Coliques… pour en savoir plus

cheval_galop LES PRINCIPAUX TYPES DE COLIQUES :

Les principaux types de coliques rapportés étaient des coliques spasmodiques (34.8 %), ou par obstruction (19.6 %). Les autres animaux, utilisés à titre de comparaison, avaient été présentés pour des lacérations cutanées essentiellement (45.2 %) ou des boiteries (21.3 %). 15.3 % des chevaux présentés pour coliques sont morts.

CARACTERISTIQUES DISCRIMINANTES :

L’√Ęge des chevaux √† coliques (m = 10 ans) est significativement sup√©rieur √† celui des animaux pr√©sent√©s pour d’autres raisons (7 ans). La race arabe est nettement sur-repr√©sent√©e. En revanche, on ne note pas de pr√©disposition de sexe.
Le type d’utilisation des animaux (√©levage, comp√©tition…) n’a pas d’influence, mais les coliques sont d’autant moins fr√©quentes quand la superficie de l’exploitation est √©lev√©e. Le risque est √©galement plus √©lev√© quand le nombre de chevaux √† l’hectare est important.
Un r√©cent changement de conditions d’√©levage (mise au box par exemple) est corr√©l√© √† un plus fort risque de colique. Les chevaux passant plus de 50 % de leur temps au box sont √©galement plus expos√©s.
La source d’abreuvement importe √©galement : l’acc√®s √† un seau d’eau augmente le risque alors que l’acc√®s √† un abreuvoir le diminue.
Les chevaux √† coliques semblent avoir eu moins d’activit√© physique dans la semaine qui a pr√©c√©d√© que les animaux sans coliques. En revanche, une modification de l’intensit√© de l’activit√© physique dans les deux semaines qui pr√©c√®dent semble √™tre un facteur favorisant. Des comm√©moratifs de transport r√©cent ne constituent pas un facteur de risque.
Des comm√©moratifs ant√©rieurs de coliques ou de chirurgie pour colique augmentent significativement le risque. De m√™me, les chevaux ne recevant pas un programme de vermifugation r√©gulier sont √† risque. Cependant, l’administration d’un vermifuge dans les sept jours pr√©c√©dant la crise est un facteur de risque.
Des modifications climatiques majeures dans les trois jours pr√©c√©dant l’√©pisode de colique sont un facteur de risque.
Un changement r√©cent dans l’alimentation et surtout de la nature du foin (dans les deux semaines pr√©c√©dentes) constitue un tr√®s important facteur de risque. Les chevaux au pr√©, ne recevant pas d’autre chose, ont significativement moins de risque de d√©velopper des coliques.

Le foin en première ligne :

Le facteur de risque le plus important est une modification du r√©gime alimentaire dans les deux semaines pr√©c√©dentes. Plus encore, c’est le changement de foin qui joue un r√īle majeur. Cette √©tude est d’origine am√©ricaine, et les types de foins utilis√©s outre-Atlantique ne sont pas tous comparables aux n√ītres. Cependant, il est tr√®s important de noter que le changement d’origine du foin, m√™me s’il est de m√™me nature, est un facteur de risque important. Il en va de m√™me du foin venant d’une m√™me parcelle, mais d’une coupe diff√©rente.
Pourquoi ? Il est possible que les modifications de foin induisent des variations du pH du contenu intestinal, qu’elles influencent la production d’acides gras volatils, qu’elles perturbent l’√©quilibre microbien, tous facteurs pouvant modifier la motilit√© intestinale et mener aux coliques.

Alimentation et météo :
Cette √©tude apporte de l’eau au moulin des d√©fenseurs des aliments industriels : la consommation de granul√©s n’est pas associ√©e √† un plus fort risque de colique. Par ailleurs, les aliments extrud√©s semblent encore plus s√Ľrs. Ceci s’explique probablement par le fait qu’ils sont ing√©r√©s plus lentement.
Que faut-il penser du changement de temps ? Dans cette publication, il est associ√© √† une augmentation du risque de coliques, mais la plupart des √©tudes ant√©rieurement publi√©es d√©mentent cette assertion. Des enqu√™tes plus approfondies seraient n√©cessaires mais, empiriquement, nous savons que certaines conditions climatiques (vent d’autan par exemple dans notre pays) semblent augmenter les risques.

