaison, sp√©cialement pour le dactyle et la f√©tuque. Pour les l√©gumineuses, la valeur alimentaire est meilleure d√®s l’apparition des boutons floraux. Toutefois, le tr√®fle blanc √† pleine floraison a encore une bonne digestibilit√©.

Les grains prennent une place croissante dans la ration du cheval au fur et √† mesure que s’√©l√®vent les besoins √©nerg√©tiques, sous l’influence de l’intensit√© du travail. L’avoine a divers avantages: elle f√Ľt historiquement r√©serv√©e √† l’alimentation du cheval. Le ma√Įs, depuis longtemps utilis√© en Am√©rique, fournit d’excellents r√©sultats. Compte tenu de sa duret√©, il n√©cessite g√©n√©ralement d’√™tre broy√©.

Dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique, l’orge a √©t√© de tout temps la base de l’alimentation des chevaux. La duret√© du grain et la r√©sistance de la balle rendent souhaitable de l’aplatir ou de le concasser. En raison de sa richesse en gluten, le bl√© risque plus que les autres c√©r√©ales de former des p√Ętons dans le tube digestif. On s’efforcera donc de fragmenter les apports. Les mashes ont l’avantage d’apporter des grains cuits facilement digestibles, des grains de lin bouillis riches en mucilages √©mollients, du son humidifi√© hydratant le contenu digestif, ainsi que du sel et d’autres min√©raux.

Un cheval, faisant un travail normal, devrait √™tre nourri quatre fois par jour. Voici un exemple d’une bonne r√©partition des repas:
- 06h30 Foin et grain
- 11h00 Foin
- 16hO0 Foin et grain
- 20h30 Foin

En guise de conclusion, toute erreur alimentaire, qu’il s’agisse de carence, de surcharge ou de d√©s√©quilibre, compromet la sant√© du cheval. Toutefois, elle risque de mieux se manifester, avec des cons√©quences plus graves, chez cet l’animal de loisir pour lequel on recherche la plus parfaite int√©grit√© organique et la plus grande long√©vit√©. Donc, une √©valuation des besoins alimentaires du cheval, ainsi que l’inspection et le choix judicieux des produits d’alimentation sont des attitudes que tout propri√©taire de chevaux devrait adopter.

UNITES ET CALCULS

Il faut savoir en premier qu’en alimentation √©quine l’√©talon est l’UFC.
UFC "unité fourragère cheval"
1 UFC correspond √† l’√©nergie produite par 1 KG d’orge ou 0,88KG d’avoine ou 1,14 KG de ma√Įs entier.
Tare des céréales :
- 1 Litre d’orge = 0,5 KG (grains entiers) ou 0,45 KG (grains concass√©s)
- 1 Litre d’avoine = 0,4 KG (grains entiers) ou 0,35 KG (grains concass√©s)
- 1 Litre de ma√Įs = 0,75 KG (grains entiers) ou 0,65 KG (grains concass√©s)
- 1 Litre de granulé = 0,7 KG

En besoin d’entretien "cheval ne fournissant aucun effort physique", le cheval n√©cessite:
2,5 UFC+(0,5 par 100 KG de poids vif)
soit pour un cheval de 500 Kg —>2,5+(0,5*5)=5 UFC

Pour le calcul de la ration d’un cheval au travail on ajoutera 0,5 UFC par heure de travail.
pour mon cheval de 500KG qui travaille 2 heures par jours il lui faudra:
Besoin d’entretien +(0,5*heures de travail) ce qui donne 5 UFC +(0,5*2)=6 UFC
En plus de cela il faut tenir compte du besoin en fibre du cheval et celui-ci se calcul en MS "Matières Sèches".

En besoin d’entretien un cheval a besoin en foin naturel :
2 à 3 KG de MS par 100 KG de poids vif

En besoin d’entretien un cheval a besoin en foin industriel (luzerne,sainfoin ou foin de Crau):
1 à 1,5 KG de MS par 100 KG de poids vif

Pour un cheval au travail on ajoutera 20% en plus de la ration total en MS
Soit pour mon cheval de 500KG qui travail et à qui je donne du foin de Crau : 1,5*5= 7,5KG MS+20%= 9 KG de MS
En résumé pour un cheval de 500KG et qui travail 2 heures par jour il faudra 6 UFC et 9 KG de MS.

