Coliques… pour en savoir plus

cheval_galop LES PRINCIPAUX TYPES DE COLIQUES :

Les principaux types de coliques rapportés étaient des coliques spasmodiques (34.8 %), ou par obstruction (19.6 %). Les autres animaux, utilisés à titre de comparaison, avaient été présentés pour des lacérations cutanées essentiellement (45.2 %) ou des boiteries (21.3 %). 15.3 % des chevaux présentés pour coliques sont morts.

CARACTERISTIQUES DISCRIMINANTES :

L’âge des chevaux Ă  coliques (m = 10 ans) est significativement supĂ©rieur Ă  celui des animaux prĂ©sentĂ©s pour d’autres raisons (7 ans). La race arabe est nettement sur-reprĂ©sentĂ©e. En revanche, on ne note pas de prĂ©disposition de sexe.
Le type d’utilisation des animaux (Ă©levage, compĂ©tition…) n’a pas d’influence, mais les coliques sont d’autant moins frĂ©quentes quand la superficie de l’exploitation est Ă©levĂ©e. Le risque est Ă©galement plus Ă©levĂ© quand le nombre de chevaux Ă  l’hectare est important.
Un rĂ©cent changement de conditions d’Ă©levage (mise au box par exemple) est corrĂ©lĂ© Ă  un plus fort risque de colique. Les chevaux passant plus de 50 % de leur temps au box sont Ă©galement plus exposĂ©s.
La source d’abreuvement importe Ă©galement : l’accès Ă  un seau d’eau augmente le risque alors que l’accès Ă  un abreuvoir le diminue.
Les chevaux Ă  coliques semblent avoir eu moins d’activitĂ© physique dans la semaine qui a prĂ©cĂ©dĂ© que les animaux sans coliques. En revanche, une modification de l’intensitĂ© de l’activitĂ© physique dans les deux semaines qui prĂ©cèdent semble ĂŞtre un facteur favorisant. Des commĂ©moratifs de transport rĂ©cent ne constituent pas un facteur de risque.
Des commĂ©moratifs antĂ©rieurs de coliques ou de chirurgie pour colique augmentent significativement le risque. De mĂŞme, les chevaux ne recevant pas un programme de vermifugation rĂ©gulier sont Ă  risque. Cependant, l’administration d’un vermifuge dans les sept jours prĂ©cĂ©dant la crise est un facteur de risque.
Des modifications climatiques majeures dans les trois jours prĂ©cĂ©dant l’Ă©pisode de colique sont un facteur de risque.
Un changement rĂ©cent dans l’alimentation et surtout de la nature du foin (dans les deux semaines prĂ©cĂ©dentes) constitue un très important facteur de risque. Les chevaux au prĂ©, ne recevant pas d’autre chose, ont significativement moins de risque de dĂ©velopper des coliques.

Le foin en première ligne :

Le facteur de risque le plus important est une modification du rĂ©gime alimentaire dans les deux semaines prĂ©cĂ©dentes. Plus encore, c’est le changement de foin qui joue un rĂ´le majeur. Cette Ă©tude est d’origine amĂ©ricaine, et les types de foins utilisĂ©s outre-Atlantique ne sont pas tous comparables aux nĂ´tres. Cependant, il est très important de noter que le changement d’origine du foin, mĂŞme s’il est de mĂŞme nature, est un facteur de risque important. Il en va de mĂŞme du foin venant d’une mĂŞme parcelle, mais d’une coupe diffĂ©rente.
Pourquoi ? Il est possible que les modifications de foin induisent des variations du pH du contenu intestinal, qu’elles influencent la production d’acides gras volatils, qu’elles perturbent l’Ă©quilibre microbien, tous facteurs pouvant modifier la motilitĂ© intestinale et mener aux coliques.

Alimentation et météo :
Cette Ă©tude apporte de l’eau au moulin des dĂ©fenseurs des aliments industriels : la consommation de granulĂ©s n’est pas associĂ©e Ă  un plus fort risque de colique. Par ailleurs, les aliments extrudĂ©s semblent encore plus sĂ»rs. Ceci s’explique probablement par le fait qu’ils sont ingĂ©rĂ©s plus lentement.
Que faut-il penser du changement de temps ? Dans cette publication, il est associĂ© Ă  une augmentation du risque de coliques, mais la plupart des Ă©tudes antĂ©rieurement publiĂ©es dĂ©mentent cette assertion. Des enquĂŞtes plus approfondies seraient nĂ©cessaires mais, empiriquement, nous savons que certaines conditions climatiques (vent d’autan par exemple dans notre pays) semblent augmenter les risques.