Vermifugation :
Comme on pouvait s’y attendre, l’adoption d’un programme de vermifugation coh√©rent r√©duit les risques de d√©velopper des coliques. El√©ment troublant, c’est la premi√®re fois qu’on associe dans une population de chevaux adultes la survenue d’une crise de coliques √† des comm√©moratifs de vermifugation r√©cente (7 jours avant). Ce ph√©nom√®ne est d√©crit chez le foal tr√®s infest√© par des ascaris : la vermifugation induit une destruction massive de parasites qui peuvent obstruer l’intestin (c’est la raison pour laquelle on conseille paradoxalement dans cette indication des vermifuges peu efficaces de mani√®re √† ne pas tuer trop de vers en m√™me temps). En revanche, chez l’adulte, la publication de Cohen et coll est une premi√®re.
Toutefois, ne pas vermifuger est un facteur de risque autrement plus important.

Races :
L’√©tude corrobore des observations ant√©rieures quant √† la plus forte sensibilit√© aux coliques de la race arabe. On ne sait toujours pas si cette pr√©disposition est d’origine g√©n√©tique, si elle est due √† des conditions d’√©levage diff√©rentes ou tout simplement √† une meilleure attention des √©leveurs et propri√©taires d’arabes.

Activité :
Les chevaux n’ayant pas d’activit√©, dans cette √©tude, ont significativement moins de risques de d√©velopper des coliques. Cette observation n’est pas faite dans d’autres publications.

Que faut-il retenir ?

Pas de conclusions h√Ętives, admettent les auteurs : ces observations ont leurs limites. Par exemple, on n’a pas cherch√© √† associer certains facteurs de risque au type de la colique. Il est possible que les coliques par obstruction soient favoris√©es par des facteurs diff√©rents que ceux qui induisent des coliques spasmodiques. L’√©tude peut √™tre √©galement biais√©e : certains propri√©taires de chevaux √† coliques ont peut-√™tre plus tendance que les autres √† se souvenir des √©v√©nements r√©cents qui ont pr√©c√©d√© la crise, celle-ci √©tant pour eux une pr√©occupation majeure (financi√®re et affective) alors qu’ils sont peut-√™tre moins concern√©s par d’autres motifs de consultation.
Mais, malgr√© tous ces biais possibles, un √©l√©ment majeur se distingue : un cheval qui a chang√© de foin dans les deux semaines pr√©c√©dentes √† 9.8 fois plus de " chances " qu’un autre de d√©velopper une crise de coliques. Il est donc utile de bien observer vos chevaux quand vous changez de foin. Ceci souligne tout l’int√©r√™t √©galement de stocker suffisamment pour l’ann√©e, et de ne pas trop changer de fournisseur.

Source Nutridiff

Les règles d’or de l’alimentation

alimentatio Apr√®s avoir fait l’acquisition d’un cheval, non seulement faut-il savoir s’en occuper, mais il faut aussi l’alimenter de fa√ßon convenable. L’alimentation d’un cheval n’est pas des plus complexe, mais elle comporte certaines particularit√©s qu’il ne faut pas n√©gliger. Pour vous √©clairer sur la fa√ßon de nourrir votre partenaire √©quin, je vous parlerai d’abord du fonctionnement g√©n√©ral du syst√®me digestif, des √©quid√©s, et des besoins √©nerg√©tiques de diff√©rents groupes de chevaux. Ensuite, je parlerai du rationnement, de l’horaire d’alimentation et des diff√©rents groupes d’aliments utilis√©s pour combler ses besoins en √©nergie.

En premier lieu, le cheval est un monogastrique herbivore dont l’anatomie du tube digestif se caract√©rise par la pr√©sence d’un estomac r√©duit et d’un gros intestin, au contraire, tr√®s d√©velopp√©. Apr√®s une excellente pr√©paration buccale assurant un fin broyage et une forte insalivation, la digestion reste sommaire dans l’estomac; elle se d√©veloppera essentiellement dans l’intestin gr√™le par voie enzymatique, puis dans le gros intestin par voie microbienne.