La gestion des pâtures

pature Les refus sont une des principales causes d’appauvrissement des parcelles des √©quid√©s. Pourtant, loin d’√™tre in√©vitables, ils peuvent √™tre ma√ģtris√©s par une bonne conduite de p√Ęturage. Le plus souvent, l’application de quelques r√®gles simples suffit pour garder ses parcelles propres.

Entre les zones d’herbe haute et celles d’herbe rase, les prairies de nos chevaux ressemblent souvent √† d’√©tranges mosa√Įques. Le cheval ne consomme en effet pas l’herbe de mani√®re homog√®ne. Face √† une alimentation √† volont√©, il trie et abandonne certaines zones des parcelles pour concentrer son coup de dents sur d’autres, plus app√©tantes, o√Ļ il trouve une herbe rase avec des feuilles jeunes, souples et riches en mati√®re azot√©e. Dans ces zones, plus l’herbe est p√Ętur√©e, plus la v√©g√©tation est jeune et app√©tant… et donc consomm√©e ! Face √† cette pression de p√Ęturage, la concentration de gramin√©es, trop lentes √† se d√©velopper, va diminuer alors que les plantes √† rosettes (pissenlit, plantain majeur, p√Ęquerette) et le tr√®fle blanc vont profiter de l’arriv√©e de lumi√®re au sol pour gagner du terrain. Le sol, pi√©tin√©, va se tasser ce qui freinera le d√©veloppement de la v√©g√©tation. Dans les zones que le cheval d√©laisse, l’herbe se d√©veloppe en touffes hautes et dures qu’il √©vitera ensuite de p√Ęturer, mais o√Ļ il d√©posera la majorit√© de ses f√®ces : ce sont les refus. Ils sont constitu√©s essentiellement de plantes recherchant des milieux riches en mati√®re organique comme la houque laineuse, les renoncules…

L’installation des refus est n√©faste pour la parcelle car, responsables de la d√©gradation de la flore, ils induisent une diminution importante de sa valeur alimentaire. Cependant, m√™me s’ils sont une cons√©quence quasi in√©vitable du p√Ęturage des chevaux, les refus sont loin d’√™tre une fatalit√© et l’application de quelques r√®gles de base peut parfois suffire √† contr√īler leur d√©veloppement. Au pire, m√™me s’ils sont d√©j√† bien install√©s, certaines techniques d’entretien des p√Ętures permettent de s’en d√©barrasser.

Comment réduire le développement des refus au quotidien

Si les chevaux sont les premiers responsables du d√©veloppement des refus, la conduite de p√Ęturage de l’√©leveur doit aussi parfois √™tre remise en cause et souvent, l’application de quelques r√®gles simples suffit pour √©viter le pire.

Avoir un chargement adapté

Selon la valorisation de l’herbe voulue, plusieurs modes de p√Ęturage sont possibles, l’essentiel √©tant d’adapter le nombre de chevaux (chargement) aux surfaces disponibles. Quand l’herbe est la principale ressource alimentaire, le p√Ęturage ¬ę tournant ¬Ľ pr√©sente de nombreux avantages : la rotation des animaux sur de petites parcelles permet alors une meilleure ma√ģtrise de l’herbe. D’une part, la mise √† l’herbe peut √™tre assez pr√©coce, ce qui favorise un meilleur contr√īle de la forte pousse de printemps. De plus, la taille des parcelles permet une consommation rapide et plus compl√®te, ce qui repr√©sente un avantage cons√©quent pour contr√īler les refus.

N√©anmoins, une v√©ritable ma√ģtrise de l’herbe ne sera obtenue qu’avec l’application de quelques r√®gles de bases.

Afin d’√©viter le gaspillage (et donc le d√©veloppement des refus), il faut essayer de proposer les parcelles aux animaux quand l’herbe est haute de 10 √† 15 cm, hauteur √† laquelle elle est encore tr√®s app√©tante. Quand cette derni√®re atteindra 3 cm, il est par contre important de retirer les animaux pour favoriser une bonne repousse de l’herbe. Ils pourront y revenir au bout de vingt √† trente jours au printemps et trente √† cinquante jours durant l’√©t√©, selon la pluviom√©trie. Enfin, sans fertilisation, il est conseill√© de disposer au printemps d’une surface de quarante √† cinquante ares par cheval adulte, soit 4 000 √† 5 000 m¬≤.