Vermifugation :
Comme on pouvait s’y attendre, l’adoption d’un programme de vermifugation cohĂ©rent rĂ©duit les risques de dĂ©velopper des coliques. ElĂ©ment troublant, c’est la première fois qu’on associe dans une population de chevaux adultes la survenue d’une crise de coliques Ă  des commĂ©moratifs de vermifugation rĂ©cente (7 jours avant). Ce phĂ©nomène est dĂ©crit chez le foal très infestĂ© par des ascaris : la vermifugation induit une destruction massive de parasites qui peuvent obstruer l’intestin (c’est la raison pour laquelle on conseille paradoxalement dans cette indication des vermifuges peu efficaces de manière Ă  ne pas tuer trop de vers en mĂŞme temps). En revanche, chez l’adulte, la publication de Cohen et coll est une première.
Toutefois, ne pas vermifuger est un facteur de risque autrement plus important.

Races :
L’Ă©tude corrobore des observations antĂ©rieures quant Ă  la plus forte sensibilitĂ© aux coliques de la race arabe. On ne sait toujours pas si cette prĂ©disposition est d’origine gĂ©nĂ©tique, si elle est due Ă  des conditions d’Ă©levage diffĂ©rentes ou tout simplement Ă  une meilleure attention des Ă©leveurs et propriĂ©taires d’arabes.

Activité :
Les chevaux n’ayant pas d’activitĂ©, dans cette Ă©tude, ont significativement moins de risques de dĂ©velopper des coliques. Cette observation n’est pas faite dans d’autres publications.

Que faut-il retenir ?

Pas de conclusions hâtives, admettent les auteurs : ces observations ont leurs limites. Par exemple, on n’a pas cherchĂ© Ă  associer certains facteurs de risque au type de la colique. Il est possible que les coliques par obstruction soient favorisĂ©es par des facteurs diffĂ©rents que ceux qui induisent des coliques spasmodiques. L’Ă©tude peut ĂŞtre Ă©galement biaisĂ©e : certains propriĂ©taires de chevaux Ă  coliques ont peut-ĂŞtre plus tendance que les autres Ă  se souvenir des Ă©vĂ©nements rĂ©cents qui ont prĂ©cĂ©dĂ© la crise, celle-ci Ă©tant pour eux une prĂ©occupation majeure (financière et affective) alors qu’ils sont peut-ĂŞtre moins concernĂ©s par d’autres motifs de consultation.
Mais, malgrĂ© tous ces biais possibles, un Ă©lĂ©ment majeur se distingue : un cheval qui a changĂ© de foin dans les deux semaines prĂ©cĂ©dentes Ă  9.8 fois plus de " chances " qu’un autre de dĂ©velopper une crise de coliques. Il est donc utile de bien observer vos chevaux quand vous changez de foin. Ceci souligne tout l’intĂ©rĂŞt Ă©galement de stocker suffisamment pour l’annĂ©e, et de ne pas trop changer de fournisseur.

Source Nutridiff

Les règles d’or de l’alimentation

alimentatio Après avoir fait l’acquisition d’un cheval, non seulement faut-il savoir s’en occuper, mais il faut aussi l’alimenter de façon convenable. L’alimentation d’un cheval n’est pas des plus complexe, mais elle comporte certaines particularitĂ©s qu’il ne faut pas nĂ©gliger. Pour vous Ă©clairer sur la façon de nourrir votre partenaire Ă©quin, je vous parlerai d’abord du fonctionnement gĂ©nĂ©ral du système digestif, des Ă©quidĂ©s, et des besoins Ă©nergĂ©tiques de diffĂ©rents groupes de chevaux. Ensuite, je parlerai du rationnement, de l’horaire d’alimentation et des diffĂ©rents groupes d’aliments utilisĂ©s pour combler ses besoins en Ă©nergie.