Les besoins √©nerg√©tiques ne sont pas les identiques pour chaque individu au m√™me moment. Par exemple, √† l’entretien, les besoins de l’√©talon sont en rapport avec le poids vif sensiblement sup√©rieur √† celui de la jument de m√™me race. Les besoins √©nerg√©tiques de l’√©talon, en saison de monte, sont souvent surestim√©s par les √©leveurs et les √©talonniers. Le rationnement pratique de l’√©talon doit donc donner la priorit√© √† l’√©quilibre alimentaire, afin de pr√©venir toute suralimentation. En particulier le foin de luzerne expose √† des exc√®s azot√©s. Les juments vides, non suit√©es, ne requi√®rent qu’une ration d’entretien. Pour les autres, la meilleure pr√©paration alimentaire, √† l’entr√©e de la gestation, consiste √† r√©√©quilibrer la ration sur le plan √©nerg√©tique, prot√©ique, min√©ral et vitaminique. Tout en veillant √† la meilleure hygi√®ne alimentaire, il faut √©viter tout changement brutal de r√©gime.

Comme je l’ai d√©j√† dit, le cheval est un herbivore dont la ration de base est constitu√©e de fourrages qui suffisent, pour l’essentiel, √† couvrir ses besoins d’entretien. Les fourrages sont les aliments les plus utilis√©s, les plus communs et les plus √©conomiques. Cependant leur valeur alimentaire, d√©finie conjointement par leur app√©tibilit√© et leur composition nutritive, est la plus difficile √† pr√©ciser. Les prairies naturelles, par leur flore vari√©e, conviennent bien au cheval. A ce propos, les plantes les mieux appr√©ci√©es sont le ray-grass anglais, le tr√®fle blanc, la fl√©ole et le dactyle, ainsi que la f√©tuque. Pour les gramin√©es, la valeur alimentaire optimale se situe en d√©but de montaison et avant l’√©piaison, sp√©cialement pour le dactyle et la f√©tuque. Pour les l√©gumineuses, la valeur alimentaire est meilleure d√®s l’apparition des boutons floraux. Toutefois, le tr√®fle blanc √† pleine floraison a encore une bonne digestibilit√©.

Les grains prennent une place croissante dans la ration du cheval au fur et √† mesure que s’√©l√®vent les besoins √©nerg√©tiques, sous l’influence de l’intensit√© du travail. L’avoine a divers avantages: elle f√Ľt historiquement r√©serv√©e √† l’alimentation du cheval. Le ma√Įs, depuis longtemps utilis√© en Am√©rique, fournit d’excellents r√©sultats. Compte tenu de sa duret√©, il n√©cessite g√©n√©ralement d’√™tre broy√©.

Dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique, l’orge a √©t√© de tout temps la base de l’alimentation des chevaux. La duret√© du grain et la r√©sistance de la balle rendent souhaitable de l’aplatir ou de le concasser. En raison de sa richesse en gluten, le bl√© risque plus que les autres c√©r√©ales de former des p√Ętons dans le tube digestif. On s’efforcera donc de fragmenter les apports. Les mashes ont l’avantage d’apporter des grains cuits facilement digestibles, des grains de lin bouillis riches en mucilages √©mollients, du son humidifi√© hydratant le contenu digestif, ainsi que du sel et d’autres min√©raux.

Un cheval, faisant un travail normal, devrait √™tre nourri quatre fois par jour. Voici un exemple d’une bonne r√©partition des repas:
- 06h30 Foin et grain
- 11h00 Foin
- 16hO0 Foin et grain
- 20h30 Foin

En guise de conclusion, toute erreur alimentaire, qu’il s’agisse de carence, de surcharge ou de d√©s√©quilibre, compromet la sant√© du cheval. Toutefois, elle risque de mieux se manifester, avec des cons√©quences plus graves, chez cet l’animal de loisir pour lequel on recherche la plus parfaite int√©grit√© organique et la plus grande long√©vit√©. Donc, une √©valuation des besoins alimentaires du cheval, ainsi que l’inspection et le choix judicieux des produits d’alimentation sont des attitudes que tout propri√©taire de chevaux devrait adopter.