Quand la parcelle constitue essentiellement une aire d’exercice et que l’herbe n’est qu’un compl√©ment alimentaire, beaucoup d’√©leveurs d√©cident d’utiliser un mode de p√Ęturage plus simple comme le p√Ęturage continu. Ils laissent alors constamment des animaux sur leurs parcelles.

Pourtant, m√™me s’il est plus pratique, ce type de p√Ęturage apporte souvent une pression de p√Ęturage inadapt√©e (surp√Ęturage dans les paddocks, sous-p√Ęturage dans les grandes parcelles). Il faudra alors pr√©voir de faucher les parcelles sous-p√Ętur√©es au moins une fois par an, voire plus si l’on veut √©viter la diss√©mination de mauvaises graines. De plus, sans fertilisation, il est conseill√© d’utiliser des surfaces un peu plus importantes, soit cinquante √† soixante ares par cheval adulte.

Utiliser des bovins

Que ce soit en alternance ou simultan√©ment avec les chevaux, l’utilisation de bovins a √©galement un impact tr√®s positif sur les parcelles des √©quid√©s.
Gr√Ęce √† leur comportement alimentaire assez diff√©rent, les bovins effectuent un p√Ęturage compl√©mentaire de celui des chevaux. D’une part, ils sont moins s√©lectifs que ces derniers et p√Ęturent moins ras qu’eux (ils n’iront pas p√Ęturer les zones d√©j√† p√Ętur√©es par les chevaux et iront donc p√Ęturer d’autres zones qu’eux, ce qui √©vite d’avoir √† faucher trop souvent). D’autre part, contrairement aux chevaux qui concentrent essentiellement leurs crottins dans les refus, les bovins r√©partissent mieux leurs bouses sur la parcelle ce qui permet un apport fertilisant plus r√©gulier.

N√©anmoins, pour que le p√Ęturage mixte soit b√©n√©fique √† la parcelle il faut que les bovins repr√©sentent au moins 20% du chargement.

Adapter ses pratiques au rythme de la parcelle

Selon les saisons, la parcelle n’√©volue pas de la m√™me fa√ßon et en restant attentif au rythme de la v√©g√©tation, on pourra limiter sa d√©gradation.

Au printemps, l’herbe se d√©veloppe tr√®s vite et il est important de contenir cette pousse rapide avec une mise √† l’herbe pr√©coce des animaux. Il faut alors utiliser en priorit√© les prairies les plus productives, car elles se d√©t√©rioreront vite par la suite. Les parcelles de qualit√©s plus m√©diocres pourront √™tre r√©serv√©es pour un p√Ęturage d’√©t√© ou d’hiver, le mieux √©tant d’y effectuer un ¬ę d√©primage ¬Ľ au d√©but du printemps. Cette premi√®re coupe assez superficielle, effectu√©e m√©caniquement ou parfois par des bovins, favorisera la pousse ult√©rieure de l’herbe.
L’√©t√©, quel que soit le mode de p√Ęturage utilis√©, la pousse de l’herbe est presque nulle et il faut penser √† toujours augmenter la surface disponible ou √† r√©duire le nombre d’animaux de 30 √† 50% selon la s√©cheresse.

L’hiver, la portance du sol √©tant limit√©e, il faut veiller √† ce que les animaux ne d√©gradent pas trop les parcelles. En effet, s’ils mettent trop de sol √† nu, ils favoriseront alors le d√©veloppement de plantes rampantes (renoncule rampante, agrostis stolonif√®re et tenu…) et de plantes √† germination rapide (rumex, chardon … qui constitueront une base pour le d√©veloppement de refus l’ann√©e suivante.

Enfin, dernier point, il est important de laisser chaque parcelle au repos au moins deux mois par an. Apr√®s un p√Ęturage ras ou la fauche des refus, ce temps de latence permet √† la v√©g√©tation de reconstituer ses r√©serves. L’hiver est une bonne saison pour effectuer cette ¬ę pause ¬Ľ, car on √©vite ainsi la d√©gradation des parcelles peu portantes.

Ruser avec le terrain

En plus de ses go√Ľts difficiles, le cheval choisit aussi ses zones p√Ętur√©es selon sa ¬ę morphologie ¬Ľ. D√©gag√©e, abrit√©e, en hauteur, les √©quid√©s ont des crit√®res de s√©lection de la p√Ęture bien pr√©cis et mieux vaut ruser si l’on veut s’y opposer !