En premier lieu, le cheval est un monogastrique herbivore dont l’anatomie du tube digestif se caractĂ©rise par la prĂ©sence d’un estomac rĂ©duit et d’un gros intestin, au contraire, très dĂ©veloppĂ©. Après une excellente prĂ©paration buccale assurant un fin broyage et une forte insalivation, la digestion reste sommaire dans l’estomac; elle se dĂ©veloppera essentiellement dans l’intestin grĂŞle par voie enzymatique, puis dans le gros intestin par voie microbienne.

Les besoins Ă©nergĂ©tiques ne sont pas les identiques pour chaque individu au mĂŞme moment. Par exemple, Ă  l’entretien, les besoins de l’Ă©talon sont en rapport avec le poids vif sensiblement supĂ©rieur Ă  celui de la jument de mĂŞme race. Les besoins Ă©nergĂ©tiques de l’Ă©talon, en saison de monte, sont souvent surestimĂ©s par les Ă©leveurs et les Ă©talonniers. Le rationnement pratique de l’Ă©talon doit donc donner la prioritĂ© Ă  l’Ă©quilibre alimentaire, afin de prĂ©venir toute suralimentation. En particulier le foin de luzerne expose Ă  des excès azotĂ©s. Les juments vides, non suitĂ©es, ne requièrent qu’une ration d’entretien. Pour les autres, la meilleure prĂ©paration alimentaire, Ă  l’entrĂ©e de la gestation, consiste Ă  rĂ©Ă©quilibrer la ration sur le plan Ă©nergĂ©tique, protĂ©ique, minĂ©ral et vitaminique. Tout en veillant Ă  la meilleure hygiène alimentaire, il faut Ă©viter tout changement brutal de rĂ©gime.

Comme je l’ai dĂ©jĂ  dit, le cheval est un herbivore dont la ration de base est constituĂ©e de fourrages qui suffisent, pour l’essentiel, Ă  couvrir ses besoins d’entretien. Les fourrages sont les aliments les plus utilisĂ©s, les plus communs et les plus Ă©conomiques. Cependant leur valeur alimentaire, dĂ©finie conjointement par leur appĂ©tibilitĂ© et leur composition nutritive, est la plus difficile Ă  prĂ©ciser. Les prairies naturelles, par leur flore variĂ©e, conviennent bien au cheval. A ce propos, les plantes les mieux apprĂ©ciĂ©es sont le ray-grass anglais, le trèfle blanc, la flĂ©ole et le dactyle, ainsi que la fĂ©tuque. Pour les graminĂ©es, la valeur alimentaire optimale se situe en dĂ©but de montaison et avant l’Ă©piaison, spĂ©cialement pour le dactyle et la fĂ©tuque. Pour les lĂ©gumineuses, la valeur alimentaire est meilleure dès l’apparition des boutons floraux. Toutefois, le trèfle blanc Ă  pleine floraison a encore une bonne digestibilitĂ©.

Les grains prennent une place croissante dans la ration du cheval au fur et Ă  mesure que s’Ă©lèvent les besoins Ă©nergĂ©tiques, sous l’influence de l’intensitĂ© du travail. L’avoine a divers avantages: elle fĂ»t historiquement rĂ©servĂ©e Ă  l’alimentation du cheval. Le maĂŻs, depuis longtemps utilisĂ© en AmĂ©rique, fournit d’excellents rĂ©sultats. Compte tenu de sa duretĂ©, il nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement d’ĂŞtre broyĂ©.

Dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique, l’orge a Ă©tĂ© de tout temps la base de l’alimentation des chevaux. La duretĂ© du grain et la rĂ©sistance de la balle rendent souhaitable de l’aplatir ou de le concasser. En raison de sa richesse en gluten, le blĂ© risque plus que les autres cĂ©rĂ©ales de former des pâtons dans le tube digestif. On s’efforcera donc de fragmenter les apports. Les mashes ont l’avantage d’apporter des grains cuits facilement digestibles, des grains de lin bouillis riches en mucilages Ă©mollients, du son humidifiĂ© hydratant le contenu digestif, ainsi que du sel et d’autres minĂ©raux.