UNITES ET CALCULS

Il faut savoir en premier qu’en alimentation √©quine l’√©talon est l’UFC.
UFC "unité fourragère cheval"
1 UFC correspond √† l’√©nergie produite par 1 KG d’orge ou 0,88KG d’avoine ou 1,14 KG de ma√Įs entier.
Tare des céréales :
- 1 Litre d’orge = 0,5 KG (grains entiers) ou 0,45 KG (grains concass√©s)
- 1 Litre d’avoine = 0,4 KG (grains entiers) ou 0,35 KG (grains concass√©s)
- 1 Litre de ma√Įs = 0,75 KG (grains entiers) ou 0,65 KG (grains concass√©s)
- 1 Litre de granulé = 0,7 KG

En besoin d’entretien "cheval ne fournissant aucun effort physique", le cheval n√©cessite:
2,5 UFC+(0,5 par 100 KG de poids vif)
soit pour un cheval de 500 Kg —>2,5+(0,5*5)=5 UFC

Pour le calcul de la ration d’un cheval au travail on ajoutera 0,5 UFC par heure de travail.
pour mon cheval de 500KG qui travaille 2 heures par jours il lui faudra:
Besoin d’entretien +(0,5*heures de travail) ce qui donne 5 UFC +(0,5*2)=6 UFC
En plus de cela il faut tenir compte du besoin en fibre du cheval et celui-ci se calcul en MS "Matières Sèches".

En besoin d’entretien un cheval a besoin en foin naturel :
2 à 3 KG de MS par 100 KG de poids vif

En besoin d’entretien un cheval a besoin en foin industriel (luzerne,sainfoin ou foin de Crau):
1 à 1,5 KG de MS par 100 KG de poids vif

Pour un cheval au travail on ajoutera 20% en plus de la ration total en MS
Soit pour mon cheval de 500KG qui travail et à qui je donne du foin de Crau : 1,5*5= 7,5KG MS+20%= 9 KG de MS
En résumé pour un cheval de 500KG et qui travail 2 heures par jour il faudra 6 UFC et 9 KG de MS.

La gestion des pâtures

pature Les refus sont une des principales causes d’appauvrissement des parcelles des √©quid√©s. Pourtant, loin d’√™tre in√©vitables, ils peuvent √™tre ma√ģtris√©s par une bonne conduite de p√Ęturage. Le plus souvent, l’application de quelques r√®gles simples suffit pour garder ses parcelles propres.

Entre les zones d’herbe haute et celles d’herbe rase, les prairies de nos chevaux ressemblent souvent √† d’√©tranges mosa√Įques. Le cheval ne consomme en effet pas l’herbe de mani√®re homog√®ne. Face √† une alimentation √† volont√©, il trie et abandonne certaines zones des parcelles pour concentrer son coup de dents sur d’autres, plus app√©tantes, o√Ļ il trouve une herbe rase avec des feuilles jeunes, souples et riches en mati√®re azot√©e. Dans ces zones, plus l’herbe est p√Ętur√©e, plus la v√©g√©tation est jeune et app√©tant… et donc consomm√©e ! Face √† cette pression de p√Ęturage, la concentration de gramin√©es, trop lentes √† se d√©velopper, va diminuer alors que les plantes √† rosettes (pissenlit, plantain majeur, p√Ęquerette) et le tr√®fle blanc vont profiter de l’arriv√©e de lumi√®re au sol pour gagner du terrain. Le sol, pi√©tin√©, va se tasser ce qui freinera le d√©veloppement de la v√©g√©tation. Dans les zones que le cheval d√©laisse, l’herbe se d√©veloppe en touffes hautes et dures qu’il √©vitera ensuite de p√Ęturer, mais o√Ļ il d√©posera la majorit√© de ses f√®ces : ce sont les refus. Ils sont constitu√©s essentiellement de plantes recherchant des milieux riches en mati√®re organique comme la houque laineuse, les renoncules…