Ainsi, face à un terrain en pente, le cheval préfèrera ne pas aller dans le bas de la parcelle, surtout si la zone est encaissée ou embroussaillée. Mieux vaut donc découper les parcelles perpendiculairement à la pente pour pousser le cheval à parcourir tout le terrain.

De plus, si les chevaux s’ent√™tent √† n√©gliger certaines zones de la parcelle, y placer les abreuvoirs ou les mangeoires permet de les y attirer. En chemin, ils mangeront de l’herbe et m√™me si quelques m√®tres carr√©s sont tr√®s marqu√©s autour des √©quipements, cela sera toujours pr√©f√©rable √† la perte de larges surfaces jamais p√Ętur√©es.

Les petits coups de pouce

Souvent, l’application de ces ¬ę bonnes pratiques ¬Ľ, bien que largement profitable, n’est pas suffisante et la prairie doit subir quelques traitements particuliers. M√™me naturelles, les prairies p√Ętur√©es s’√©puisent et ont besoin d’√™tre suivies et entretenues pour rester en √©tat. Voici quelques exemples de techniques pour obtenir de bons r√©sultats.

Le surp√Ęturage d’√©t√© ou d’hiver

Bien que normalement d√©conseill√©, le surp√Ęturage peut avoir un effet positif sur certains refus r√©calcitrants. Ainsi, durant l’√©t√© ou l’hiver, quand l’herbe ne pousse plus, on peut forcer certains chevaux (ceux √† plus faibles besoins) √† ¬ę gratter les parcelles ¬Ľ. Ils consommeront alors les refus qu’ils ont n√©glig√©s quand l’herbe poussait √† volont√©.

La fauche

Quand les parcelles utilisées sont trop grandes, le développement de refus est inévitable. Il faut alors faucher et retirer de la parcelle les refus coupés au moins une fois par an, après le passage des animaux. Cela permet de re-homogénéiser la parcelle et les repousses des refus, quoique toujours vigoureuses, seront plus volontiers consommées.

Quand les refus sont abondants, le fauchage est plus int√©ressant que le broyage. Il pr√©serve en effet l’app√©tence de la parcelle et ralentit la modification de la flore. A contrario, apr√®s un broyage, les herbes laiss√©es sur la parcelle forme une liti√®re qui, si les refus sont trop ligneux, va avoir du mal √† se d√©grader. Le sol √©tant √©touff√© par cette liti√®re, ses micro-organismes y seront affaiblis et leur r√īle dans la d√©gradation encore moins efficace. La liti√®re s’accumulera, √©touffant de plus en plus le sol… Ce cercle vicieux va le plus souvent √† l’encontre du bon d√©veloppement des gramin√©es pour favoriser les broussailles et une v√©g√©tation trop dure pour √™tre consomm√©e. Mieux vaut donc prendre le temps d’un bon fauchage !

Le hersage

Apr√®s le passage des animaux, le hersage peut aussi √™tre un moyen d’aider √† la remise en √©tat de quelques parcelles ab√ģm√©es. Il a√®re et d√©compacte le sol tass√© par le pi√©tinement des chevaux et aide ainsi √† la relance de la v√©g√©tation. De plus, il nivelle le sol, arrache les mousses ou la liti√®re de plantes mortes et √©limine les taupini√®res.

Pourtant, le hersage peut se r√©v√©ler n√©faste et doit √™tre utilis√© √† bon escient. Il ne doit √™tre appliqu√© que sur les sols r√©chauff√©s et ressuy√©s, avant que les bonnes plantes n’aient d√©marr√© leur v√©g√©tation. R√©alis√© sur une prairie dont la flore est √©quilibr√©e et pauvre en adventices, il risque de blesser les esp√®ces int√©ressantes et de favoriser indirectement les plantes ind√©sirables. De plus, il n’est pas √† recommander dans les parcelles fr√©quent√©es par des animaux peu ou mal vermifuges, car la diss√©mination des crottins provoque un risque assez fort de dispersion des parasites.