Un cheval, faisant un travail normal, devrait ĂŞtre nourri quatre fois par jour. Voici un exemple d’une bonne rĂ©partition des repas:
- 06h30 Foin et grain
- 11h00 Foin
- 16hO0 Foin et grain
- 20h30 Foin

En guise de conclusion, toute erreur alimentaire, qu’il s’agisse de carence, de surcharge ou de dĂ©sĂ©quilibre, compromet la santĂ© du cheval. Toutefois, elle risque de mieux se manifester, avec des consĂ©quences plus graves, chez cet l’animal de loisir pour lequel on recherche la plus parfaite intĂ©gritĂ© organique et la plus grande longĂ©vitĂ©. Donc, une Ă©valuation des besoins alimentaires du cheval, ainsi que l’inspection et le choix judicieux des produits d’alimentation sont des attitudes que tout propriĂ©taire de chevaux devrait adopter.

UNITES ET CALCULS

Il faut savoir en premier qu’en alimentation Ă©quine l’Ă©talon est l’UFC.
UFC "unité fourragère cheval"
1 UFC correspond Ă  l’Ă©nergie produite par 1 KG d’orge ou 0,88KG d’avoine ou 1,14 KG de maĂŻs entier.
Tare des céréales :
- 1 Litre d’orge = 0,5 KG (grains entiers) ou 0,45 KG (grains concassĂ©s)
- 1 Litre d’avoine = 0,4 KG (grains entiers) ou 0,35 KG (grains concassĂ©s)
- 1 Litre de maïs = 0,75 KG (grains entiers) ou 0,65 KG (grains concassés)
- 1 Litre de granulé = 0,7 KG

En besoin d’entretien "cheval ne fournissant aucun effort physique", le cheval nĂ©cessite:
2,5 UFC+(0,5 par 100 KG de poids vif)
soit pour un cheval de 500 Kg —>2,5+(0,5*5)=5 UFC

Pour le calcul de la ration d’un cheval au travail on ajoutera 0,5 UFC par heure de travail.
pour mon cheval de 500KG qui travaille 2 heures par jours il lui faudra:
Besoin d’entretien +(0,5*heures de travail) ce qui donne 5 UFC +(0,5*2)=6 UFC
En plus de cela il faut tenir compte du besoin en fibre du cheval et celui-ci se calcul en MS "Matières Sèches".

En besoin d’entretien un cheval a besoin en foin naturel :
2 Ă  3 KG de MS par 100 KG de poids vif

En besoin d’entretien un cheval a besoin en foin industriel (luzerne,sainfoin ou foin de Crau):
1 Ă  1,5 KG de MS par 100 KG de poids vif

Pour un cheval au travail on ajoutera 20% en plus de la ration total en MS
Soit pour mon cheval de 500KG qui travail et Ă  qui je donne du foin de Crau : 1,5*5= 7,5KG MS+20%= 9 KG de MS
En résumé pour un cheval de 500KG et qui travail 2 heures par jour il faudra 6 UFC et 9 KG de MS.

La gestion des pâtures

pature Les refus sont une des principales causes d’appauvrissement des parcelles des Ă©quidĂ©s. Pourtant, loin d’ĂŞtre inĂ©vitables, ils peuvent ĂŞtre maĂ®trisĂ©s par une bonne conduite de pâturage. Le plus souvent, l’application de quelques règles simples suffit pour garder ses parcelles propres.

Entre les zones d’herbe haute et celles d’herbe rase, les prairies de nos chevaux ressemblent souvent Ă  d’Ă©tranges mosaĂŻques. Le cheval ne consomme en effet pas l’herbe de manière homogène. Face Ă  une alimentation Ă  volontĂ©, il trie et abandonne certaines zones des parcelles pour concentrer son coup de dents sur d’autres, plus appĂ©tantes, oĂą il trouve une herbe rase avec des feuilles jeunes, souples et riches en matière azotĂ©e. Dans ces zones, plus l’herbe est pâturĂ©e, plus la vĂ©gĂ©tation est jeune et appĂ©tant… et donc consommĂ©e ! Face Ă  cette pression de pâturage, la concentration de graminĂ©es, trop lentes Ă  se dĂ©velopper, va diminuer alors que les plantes Ă  rosettes (pissenlit, plantain majeur, pâquerette) et le trèfle blanc vont profiter de l’arrivĂ©e de lumière au sol pour gagner du terrain. Le sol, piĂ©tinĂ©, va se tasser ce qui freinera le dĂ©veloppement de la vĂ©gĂ©tation. Dans les zones que le cheval dĂ©laisse, l’herbe se dĂ©veloppe en touffes hautes et dures qu’il Ă©vitera ensuite de pâturer, mais oĂą il dĂ©posera la majoritĂ© de ses fèces : ce sont les refus. Ils sont constituĂ©s essentiellement de plantes recherchant des milieux riches en matière organique comme la houque laineuse, les renoncules…