L’installation des refus est n√©faste pour la parcelle car, responsables de la d√©gradation de la flore, ils induisent une diminution importante de sa valeur alimentaire. Cependant, m√™me s’ils sont une cons√©quence quasi in√©vitable du p√Ęturage des chevaux, les refus sont loin d’√™tre une fatalit√© et l’application de quelques r√®gles de base peut parfois suffire √† contr√īler leur d√©veloppement. Au pire, m√™me s’ils sont d√©j√† bien install√©s, certaines techniques d’entretien des p√Ętures permettent de s’en d√©barrasser.

Comment réduire le développement des refus au quotidien

Si les chevaux sont les premiers responsables du d√©veloppement des refus, la conduite de p√Ęturage de l’√©leveur doit aussi parfois √™tre remise en cause et souvent, l’application de quelques r√®gles simples suffit pour √©viter le pire.

Avoir un chargement adapté

Selon la valorisation de l’herbe voulue, plusieurs modes de p√Ęturage sont possibles, l’essentiel √©tant d’adapter le nombre de chevaux (chargement) aux surfaces disponibles. Quand l’herbe est la principale ressource alimentaire, le p√Ęturage ¬ę tournant ¬Ľ pr√©sente de nombreux avantages : la rotation des animaux sur de petites parcelles permet alors une meilleure ma√ģtrise de l’herbe. D’une part, la mise √† l’herbe peut √™tre assez pr√©coce, ce qui favorise un meilleur contr√īle de la forte pousse de printemps. De plus, la taille des parcelles permet une consommation rapide et plus compl√®te, ce qui repr√©sente un avantage cons√©quent pour contr√īler les refus.

N√©anmoins, une v√©ritable ma√ģtrise de l’herbe ne sera obtenue qu’avec l’application de quelques r√®gles de bases.

Afin d’√©viter le gaspillage (et donc le d√©veloppement des refus), il faut essayer de proposer les parcelles aux animaux quand l’herbe est haute de 10 √† 15 cm, hauteur √† laquelle elle est encore tr√®s app√©tante. Quand cette derni√®re atteindra 3 cm, il est par contre important de retirer les animaux pour favoriser une bonne repousse de l’herbe. Ils pourront y revenir au bout de vingt √† trente jours au printemps et trente √† cinquante jours durant l’√©t√©, selon la pluviom√©trie. Enfin, sans fertilisation, il est conseill√© de disposer au printemps d’une surface de quarante √† cinquante ares par cheval adulte, soit 4 000 √† 5 000 m¬≤.

Quand la parcelle constitue essentiellement une aire d’exercice et que l’herbe n’est qu’un compl√©ment alimentaire, beaucoup d’√©leveurs d√©cident d’utiliser un mode de p√Ęturage plus simple comme le p√Ęturage continu. Ils laissent alors constamment des animaux sur leurs parcelles.

Pourtant, m√™me s’il est plus pratique, ce type de p√Ęturage apporte souvent une pression de p√Ęturage inadapt√©e (surp√Ęturage dans les paddocks, sous-p√Ęturage dans les grandes parcelles). Il faudra alors pr√©voir de faucher les parcelles sous-p√Ętur√©es au moins une fois par an, voire plus si l’on veut √©viter la diss√©mination de mauvaises graines. De plus, sans fertilisation, il est conseill√© d’utiliser des surfaces un peu plus importantes, soit cinquante √† soixante ares par cheval adulte.

Utiliser des bovins

Que ce soit en alternance ou simultan√©ment avec les chevaux, l’utilisation de bovins a √©galement un impact tr√®s positif sur les parcelles des √©quid√©s.
Gr√Ęce √† leur comportement alimentaire assez diff√©rent, les bovins effectuent un p√Ęturage compl√©mentaire de celui des chevaux. D’une part, ils sont moins s√©lectifs que ces derniers et p√Ęturent moins ras qu’eux (ils n’iront pas p√Ęturer les zones d√©j√† p√Ętur√©es par les chevaux et iront donc p√Ęturer d’autres zones qu’eux, ce qui √©vite d’avoir √† faucher trop souvent). D’autre part, contrairement aux chevaux qui concentrent essentiellement leurs crottins dans les refus, les bovins r√©partissent mieux leurs bouses sur la parcelle ce qui permet un apport fertilisant plus r√©gulier.

