Coprologie, mode d’emploi !

Pour Ă©viter d’administrer un vermifuge Ă  l’aveugle Ă  un cheval, Sauv’Equi opte pour les analyses de crottins. La dĂ©marche prend un peu de temps mais s’avère digne d’intĂ©rĂŞt pour savoir si l’animal est peu ou beaucoup parasitĂ©. Cette vermifugation ciblĂ©e permet aussi de limiter l’apparition de nouvelles rĂ©sistances mĂ©dicamenteuses.

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Un matin, Ă©quipĂ© de sachets (comme ceux distribuĂ©s pour ramasser les crottes de chien ou les modèles servant Ă  congeler les aliments), vous vous rendez Ă  l’Ă©curie ou au parc oĂą vivent les chevaux. Et vous patientez jusqu’Ă  ce que l’un d’eux lève la queue. Dès que cela arrive, vous vous rendez rapidement Ă  l’endroit choisi par l’Ă©quidĂ© et rĂ©cupĂ©rez quelques grammes de fèces. A choisir au milieu et sur les cĂ´tĂ©s tant qu’elles sont encore chaudes et Ă  glisser sans tarder dans le sac plastique que vous fermerez en Ă©vitant d’y faire entrer de l’air. L’exercice est Ă  recommencer autant de fois qu’il y a de hongres ou de juments dans le cheptel. La patience est donc de mise !

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Attention, pour ne pas attribuer un crottin appartenant Ă  tel cheval Ă  un autre, veillez Ă  bien ouvrir les yeux quand vous surveillez la joyeuse troupe, certains chevaux ayant tendance Ă  se soulager en mĂŞme temps que le copain d’Ă  cĂ´tĂ©. N’oubliez pas non plus de coller une Ă©tiquette, prĂ©alablement prĂ©parĂ©e, avec le nom de l’animal et la date du jour sur le sachet !

La prĂ©cieuse collecte achevĂ©e et stockĂ©e dans une glacière, vous n’aurez plus qu’Ă  l’emmener dans un laboratoire spĂ©cialisĂ© dans ce genre d’examen. Le mieux Ă©tant de le prĂ©venir de votre arrivĂ©e pour une prise en charge rapide !

Parcs Ă  nettoyer

Quelques jours plus tard, vous recevrez les rĂ©sultats. Et dĂ©couvrirez combien d’Ĺ“ufs de strongles digestifs (les vers les plus courants) ou d’autres parasites sont contenus dans le corps de votre cheval, âne ou poney. Selon la quantitĂ©, le vĂ©tĂ©rinaire Ă©quin que vous avez l’habitude de consulter vous indiquera s’il est nĂ©cessaire ou pas de vermifuger votre compagnon et avec quel produit. Histoire de ne pas faire n’importe quoi !

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A noter qu’en automne, gĂ©nĂ©ralement courant novembre, il est fortement conseillĂ© de vermifuger chaque cheval avec une molĂ©cule spĂ©cifique afin de tuer les tĂ©nias et les larves de petits strongles qu’on ne dĂ©tecte pas ou mal Ă  la coproscopie (Ă©tude du crottin Ă  l’aide d’un microscope).

Après les analyses, vient ensuite le temps du nettoyage des pâtures des Ă©quidĂ©s. LĂ  encore, cela demande des efforts et de nombreuses heures de travail selon la superficie des parcelles pouvant ĂŞtre contaminĂ©es. Crottins frais et plus anciens seront alors soigneusement ramassĂ©s pour permettre Ă  l’herbe de repousser sainement. Une mission nĂ©cessaire si l’on veut prendre soin correctement de son cheval !

 

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Une saison au poil !

Au printemps, chaque cheval entame sa mue. C’est-Ă -dire qu’il renouvelle sa robe, un peu comme nous notre dressing quand les tee-shirts succèdent aux pull-overs. Un processus naturel important pour l’organisme. Progressivement, les poils anciens sont remplacĂ©s par de petits nouveaux, plus courts et lisses, bref plus adaptĂ©s Ă  une mĂ©tĂ©o clĂ©mente et ensoleillĂ©e, pour peu que la pluie ne vienne pas tout dĂ©sorganiser… Chez certaines races comme les pur-sang anglais et les trotteurs, on retrouve mĂŞme une peau ultra fine, luisante au soleil.

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C’est la luminosité qui provoquerait le début de la mue printanière. Après, tout dépend de l’animal : de son âge, son état de santé, ses conditions de vie, son alimentation. Changer totalement de poils nécessite pas mal d’énergie, d’où l’intérêt d’être attentif à nos amis équins. Voire de les aider à se débarrasser de leurs poils longs et autres sous-poils comme Carine, la présidente de Sauv’Equi, le fait avec Axia de Sausset. Pendant la saison estivale, notre adorable Islandaise de bientôt 30 ans pourra ainsi mieux évacuer la chaleur.

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Un bon pansage, si possible exécuté régulièrement, permet aussi de soulager la jument d’éventuelles démangeaisons causées par les poils qui tombent. Une sensation que l’on connaît, n’est-ce pas Mesdames, lorsqu’on s’épile d’un peu trop près ! Balader une brosse sur toutes les parties charnues du corps correspond également à un agréable massage. Pas étonnant que la plupart des chevaux apprécient !

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On ne donne pas de pain aux chevaux !

C’est une croyance, malheureusement, rĂ©pandue : le pain serait une friandise apprĂ©ciĂ©e des chevaux mais aussi des poneys et des ânes. Sauf quand leur tendant un quignon de baguette ou un autre morceau de miche pourtant bien dur, l’individu se fait avant tout plaisir Ă  lui-mĂŞme… MĂŞme si l’animal, gourmand, mange l’offrande, celle-ci s’avère, en effet, très dangereuse pour sa santĂ© !

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Le pain risque de former un bouchon Ĺ“sophagien dans l’appareil digestif du cheval, voire de  provoquer des coliques. Contrairement Ă  l’homme, cette maladie s’avère douloureuse et difficile Ă  soigner chez les Ă©quidĂ©s. Intubation, lavement, injections par le vĂ©tĂ©rinaire appelĂ© en urgence… : il n’y a vraiment rien de rĂ©jouissant pour le malade ! Certains cas nĂ©cessitent carrĂ©ment une intervention chirurgicale si la bĂŞte est transportable et survit Ă  un voyage, souvent de plusieurs centaines de kilomètres, pour atteindre la clinique spĂ©cialisĂ©e. Sans oublier le stress occasionnĂ©, la peur de perdre son compagnon… et la facture souvent onĂ©reuse.

Tout ça pour un bout de pain rassis qui aurait mérité d’être transformé en chapelure pour gratin ou en sympathique dessert (mélangé à du lait et des œufs) pour humains !