L’installation des refus est nĂ©faste pour la parcelle car, responsables de la dĂ©gradation de la flore, ils induisent une diminution importante de sa valeur alimentaire. Cependant, mĂŞme s’ils sont une consĂ©quence quasi inĂ©vitable du pâturage des chevaux, les refus sont loin d’ĂŞtre une fatalitĂ© et l’application de quelques règles de base peut parfois suffire Ă  contrĂ´ler leur dĂ©veloppement. Au pire, mĂŞme s’ils sont dĂ©jĂ  bien installĂ©s, certaines techniques d’entretien des pâtures permettent de s’en dĂ©barrasser.

Comment réduire le développement des refus au quotidien

Si les chevaux sont les premiers responsables du dĂ©veloppement des refus, la conduite de pâturage de l’Ă©leveur doit aussi parfois ĂŞtre remise en cause et souvent, l’application de quelques règles simples suffit pour Ă©viter le pire.

Avoir un chargement adapté

Selon la valorisation de l’herbe voulue, plusieurs modes de pâturage sont possibles, l’essentiel Ă©tant d’adapter le nombre de chevaux (chargement) aux surfaces disponibles. Quand l’herbe est la principale ressource alimentaire, le pâturage « tournant » prĂ©sente de nombreux avantages : la rotation des animaux sur de petites parcelles permet alors une meilleure maĂ®trise de l’herbe. D’une part, la mise Ă  l’herbe peut ĂŞtre assez prĂ©coce, ce qui favorise un meilleur contrĂ´le de la forte pousse de printemps. De plus, la taille des parcelles permet une consommation rapide et plus complète, ce qui reprĂ©sente un avantage consĂ©quent pour contrĂ´ler les refus.

NĂ©anmoins, une vĂ©ritable maĂ®trise de l’herbe ne sera obtenue qu’avec l’application de quelques règles de bases.

Afin d’Ă©viter le gaspillage (et donc le dĂ©veloppement des refus), il faut essayer de proposer les parcelles aux animaux quand l’herbe est haute de 10 Ă  15 cm, hauteur Ă  laquelle elle est encore très appĂ©tante. Quand cette dernière atteindra 3 cm, il est par contre important de retirer les animaux pour favoriser une bonne repousse de l’herbe. Ils pourront y revenir au bout de vingt Ă  trente jours au printemps et trente Ă  cinquante jours durant l’Ă©tĂ©, selon la pluviomĂ©trie. Enfin, sans fertilisation, il est conseillĂ© de disposer au printemps d’une surface de quarante Ă  cinquante ares par cheval adulte, soit 4 000 Ă  5 000 m².

Quand la parcelle constitue essentiellement une aire d’exercice et que l’herbe n’est qu’un complĂ©ment alimentaire, beaucoup d’Ă©leveurs dĂ©cident d’utiliser un mode de pâturage plus simple comme le pâturage continu. Ils laissent alors constamment des animaux sur leurs parcelles.

Pourtant, mĂŞme s’il est plus pratique, ce type de pâturage apporte souvent une pression de pâturage inadaptĂ©e (surpâturage dans les paddocks, sous-pâturage dans les grandes parcelles). Il faudra alors prĂ©voir de faucher les parcelles sous-pâturĂ©es au moins une fois par an, voire plus si l’on veut Ă©viter la dissĂ©mination de mauvaises graines. De plus, sans fertilisation, il est conseillĂ© d’utiliser des surfaces un peu plus importantes, soit cinquante Ă  soixante ares par cheval adulte.