Quand le mal est fait…

Parfois, les parcelles semblent tellement d√©t√©rior√©es qu’un vrai programme de r√©novation s’impose, mais la r√©novation des sols est un art tr√®s difficile et particuli√®rement co√Ľteux. En cas de d√©t√©rioration importante, quelques techniques peuvent n√©anmoins corriger la qualit√© du couvert v√©g√©tal. Mais, attention, elles s’av√©reront inutiles si elles ne sont pas accompagn√©es d’une r√©vision des pratiques qui ont amen√© la parcelle √† un tel r√©sultat (sur ou sous-p√Ęturage, pi√©tinement, fauche ou mise √† l’herbe trop tardive, repos insuffisant des parcelles …) !

Le roulage

Les prairies p√Ętur√©es convenablement n’ont normalement pas besoin d’√™tre roul√©es, car les pieds des animaux assurent un tassement suffisant. Malgr√© cela, √† la sortie de l’hiver, suite au d√©gel ou au passage des animaux, certaines parcelles sont particuli√®rement marqu√©es et le roulage peut permettre de niveler la prairie en donnant au sol une structure optimale au d√©veloppement des micro-organismes. De plus, il peut √©ventuellement se r√©v√©ler efficace dans la lutte contre certaines adventices ou larves g√™nantes en les √©crasant.

Cependant, il faut veiller à tasser sans excès et à toujours éviter de le faire sur un sol humide ou froid. Le poids du rouleau doit être adapté à la nature et à la résistance du terrain.

Le désherbage

L’invasion de mauvaises herbes dans une parcelle a de nombreux effets n√©gatifs : concurrence et diminution du potentiel de production, diminution de la valeur alimentaire, r√©servoir et diss√©mination importante de graines dans les milieux environnants et bien s√Ľr accroissement des zones refus. Quand la parcelle infest√©e, un traitement herbicide peut s’av√©rer n√©cessaire en respectant certaines r√®gles.

Il faut choisir un herbicide en fonction des mauvaises herbes √† combattre, mais aussi de la flore de la p√Ęture si l’on veut la pr√©server. Le traitement doit se faire sur une prairie peu d√©velopp√©e, au printemps ou en fin d’√©t√© par temps poussant (sans pluie avec une temp√©rature journali√®re entre 10 et 20¬į C). Dans ces bonnes conditions, les plantes herbag√®res se r√©approprient plus vite les vides laiss√©s par les mauvaises herbes. Enfin, il faut respecter les d√©lais prescrits (10 √† 20 jours) avant de r√©introduire des animaux.

Il est possible que le traitement doive √™tre r√©p√©t√© plusieurs fois pour √™tre efficace, car de nombreuses mauvaises herbes sont des vivaces. Les rumex, appel√©s parfois ¬ę l’oseille ¬Ľ, ou les ¬ę doches ¬Ľ n√©cessiteront ainsi deux traitements cons√©cutifs : le premier √† la fin de l’√©t√© et le second au printemps suivant.

Le sursemis et re-semis total

Quand de nombreux ronds de terre nue (de la taille d’une assiette) pars√®ment la parcelle ou que le sol est particuli√®rement d√©nud√© aux niveaux des entr√©es ou des mangeoires, un sursemis peut √™tre envisag√© pour am√©liorer le couvert v√©g√©tal et emp√™cher l’invasion de ces zones par des mauvaises herbes.

Si les gramin√©es repr√©sentent moins de 30% du couvert v√©g√©tal et que la parcelle est particuli√®rement ab√ģm√©e ou envahie de plantes ind√©sirables, il faut m√™me envisager un re-semis total.

Apr√®s un surp√Ęturage d’√©t√© et un travail superficiel du sol, les semis d’automne sont les plus s√Ľrs. Semer au printemps est √©galement possible, mais le semis sera en comp√©tition avec les autres plantes. De plus, les risques de s√©cheresse pourront perturber la lev√©e des graines.
Pour le semis, il n’existe pas de m√©lange type. Les plantes les plus recherch√©es sont celles gazonnantes et r√©sistantes au pi√©tinement avec une √©piaison tardive, mais tout d√©pend du mode d’utilisation de la parcelle, du chargement, des conditions p√©doclimatiques… Si les qualit√©s du ray gras anglais sont largement reconnues, on l’utilise souvent en association avec une f√©tuque plus rustique et un tr√®fle blanc qui, r√©sistant √† la chaleur, tamponnera le vieillissement estival des gramin√©es et fixera l’azote. La fl√©ole, le dactyle ou le p√Ęturin des pr√©s peuvent aussi diversifier le m√©lange.