N√©anmoins, pour que le p√Ęturage mixte soit b√©n√©fique √† la parcelle il faut que les bovins repr√©sentent au moins 20% du chargement.

Adapter ses pratiques au rythme de la parcelle

Selon les saisons, la parcelle n’√©volue pas de la m√™me fa√ßon et en restant attentif au rythme de la v√©g√©tation, on pourra limiter sa d√©gradation.

Au printemps, l’herbe se d√©veloppe tr√®s vite et il est important de contenir cette pousse rapide avec une mise √† l’herbe pr√©coce des animaux. Il faut alors utiliser en priorit√© les prairies les plus productives, car elles se d√©t√©rioreront vite par la suite. Les parcelles de qualit√©s plus m√©diocres pourront √™tre r√©serv√©es pour un p√Ęturage d’√©t√© ou d’hiver, le mieux √©tant d’y effectuer un ¬ę d√©primage ¬Ľ au d√©but du printemps. Cette premi√®re coupe assez superficielle, effectu√©e m√©caniquement ou parfois par des bovins, favorisera la pousse ult√©rieure de l’herbe.
L’√©t√©, quel que soit le mode de p√Ęturage utilis√©, la pousse de l’herbe est presque nulle et il faut penser √† toujours augmenter la surface disponible ou √† r√©duire le nombre d’animaux de 30 √† 50% selon la s√©cheresse.

L’hiver, la portance du sol √©tant limit√©e, il faut veiller √† ce que les animaux ne d√©gradent pas trop les parcelles. En effet, s’ils mettent trop de sol √† nu, ils favoriseront alors le d√©veloppement de plantes rampantes (renoncule rampante, agrostis stolonif√®re et tenu…) et de plantes √† germination rapide (rumex, chardon … qui constitueront une base pour le d√©veloppement de refus l’ann√©e suivante.

Enfin, dernier point, il est important de laisser chaque parcelle au repos au moins deux mois par an. Apr√®s un p√Ęturage ras ou la fauche des refus, ce temps de latence permet √† la v√©g√©tation de reconstituer ses r√©serves. L’hiver est une bonne saison pour effectuer cette ¬ę pause ¬Ľ, car on √©vite ainsi la d√©gradation des parcelles peu portantes.

Ruser avec le terrain

En plus de ses go√Ľts difficiles, le cheval choisit aussi ses zones p√Ętur√©es selon sa ¬ę morphologie ¬Ľ. D√©gag√©e, abrit√©e, en hauteur, les √©quid√©s ont des crit√®res de s√©lection de la p√Ęture bien pr√©cis et mieux vaut ruser si l’on veut s’y opposer !

Ainsi, face à un terrain en pente, le cheval préfèrera ne pas aller dans le bas de la parcelle, surtout si la zone est encaissée ou embroussaillée. Mieux vaut donc découper les parcelles perpendiculairement à la pente pour pousser le cheval à parcourir tout le terrain.

De plus, si les chevaux s’ent√™tent √† n√©gliger certaines zones de la parcelle, y placer les abreuvoirs ou les mangeoires permet de les y attirer. En chemin, ils mangeront de l’herbe et m√™me si quelques m√®tres carr√©s sont tr√®s marqu√©s autour des √©quipements, cela sera toujours pr√©f√©rable √† la perte de larges surfaces jamais p√Ętur√©es.

Les petits coups de pouce

Souvent, l’application de ces ¬ę bonnes pratiques ¬Ľ, bien que largement profitable, n’est pas suffisante et la prairie doit subir quelques traitements particuliers. M√™me naturelles, les prairies p√Ętur√©es s’√©puisent et ont besoin d’√™tre suivies et entretenues pour rester en √©tat. Voici quelques exemples de techniques pour obtenir de bons r√©sultats.