Utiliser des bovins

Que ce soit en alternance ou simultanĂ©ment avec les chevaux, l’utilisation de bovins a Ă©galement un impact très positif sur les parcelles des Ă©quidĂ©s.
Grâce Ă  leur comportement alimentaire assez diffĂ©rent, les bovins effectuent un pâturage complĂ©mentaire de celui des chevaux. D’une part, ils sont moins sĂ©lectifs que ces derniers et pâturent moins ras qu’eux (ils n’iront pas pâturer les zones dĂ©jĂ  pâturĂ©es par les chevaux et iront donc pâturer d’autres zones qu’eux, ce qui Ă©vite d’avoir Ă  faucher trop souvent). D’autre part, contrairement aux chevaux qui concentrent essentiellement leurs crottins dans les refus, les bovins rĂ©partissent mieux leurs bouses sur la parcelle ce qui permet un apport fertilisant plus rĂ©gulier.

Néanmoins, pour que le pâturage mixte soit bénéfique à la parcelle il faut que les bovins représentent au moins 20% du chargement.

Adapter ses pratiques au rythme de la parcelle

Selon les saisons, la parcelle n’Ă©volue pas de la mĂŞme façon et en restant attentif au rythme de la vĂ©gĂ©tation, on pourra limiter sa dĂ©gradation.

Au printemps, l’herbe se dĂ©veloppe très vite et il est important de contenir cette pousse rapide avec une mise Ă  l’herbe prĂ©coce des animaux. Il faut alors utiliser en prioritĂ© les prairies les plus productives, car elles se dĂ©tĂ©rioreront vite par la suite. Les parcelles de qualitĂ©s plus mĂ©diocres pourront ĂŞtre rĂ©servĂ©es pour un pâturage d’Ă©tĂ© ou d’hiver, le mieux Ă©tant d’y effectuer un « dĂ©primage » au dĂ©but du printemps. Cette première coupe assez superficielle, effectuĂ©e mĂ©caniquement ou parfois par des bovins, favorisera la pousse ultĂ©rieure de l’herbe.
L’Ă©tĂ©, quel que soit le mode de pâturage utilisĂ©, la pousse de l’herbe est presque nulle et il faut penser Ă  toujours augmenter la surface disponible ou Ă  rĂ©duire le nombre d’animaux de 30 Ă  50% selon la sĂ©cheresse.

L’hiver, la portance du sol Ă©tant limitĂ©e, il faut veiller Ă  ce que les animaux ne dĂ©gradent pas trop les parcelles. En effet, s’ils mettent trop de sol Ă  nu, ils favoriseront alors le dĂ©veloppement de plantes rampantes (renoncule rampante, agrostis stolonifère et tenu…) et de plantes Ă  germination rapide (rumex, chardon … qui constitueront une base pour le dĂ©veloppement de refus l’annĂ©e suivante.

Enfin, dernier point, il est important de laisser chaque parcelle au repos au moins deux mois par an. Après un pâturage ras ou la fauche des refus, ce temps de latence permet Ă  la vĂ©gĂ©tation de reconstituer ses rĂ©serves. L’hiver est une bonne saison pour effectuer cette « pause », car on Ă©vite ainsi la dĂ©gradation des parcelles peu portantes.

Ruser avec le terrain

En plus de ses goĂ»ts difficiles, le cheval choisit aussi ses zones pâturĂ©es selon sa « morphologie ». DĂ©gagĂ©e, abritĂ©e, en hauteur, les Ă©quidĂ©s ont des critères de sĂ©lection de la pâture bien prĂ©cis et mieux vaut ruser si l’on veut s’y opposer !

Ainsi, face à un terrain en pente, le cheval préfèrera ne pas aller dans le bas de la parcelle, surtout si la zone est encaissée ou embroussaillée. Mieux vaut donc découper les parcelles perpendiculairement à la pente pour pousser le cheval à parcourir tout le terrain.

De plus, si les chevaux s’entĂŞtent Ă  nĂ©gliger certaines zones de la parcelle, y placer les abreuvoirs ou les mangeoires permet de les y attirer. En chemin, ils mangeront de l’herbe et mĂŞme si quelques mètres carrĂ©s sont très marquĂ©s autour des Ă©quipements, cela sera toujours prĂ©fĂ©rable Ă  la perte de larges surfaces jamais pâturĂ©es.

Les petits coups de pouce

Souvent, l’application de ces « bonnes pratiques », bien que largement profitable, n’est pas suffisante et la prairie doit subir quelques traitements particuliers. MĂŞme naturelles, les prairies pâturĂ©es s’Ă©puisent et ont besoin d’ĂŞtre suivies et entretenues pour rester en Ă©tat. Voici quelques exemples de techniques pour obtenir de bons rĂ©sultats.

