Piqure de rappel

Comment aborder le cheval ?

poulain

Vous voulez établir une relation de confiance avec votre ami à quatre pattes?
Vous allez commencer l’équitation et ce grand animal vous fait un peu peur?
Ne vous inquiétez pas, il a plus peur que vous… En effet, malgré sa grande taille, qui peut être impressionnante pour nous, le cheval est un animal assez nerveux, et pour cause: dans la nature, il en va de sa survie en tant que proie naturelle des grands prédateurs.

COMMENT APPROCHER UN CHEVAL AU PRE

En fait, c’est plutôt lui qui doit vous approcher…
Tendez la main vers lui, paume vers le ciel, plus bas que le niveau de son nez et appelez le d’une voix douce, vous pouvez aussi faire des claquements de langue qui attireront son attention sur vous… Une friandise peut aussi être très persuasive…
Ne l’approchez pas "sournoisement" par l’arrière, vous risquez de l’effrayer, alors il partira en avant, non sans avoir lancé ses postérieurs derrière lui, ce qui risque d’être très dangereux pour vous…

Approchez le par l’avant, sans jamais cesser de lui parler. dès que vous sentez un signe d’agitation ou d’inquiétude (les oreilles se couchent, le cheval lève la tête de biais, vous voyez le blanc de ses yeux…) arrêtez vous de l’approcher et continuez a lui parler doucement… Vous pourrez recommencer à avancer dès que le cheval aura l’air plus confiant.
Bien sûr, plus le cheval aura l’habitude de vous, plus ce sera facile de l’approcher…

APPROCHER LE CHEVAL AU BOX

Pensez a toujours annoncer votre arrivée de la voix et parlez lui avec une voix douce et monocorde pour le rassurer.

Avant d’ouvrir le box, laissez le vous renifler la paume de la main: pour cela, tendez lui votre main paume vers le haut, plus bas que le niveau de son nez. Si vous voulez lui caresser la tête, venez toujours par le bas, car si vous mettez votre main au dessus de sa tête sans prévenir, cela risque de le surprendre, ou de le rendre nerveux…

Ensuite, vous pouvez entrer…restez le plus possible en contact avec l’animal, de facon tactile mais aussi par la voix…cela le rassure, mais ça lui permet aussi de vous situer dans l’espace…

QUAND VOUS ÊTES PRES DE VOTRE CHEVAL, NE METTEZ JAMAIS UN GENOU A TERRE… VOUS DEVEZ ÊTRE PRÊTS A TOUT, MEME A FUIR SI BESOIN

Sachez que même un cheval que vous connaissez depuis des années et en qui vous avez une entière confiance peut avoir des réactions imprévisibles face à la peur…

Comprendre, observer, espérer, aimer

LE CHEVAL ET L’HOMME : L’ETAT D’EVEIL

hippothérapie En liberté, le cheval présente des modes de comportements qui sont déterminés par la structure sociale de la harde et par la capacité de ses membres à former des amitiés particulières. Le langage corporel, lorsqu’il est adapté aux chevaux, permet d’établir la dominance nécessaire, ainsi qu’un rapport de confiance intime empreint de compréhension.

Il y a entre l’homme et le cheval à la fois une peur et une attirance. Peur de ne pas comprendre l’autre, sa masse, son intention. Peur du cheval d’être la proie d’un prédateur.
Peur de l’homme de perdre la maîtrise, d’être dépassé par cet animal cinq ou six fois plus imposant que lui. Mais aussi il y a l’attirance. L’homme est fasciné par cet être puissant et sensible, beau et vif, doux et attentif… Le cheval cherche la sécurité, la protection de celui qui n’est plus tout à fait un prédateur.

La base de la relation entre le cheval et l’homme se situe dans un rapport de référence et de confiance. Pour dépasser toute tentation anthropomorphique, il est important de se souvenir que le cheval est un animal, une proie dans la nature, un être sensible et capable d’émotions, certes, mais avant tout il est un animal. Notre rencontre, entre homme et cheval, se fera selon les modes de communication connus du cheval, et de l’homme pour autant que celui-ci prenne conscience de son animalité et de son langage corporel. Si le cheval pense et réfléchit, il ne le fait certainement pas selon nos critères.

Combien de fois n’entendons-nous les projections que l’homme fait sur l’animal, pensant mieux le comprendre en lui prêtant ses raisonnements strictement humains ? Non, le cheval est un animal ! Pour le comprendre et tenter une communication avec lui, il faut oublier nos références humaines et entrer dans cette vigilance particulière du cheval. Celle qui lui fait percevoir en-deçà de mots, l’attitude intime de son interlocuteur. Tenter de communiquer avec le cheval, c’est se mettre en état
d’éveil.