Le surp√Ęturage d’√©t√© ou d’hiver

Bien que normalement d√©conseill√©, le surp√Ęturage peut avoir un effet positif sur certains refus r√©calcitrants. Ainsi, durant l’√©t√© ou l’hiver, quand l’herbe ne pousse plus, on peut forcer certains chevaux (ceux √† plus faibles besoins) √† ¬ę gratter les parcelles ¬Ľ. Ils consommeront alors les refus qu’ils ont n√©glig√©s quand l’herbe poussait √† volont√©.

La fauche

Quand les parcelles utilisées sont trop grandes, le développement de refus est inévitable. Il faut alors faucher et retirer de la parcelle les refus coupés au moins une fois par an, après le passage des animaux. Cela permet de re-homogénéiser la parcelle et les repousses des refus, quoique toujours vigoureuses, seront plus volontiers consommées.

Quand les refus sont abondants, le fauchage est plus int√©ressant que le broyage. Il pr√©serve en effet l’app√©tence de la parcelle et ralentit la modification de la flore. A contrario, apr√®s un broyage, les herbes laiss√©es sur la parcelle forme une liti√®re qui, si les refus sont trop ligneux, va avoir du mal √† se d√©grader. Le sol √©tant √©touff√© par cette liti√®re, ses micro-organismes y seront affaiblis et leur r√īle dans la d√©gradation encore moins efficace. La liti√®re s’accumulera, √©touffant de plus en plus le sol… Ce cercle vicieux va le plus souvent √† l’encontre du bon d√©veloppement des gramin√©es pour favoriser les broussailles et une v√©g√©tation trop dure pour √™tre consomm√©e. Mieux vaut donc prendre le temps d’un bon fauchage !

Le hersage

Apr√®s le passage des animaux, le hersage peut aussi √™tre un moyen d’aider √† la remise en √©tat de quelques parcelles ab√ģm√©es. Il a√®re et d√©compacte le sol tass√© par le pi√©tinement des chevaux et aide ainsi √† la relance de la v√©g√©tation. De plus, il nivelle le sol, arrache les mousses ou la liti√®re de plantes mortes et √©limine les taupini√®res.

Pourtant, le hersage peut se r√©v√©ler n√©faste et doit √™tre utilis√© √† bon escient. Il ne doit √™tre appliqu√© que sur les sols r√©chauff√©s et ressuy√©s, avant que les bonnes plantes n’aient d√©marr√© leur v√©g√©tation. R√©alis√© sur une prairie dont la flore est √©quilibr√©e et pauvre en adventices, il risque de blesser les esp√®ces int√©ressantes et de favoriser indirectement les plantes ind√©sirables. De plus, il n’est pas √† recommander dans les parcelles fr√©quent√©es par des animaux peu ou mal vermifuges, car la diss√©mination des crottins provoque un risque assez fort de dispersion des parasites.

Quand le mal est fait…

Parfois, les parcelles semblent tellement d√©t√©rior√©es qu’un vrai programme de r√©novation s’impose, mais la r√©novation des sols est un art tr√®s difficile et particuli√®rement co√Ľteux. En cas de d√©t√©rioration importante, quelques techniques peuvent n√©anmoins corriger la qualit√© du couvert v√©g√©tal. Mais, attention, elles s’av√©reront inutiles si elles ne sont pas accompagn√©es d’une r√©vision des pratiques qui ont amen√© la parcelle √† un tel r√©sultat (sur ou sous-p√Ęturage, pi√©tinement, fauche ou mise √† l’herbe trop tardive, repos insuffisant des parcelles …) !

Le roulage

Les prairies p√Ętur√©es convenablement n’ont normalement pas besoin d’√™tre roul√©es, car les pieds des animaux assurent un tassement suffisant. Malgr√© cela, √† la sortie de l’hiver, suite au d√©gel ou au passage des animaux, certaines parcelles sont particuli√®rement marqu√©es et le roulage peut permettre de niveler la prairie en donnant au sol une structure optimale au d√©veloppement des micro-organismes. De plus, il peut √©ventuellement se r√©v√©ler efficace dans la lutte contre certaines adventices ou larves g√™nantes en les √©crasant.