Le surpâturage d’Ă©tĂ© ou d’hiver

Bien que normalement dĂ©conseillĂ©, le surpâturage peut avoir un effet positif sur certains refus rĂ©calcitrants. Ainsi, durant l’Ă©tĂ© ou l’hiver, quand l’herbe ne pousse plus, on peut forcer certains chevaux (ceux Ă  plus faibles besoins) Ă  « gratter les parcelles ». Ils consommeront alors les refus qu’ils ont nĂ©gligĂ©s quand l’herbe poussait Ă  volontĂ©.

La fauche

Quand les parcelles utilisées sont trop grandes, le développement de refus est inévitable. Il faut alors faucher et retirer de la parcelle les refus coupés au moins une fois par an, après le passage des animaux. Cela permet de re-homogénéiser la parcelle et les repousses des refus, quoique toujours vigoureuses, seront plus volontiers consommées.

Quand les refus sont abondants, le fauchage est plus intĂ©ressant que le broyage. Il prĂ©serve en effet l’appĂ©tence de la parcelle et ralentit la modification de la flore. A contrario, après un broyage, les herbes laissĂ©es sur la parcelle forme une litière qui, si les refus sont trop ligneux, va avoir du mal Ă  se dĂ©grader. Le sol Ă©tant Ă©touffĂ© par cette litière, ses micro-organismes y seront affaiblis et leur rĂ´le dans la dĂ©gradation encore moins efficace. La litière s’accumulera, Ă©touffant de plus en plus le sol… Ce cercle vicieux va le plus souvent Ă  l’encontre du bon dĂ©veloppement des graminĂ©es pour favoriser les broussailles et une vĂ©gĂ©tation trop dure pour ĂŞtre consommĂ©e. Mieux vaut donc prendre le temps d’un bon fauchage !

Le hersage

Après le passage des animaux, le hersage peut aussi ĂŞtre un moyen d’aider Ă  la remise en Ă©tat de quelques parcelles abĂ®mĂ©es. Il aère et dĂ©compacte le sol tassĂ© par le piĂ©tinement des chevaux et aide ainsi Ă  la relance de la vĂ©gĂ©tation. De plus, il nivelle le sol, arrache les mousses ou la litière de plantes mortes et Ă©limine les taupinières.

Pourtant, le hersage peut se rĂ©vĂ©ler nĂ©faste et doit ĂŞtre utilisĂ© Ă  bon escient. Il ne doit ĂŞtre appliquĂ© que sur les sols rĂ©chauffĂ©s et ressuyĂ©s, avant que les bonnes plantes n’aient dĂ©marrĂ© leur vĂ©gĂ©tation. RĂ©alisĂ© sur une prairie dont la flore est Ă©quilibrĂ©e et pauvre en adventices, il risque de blesser les espèces intĂ©ressantes et de favoriser indirectement les plantes indĂ©sirables. De plus, il n’est pas Ă  recommander dans les parcelles frĂ©quentĂ©es par des animaux peu ou mal vermifuges, car la dissĂ©mination des crottins provoque un risque assez fort de dispersion des parasites.

Quand le mal est fait…

Parfois, les parcelles semblent tellement dĂ©tĂ©riorĂ©es qu’un vrai programme de rĂ©novation s’impose, mais la rĂ©novation des sols est un art très difficile et particulièrement coĂ»teux. En cas de dĂ©tĂ©rioration importante, quelques techniques peuvent nĂ©anmoins corriger la qualitĂ© du couvert vĂ©gĂ©tal. Mais, attention, elles s’avĂ©reront inutiles si elles ne sont pas accompagnĂ©es d’une rĂ©vision des pratiques qui ont amenĂ© la parcelle Ă  un tel rĂ©sultat (sur ou sous-pâturage, piĂ©tinement, fauche ou mise Ă  l’herbe trop tardive, repos insuffisant des parcelles …) !