Finalement, la gestion des p√Ętures des √©quid√©s n’est pas vraiment complexe, mais elle demande du temps et une bonne connaissance des prairies. Une fois leur rythme respect√© par des pratiques adapt√©es et un entretien r√©gulier, ces derni√®res pourront fournir une herbe de qualit√© que l’on pourra enfin int√©grer dans le calcul des rations, en sachant que sa valeur nutritive se limite aux p√©riodes de pousse, au printemps et √† l’automne.

Revue "√Čperon Magazine" n¬į 226.

La meilleure façon de nourrir

nourriture Le cheval peut √™tre motiv√© par la nourriture, mais cette motivation sera toujours secondaire par rapport √† ses besoins en s√©curit√© et en relations sociales. La nourriture d√©clenche des comportements agressifs et affermit la hi√©rarchie sociale entre membres de la harde. Si un cheval subordonn√© s’approche de la nourriture d’un dominant, le r√©sultat en sera une menace ou un acte agressif de la part de ce dernier. Ce conflit sera en fait seulement en relation avec la hi√©rarchie de dominance: la nourriture n’en fera pas directement partie, mais en sera seulement le d√©clencheur.

Chez l’homme, la nourriture est non seulement n√©cessaire √† la survie, mais a √©galement de fortes connotations sociales et psychologiques. La nourriture de confort nous apporte du bien-√™tre. Nous utilisons √©galement la nourriture comme moyen de subornation, de r√©compense et pour les festivit√©s.

En premier lieu, quand vous distribuez de la nourriture √† des chevaux en groupes, vous d√©clenchez des comportements agressifs li√©s √† la hi√©rarchie de dominance, qui peuvent conduire √† des blessures chez vous ou chez eux. Notez bien que ce comportement agressif est souvent interpr√©t√© √† tort comme de la jalousie car souvent vous ne donnez √† manger qu’√† un seul cheval et non √† tous. La jalousie n’a rien √† voir l√†-dedans: c’est une √©motion humaine. En r√©alit√©, l’attrait de la nourriture pousse les chevaux domin√©s √† d√©fier les dominants, et pousse ces derniers √† passer de la menace √† l’agression r√©elle afin d’assurer leurs pr√©rogatives.

Ensuite, votre envie de procurer du bien-√™tre √† votre cheval gr√Ęce √† la nourriture peut √™tre une r√©compense involontaire pour un comportement ind√©sirable, r√©sultant en un renforcement de mauvaises et dangereuses habitudes comme celle de mordre. Par exemple: votre cheval vous pousse du bout du nez pour avoir √† manger, et vous lui donnez quelque chose, r√©compensant son comportement et l’encourageant √† vous pousser plus fort; il refuse de monter dans le van, et vous lui donnez une poign√©e de grain en esp√©rant l’amadouer, alors qu’en r√©alit√© vous ne faites que r√©compenser ses d√©robades; il se conduit mal alors que le mar√©chal-ferrant essaie de faire son travail, alors vous lui donnez des poign√©es de grains pour le faire se tenir tranquille, et il continue √† √™tre insupportable, puisque vous le r√©compensez par de la nourriture quand il l’est.

Il faut donc √©viter de donner de la nourriture √† des chevaux en groupe. Si vos attentions sont destin√©es √† un cheval en particulier, mettez-lui un licol et conduisez-le √† l’ext√©rieur de l’enclos o√Ļ se trouve le groupe; vous pourrez alors le nourrir en s√©curit√©. Evitez de le nourrir √† la main, et ne lui permettez jamais de chercher de la nourriture dans vos poches. A la place, offrez-lui de la nourriture dans sa mangeoire habituelle, ou dans un seau que vous tiendrez dans vos mains. Cela permettra d’√©viter des comportements tels que les petites pouss√©s du nez et les mordillements. R√©fl√©chissez √† ce vous faites en nourrissant, cela vous √©vitera de r√©compenser un mauvais comportement par inadvertance. Si votre cheval se d√©robe, couche ses oreilles, refuse de rester en place, et en r√®gle g√©n√©rale vous oppose une r√©sistance, la nourriture r√©compensera et encouragera ce comportement. Attendez jusqu’√† ce qu’il vous offre un comportement plus coop√©ratif, comme quelques pas en avant, des oreilles dress√©es, un moment d’immobilit√©, en un mot qu’il vous ait c√©d√©, et √† ce moment l√† seulement vous pourrez le r√©compenser √† bon escient.