Cependant, il faut veiller à tasser sans excès et à toujours éviter de le faire sur un sol humide ou froid. Le poids du rouleau doit être adapté à la nature et à la résistance du terrain.

Le désherbage

L’invasion de mauvaises herbes dans une parcelle a de nombreux effets n√©gatifs : concurrence et diminution du potentiel de production, diminution de la valeur alimentaire, r√©servoir et diss√©mination importante de graines dans les milieux environnants et bien s√Ľr accroissement des zones refus. Quand la parcelle infest√©e, un traitement herbicide peut s’av√©rer n√©cessaire en respectant certaines r√®gles.

Il faut choisir un herbicide en fonction des mauvaises herbes √† combattre, mais aussi de la flore de la p√Ęture si l’on veut la pr√©server. Le traitement doit se faire sur une prairie peu d√©velopp√©e, au printemps ou en fin d’√©t√© par temps poussant (sans pluie avec une temp√©rature journali√®re entre 10 et 20¬į C). Dans ces bonnes conditions, les plantes herbag√®res se r√©approprient plus vite les vides laiss√©s par les mauvaises herbes. Enfin, il faut respecter les d√©lais prescrits (10 √† 20 jours) avant de r√©introduire des animaux.

Il est possible que le traitement doive √™tre r√©p√©t√© plusieurs fois pour √™tre efficace, car de nombreuses mauvaises herbes sont des vivaces. Les rumex, appel√©s parfois ¬ę l’oseille ¬Ľ, ou les ¬ę doches ¬Ľ n√©cessiteront ainsi deux traitements cons√©cutifs : le premier √† la fin de l’√©t√© et le second au printemps suivant.

Le sursemis et re-semis total

Quand de nombreux ronds de terre nue (de la taille d’une assiette) pars√®ment la parcelle ou que le sol est particuli√®rement d√©nud√© aux niveaux des entr√©es ou des mangeoires, un sursemis peut √™tre envisag√© pour am√©liorer le couvert v√©g√©tal et emp√™cher l’invasion de ces zones par des mauvaises herbes.

Si les gramin√©es repr√©sentent moins de 30% du couvert v√©g√©tal et que la parcelle est particuli√®rement ab√ģm√©e ou envahie de plantes ind√©sirables, il faut m√™me envisager un re-semis total.

Apr√®s un surp√Ęturage d’√©t√© et un travail superficiel du sol, les semis d’automne sont les plus s√Ľrs. Semer au printemps est √©galement possible, mais le semis sera en comp√©tition avec les autres plantes. De plus, les risques de s√©cheresse pourront perturber la lev√©e des graines.
Pour le semis, il n’existe pas de m√©lange type. Les plantes les plus recherch√©es sont celles gazonnantes et r√©sistantes au pi√©tinement avec une √©piaison tardive, mais tout d√©pend du mode d’utilisation de la parcelle, du chargement, des conditions p√©doclimatiques… Si les qualit√©s du ray gras anglais sont largement reconnues, on l’utilise souvent en association avec une f√©tuque plus rustique et un tr√®fle blanc qui, r√©sistant √† la chaleur, tamponnera le vieillissement estival des gramin√©es et fixera l’azote. La fl√©ole, le dactyle ou le p√Ęturin des pr√©s peuvent aussi diversifier le m√©lange.

Finalement, la gestion des p√Ętures des √©quid√©s n’est pas vraiment complexe, mais elle demande du temps et une bonne connaissance des prairies. Une fois leur rythme respect√© par des pratiques adapt√©es et un entretien r√©gulier, ces derni√®res pourront fournir une herbe de qualit√© que l’on pourra enfin int√©grer dans le calcul des rations, en sachant que sa valeur nutritive se limite aux p√©riodes de pousse, au printemps et √† l’automne.

Revue "√Čperon Magazine" n¬į 226.