De par son développement et sa morphologie, le cheval est « un animal vivant en société, hautement spécialisé pour la fuite et originaire de grands espaces aux horizons illimités. Fuite, société, et espaces, nous allons retrouver ces éléments dans notre recherche de
relation au cheval.

La perte des craintes du cheval du fait de sa domestication ne peut nous faire oublier son comportement archaïque de fuite. Il nous faut en tenir compte, c’est-à-dire le respecter. La contrainte qui interdit la fuite est donc à bannir, y compris la plus petite contrainte telle une longe maintenue tendue pour faire avancer le cheval. Cette simple traction persistante lui fait renoncer, même de manière minime, à ce choix permanent qu’il opère entre la fuite et la confiance. Or c’est grâce à cette capacité de choisir la confiance qu’une réelle collaboration avec notre partenaire cheval peut s’établir. A chaque étape du travail commun, ce souci du choix du cheval doit nous occuper. Dans la prairie, au box, à pied ou à cheval, tous ces instants créent la relation et laissent une trace de confiance.

Tout cela ne veut pas dire qu’on se contente de faire ce que le cheval décide. Non, nous sommes partenaires. Nous sommes donc ensemble dans la relation. Simplement, notre mode de communication sera plus riche par la persuasion que par la coercition. A tout instant, les deux partenaires s’accordent, tiennent compte de l’autre, sont à l’écoute des initiatives, et y apportent une réponse.

Dans sa recherche de sécurité, le cheval cherche un référent. Si celui-ci est trop dur, encombrant ou exigeant, le cheval se sent contraint et cherche la fuite ou entre dans la confrontation. Si l’une ou l’autre sont réprimées, il finira par démissionner. Si, au contraire, il ne sent pas la détermination de la personne, le cheval ne peut s’y fier et passe son temps à ignorer les demandes de son cavalier. Si enfin, la personne peut se placer dans une attitude à la fois déterminée et posée, elle offre alors au cheval une référence et une sécurité. La dominance et la confiance peuvent s’établir. L’équilibre existe entre le cheval et l’homme.
La relation peut se vivre. C’est-à-dire que cet équilibre se rejoue à chaque instant. Dans ce jeu de perceptions réciproques, le cheval est particulièrement attentif. A l’état sauvage, il est capable de réagir au signal soudain et presque imperceptible de l’étalon en alerte. Dans sa fuite, le poulain se met au diapason de sa mère. Et l’éducation des jeunes chevaux se fait essentiellement par imitations. Entrer en communication avec le cheval, c’est aussi prendre conscience que chaque mouvement, chaque intention, chaque attitude est un message.
Attente et disponibilité.

A un moment ou à un autre, la personne doit se poser la question de ses attentes personnelles sur le cheval, en prendre conscience, pouvoir les déposer afin de se rendre disponible à ce que le cheval peut offrir. Un cheval surchargé d’attentes ne peut s’exprimer tel qu’il est, et ne peut apporter sa part d’initiative dans la relation à établir. Il y a dans la relation avec le cheval un jeu subtil entre l’affirmation de soi et la disponibilité à l’autre. Il y a autant d’accueil que de don, et je ne peux déterminer d’avance ce que je vais accueillir de l’autre. Quelle sera notre aventure commune ? Comment lui dire qui je suis ?
Comment recevoir ce qu’il est ? De cet échange, de ce voyage entre les êtres, naîtra la
relation telle une création.

On est loin des techniques équestres appelées à la rescousse pour conduire le cheval. Nous entrons alors dans une dimension plus globale de la relation au cheval. Elle est physique,
mentale et même spirituelle. Les Moines Chevaliers connaissaient le chemin permettant « d’unir les deux âmes », celle du cheval et du moine. La méditation et le travail avec le cheval se rejoignent naturellement dans une recherche perpétuelle de rencontre des êtres. Prise de conscience de soi, ouverture à l’autre, place que l’autre prend en moi, et création commune… Il y a alors dans la relation quelque chose d’Infini.

Extrait d’un séminaire d’hippothérapie.

Comportement face au danger

comportement Le cheval est génétiquement programmé pour opérer sur la base suivante: pour lui, la survie implique de pouvoir échapper efficacement aux attaques des prédateurs, grâce à ce que l’on nomme la réponse de fuite. Chaque fois que cela est possible, il prendra peur et tentera de s’enfuir loin d’un danger potentiel, galopant jusqu’à une distance jugée par lui suffisamment sécurisante; puis il se retournera et utilisera sa vision à longue distance pour évaluer la situation. Ce comportement que vous redoutez peut-être est la réponse primaire des équidés face au danger. Vous pouvez apprendre à rester sur le cheval lorsque cela se produit, à reprendre le contrôle immédiatement après, et même à désensibiliser votre cheval aux stimuli les plus communs, mais vous ne pourrez jamais l’éradiquer.