Le roulage

Les prairies pâturĂ©es convenablement n’ont normalement pas besoin d’ĂŞtre roulĂ©es, car les pieds des animaux assurent un tassement suffisant. MalgrĂ© cela, Ă  la sortie de l’hiver, suite au dĂ©gel ou au passage des animaux, certaines parcelles sont particulièrement marquĂ©es et le roulage peut permettre de niveler la prairie en donnant au sol une structure optimale au dĂ©veloppement des micro-organismes. De plus, il peut Ă©ventuellement se rĂ©vĂ©ler efficace dans la lutte contre certaines adventices ou larves gĂŞnantes en les Ă©crasant.

Cependant, il faut veiller à tasser sans excès et à toujours éviter de le faire sur un sol humide ou froid. Le poids du rouleau doit être adapté à la nature et à la résistance du terrain.

Le désherbage

L’invasion de mauvaises herbes dans une parcelle a de nombreux effets nĂ©gatifs : concurrence et diminution du potentiel de production, diminution de la valeur alimentaire, rĂ©servoir et dissĂ©mination importante de graines dans les milieux environnants et bien sĂ»r accroissement des zones refus. Quand la parcelle infestĂ©e, un traitement herbicide peut s’avĂ©rer nĂ©cessaire en respectant certaines règles.

Il faut choisir un herbicide en fonction des mauvaises herbes Ă  combattre, mais aussi de la flore de la pâture si l’on veut la prĂ©server. Le traitement doit se faire sur une prairie peu dĂ©veloppĂ©e, au printemps ou en fin d’Ă©tĂ© par temps poussant (sans pluie avec une tempĂ©rature journalière entre 10 et 20° C). Dans ces bonnes conditions, les plantes herbagères se rĂ©approprient plus vite les vides laissĂ©s par les mauvaises herbes. Enfin, il faut respecter les dĂ©lais prescrits (10 Ă  20 jours) avant de rĂ©introduire des animaux.

Il est possible que le traitement doive ĂŞtre rĂ©pĂ©tĂ© plusieurs fois pour ĂŞtre efficace, car de nombreuses mauvaises herbes sont des vivaces. Les rumex, appelĂ©s parfois « l’oseille », ou les « doches » nĂ©cessiteront ainsi deux traitements consĂ©cutifs : le premier Ă  la fin de l’Ă©tĂ© et le second au printemps suivant.

Le sursemis et re-semis total

Quand de nombreux ronds de terre nue (de la taille d’une assiette) parsèment la parcelle ou que le sol est particulièrement dĂ©nudĂ© aux niveaux des entrĂ©es ou des mangeoires, un sursemis peut ĂŞtre envisagĂ© pour amĂ©liorer le couvert vĂ©gĂ©tal et empĂŞcher l’invasion de ces zones par des mauvaises herbes.

Si les graminées représentent moins de 30% du couvert végétal et que la parcelle est particulièrement abîmée ou envahie de plantes indésirables, il faut même envisager un re-semis total.

Après un surpâturage d’Ă©tĂ© et un travail superficiel du sol, les semis d’automne sont les plus sĂ»rs. Semer au printemps est Ă©galement possible, mais le semis sera en compĂ©tition avec les autres plantes. De plus, les risques de sĂ©cheresse pourront perturber la levĂ©e des graines.
Pour le semis, il n’existe pas de mĂ©lange type. Les plantes les plus recherchĂ©es sont celles gazonnantes et rĂ©sistantes au piĂ©tinement avec une Ă©piaison tardive, mais tout dĂ©pend du mode d’utilisation de la parcelle, du chargement, des conditions pĂ©doclimatiques… Si les qualitĂ©s du ray gras anglais sont largement reconnues, on l’utilise souvent en association avec une fĂ©tuque plus rustique et un trèfle blanc qui, rĂ©sistant Ă  la chaleur, tamponnera le vieillissement estival des graminĂ©es et fixera l’azote. La flĂ©ole, le dactyle ou le pâturin des prĂ©s peuvent aussi diversifier le mĂ©lange.

Finalement, la gestion des pâtures des Ă©quidĂ©s n’est pas vraiment complexe, mais elle demande du temps et une bonne connaissance des prairies. Une fois leur rythme respectĂ© par des pratiques adaptĂ©es et un entretien rĂ©gulier, ces dernières pourront fournir une herbe de qualitĂ© que l’on pourra enfin intĂ©grer dans le calcul des rations, en sachant que sa valeur nutritive se limite aux pĂ©riodes de pousse, au printemps et Ă  l’automne.

Revue "Éperon Magazine" n° 226.