L’homme, au lieu de fuir immédiatement en cas de danger, se tournera dans sa direction et utilisera sa vue perçante et sa logique pour l’évaluer, décidant ensuite s’il doit fuir ou tenir bon. Vous vous tournez pour faire face à un bruit ou un mouvement soudain; votre cheval, lui, cherche s’en éloigner le plus vite possible. Vous pouvez voir clairement, évaluer, et réagir de manière logique aux images et aux sons provenant de votre environnement. Votre cheval ne le peut pas. Le résultat est que vous pouvez être désarçonné par votre cheval lors d’un mouvement de panique, et ne jamais savoir ce qui a pu l’effrayer. Jeté à terre, vous pouvez vous retrouver dans une situation très dangereuse, surtout en cas de collision avec votre cheval.

De plus, si votre cheval est attaché ou confiné de quelque manière que cela soit (Box, stalle, van…) quand sa réponse de fuite est déclenchée, il se comportera de l’une des deux manières suivantes: soit il aura recours à une réponse défensive, essayant de frapper violemment l’objet de sa frayeur avec ses antérieurs ou ses postérieurs, soit il luttera aveuglément contre la contention ou le confinement qui l’empêche de fuir le danger qui le menace. Attention: quand ce très puissant instinct le poussant à combattre ou s’enfuir prend le pouvoir sur lui, votre cheval devient totalement inconscient de tout ce qui l’entoure, que ce soit des objets, des humains ou d’autres chevaux, et devient même insensible à la douleur qu’il est susceptible de s’auto-infliger. Si vous êtes sur son chemin, il vous blessera vous aussi. C’est pourquoi un cheval en état de panique peut aller jusqu’à s’arracher un sabot si celui-ci se retrouve pris dans une clôture en grillage ou en fil de fer, tirera au renard jusqu’à ce que la longe casse s’il est attaché, risquant ainsi de basculer et de retomber sur le dos, ce qui peut occasionner de très graves fractures, ou essaiera de s’enfuir de votre van par la petite fenêtre de devant…

Habituez-vous donc, quand vous le menez en licol, à rester en dehors de la trajectoire de fuite potentielle de votre cheval (C’est-à-dire directement devant lui.), et à toujours être hors de portée de ses antérieurs et de ses postérieurs, les distances de sécurité étant respectivement d’environ 1,5 et 2,5 mètres dans toutes les directions. Dans tous les cas, vous devez soit être au delà de 2,5 mètres de ses postérieurs, soit être tout à côté d’eux, endroit où il peut difficilement vous atteindre, mais jamais derrière eux.

Ne tombez pas dans le piège consistant à faire confiance à votre cheval. Même le meilleur des chevaux peut vous blesser sans le vouloir. Si vous abaissez votre garde auprès d’un cheval avec lequel vous vous sentez en confiance, vous risquez d’oublier qu’il s’agit d’un cheval, et que du fait de sa force il lui suffirait d’un instant pour causer des dommages irréparables.

Si vous vous approchez d’un cheval, quel qu’il soit, par l’arrière, assurez-vous toujours qu’il soit conscient de votre présence avant d’entrer dans la zone de ses postérieurs. Un cheval somnolent peut être réveillé en sursaut par un bruit ou un mouvement soudain, et souvenez-vous, sa vision à faible distance est mauvaise. Sa première réponse peut être un coup de pied défensif, et il n’évaluera la nature de la menace qu’ensuite. Prenez l’habitude de toujours conserver l’attention de votre cheval concentrée sur vous, que vous le montiez ou l’ayez en licol. En faisant cela, vous augmenterez non seulement votre contrôle sur lui, mais vous serez également obligé de concentrer votre propre attention sur son comportement, ce qui réduira sensiblement votre temps de réaction en cas d’incident. Autre effet bénéfique: plus son esprit est concentré sur vous et vos demandes, au détriment de son environnement, plus vous faites diminuer les opportunités pour lui de détecter et de réagir à ce qu’il pourrait considérer comme des menaces venant des alentours.
N’entrez jamais dans un espace clos, comme un van ou un box, dans le but de calmer un cheval agité. Attendez plutôt d’abord qu’il se calme afin de pouvoir l’approcher et le mener sans risque. Utilisez toujours des nœuds de sécurité, pouvant se défaire très rapidement, à chaque fois que vous avez besoin d’attacher votre cheval. Ils vous permettent d’avoir la possibilité de le libérer très rapidement du piège dans lequel il se sentira pris en cas de frayeur, ce qui aidera à dissiper sa panique et donc diminuera les risques d’accident pour vous deux.

Désensibilisez votre cheval aux différents stimuli de votre environnement quotidien, et à ceux qu’il est susceptible de rencontrer lors d’un déplacement, par exemple lors d’une compétition. Vous aiderez ainsi votre cheval à apprendre à contrôler ses peurs, diminuant ainsi le risque de blessure pour lui, vous et les personnes alentours.