Se rouler, ça fait du bien !

Le Mareyeur aime se rouler. Cette fois-lĂ , Julia l’a surpris dans ses Ĺ“uvres et a eu la bonne idĂ©e de le photographier. D’abord, notre pur-sang anglais adorĂ© cherche un endroit appropriĂ© en grattant le sol. Dans un prĂ©, il n’est d’ailleurs pas rare d’apercevoir des aires de roulade oĂą plusieurs Ă©quidĂ©s se sont frottĂ©s la tĂŞte, l’encolure, le dos…

Marayeur_roulade_01

Une fois l’emplacement identifiĂ©, le cheval commence sa descente ; ses antĂ©rieurs toucheront la terre en premier. Une fois couchĂ©, Le Mareyeur se balance Ă  droite puis Ă  gauche et vice-versa, autant de fois qu’il lui plaira ! A Sauv’Equi, quand on voit effectuer une roulade complète, on a l’habitude de dire que l’animal va bien et n’a pas de douleurs dorsales. Peut-on se fier Ă  cet examen ? Difficile Ă  dire, toujours est-il que notre protĂ©gĂ© a l’air de bien s’amuser !

Marayeur_roulade_02

La roulade a Ă©galement un tout autre rĂ´le. Comme l’Ă©crit HĂ©lène Roche dans Comportements et postures ("Soins du cheval", Belin) - un livre très intĂ©ressant pour mieux comprendre ces ĂŞtres merveilleux – , « les chevaux se roulent frĂ©quemment après une sĂ©ance de travail lorsqu’ils ont eu un harnais ou une selle sur le dos, lorsqu’ils sont mouillĂ©s ou encore lorsqu’ils sont gĂŞnĂ©s par les insectes ». Pour l’Ă©thologiste, « frottements et roulades ont une fonction hygiĂ©nique - en faisant tomber les poils morts et les parasites (mouches, tiques…) - et probablement de massage ». D’autant que Le Mareyeur a l’habitude de secouer tout son corps, Ă  nouveau debout, pour se dĂ©barrasser du surplus de poussière… avant de piquer un petit galop !

Marayeur_roulade_03

Le Mareyeur, cœur à parrainer !

LeMareyeur_02

Il est le plus jeune des pensionnaires de Sauv’Equi. L’un des plus anciens aussi. ArrivĂ© tout juste adulte au refuge après ĂŞtre nĂ© en Angleterre, avoir couru sur les plus grands hippodromes de France et avoir Ă©tĂ©… oubliĂ© dans un parc par ses nouveaux propriĂ©taires ! Maigre Ă  faire peur, une maladie de peau et des abcès aux quatre pieds, Le Mareyeur Ă©tait, malgrĂ© tout, dĂ©jĂ , un sacrĂ© beau mec il y a dix ans. Courageux, avec un caractère bien trempĂ©, dynamique, joueur ! Des qualitĂ©s qui se rĂ©vĂ©lèrent très vite au grand jour dès qu’il rĂ©apprit tranquillement Ă  manger et fut soignĂ©.

LeMareyeur_01

De race pur-sang anglais, — mĂŞme s’il porte le nom des chevaux boulonnais qui tractaient les cargaisons de poissons sur les ports —, Le Mareyeur a toutes les caractĂ©ristiques du galopeur : vif, souple, le poil brillant, une certaine classe. Le roi des conneries aussi… qu’il ne manquait jamais de faire avec notre regrettĂ© SergueĂŻ. Son compère, son ami, avec qui il s’amusait Ă  tenir le plus longtemps possible debout sur ses postĂ©rieurs.

Bref, une beautĂ© et une grâce qui a beaucoup plu, notamment Ă  des fillettes qui ont suppliĂ© leurs parents de l’adopter. A nous alors de leur expliquer que pour leur sĂ©curitĂ© et la sienne, il lui fallait quelqu’un de doux et d’expĂ©rimentĂ©, ne serait-ce que pour le tenir en main ! Une personne qui ne s’est jamais prĂ©sentĂ©e toutes ces annĂ©es. Aujourd’hui, âgĂ© de 16 ans, Le Mareyeur vieillit donc sereinement Ă  nos cĂ´tĂ©s.

LeMareyeur_03

Cheval masqué

Ce facĂ©tieux compagnon n’en est pas moins joyeux, voire mĂŞme câlin Ă  ses heures, entre deux mouvements brusques souvent propres aux chevaux de course. Lui, si impatient, s’est laissĂ© administrĂ© des soins pendant plus de trois ans quand on lui a dĂ©couvert des uvĂ©ites rĂ©currentes Ă  l’Ĺ“il gauche. Pour tenter de le guĂ©rir, Sauv’Equi a Ă©galement envoyĂ© Le Mareyeur en clinique en Belgique puis a fait appel Ă  un vĂ©tĂ©rinaire spĂ©cialisĂ© en ophtalmologie qui l’a opĂ©rĂ© dans son box. Le succès a Ă©tĂ© au rendez-vous au dĂ©but mais le mal, dont on ignore l’origine, a ressurgi. RĂ©sultat : notre protĂ©gĂ© ne voit sans doute plus de ce cĂ´tĂ© et porte, sans discontinuer, dès qu’il est dehors, un flymask pour le protĂ©ger des rayons du soleil et du vent. Il reste magnifique.

LeMareyeur_04l

Manue, la bonne fĂ©e qui veillait sur lui jusqu’Ă  prĂ©sent s’en allant vers d’autres contrĂ©es, Le Mareyeur cherche dĂ©sormais une nouvelle marraine ou un parrain, voire plusieurs, pour aider Sauv’Equi Ă  subvenir Ă  ses besoins. Une telle personne s’engage Ă  verser la somme de son choix (dĂ©ductible des impĂ´ts Ă  hauteur de 66%) chaque mois Ă  notre association reconnue d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral. En Ă©change, si elle vit en Lorraine, elle peut venir voir le cheval au refuge en prĂ©sence d’une responsable de Sauv’Equi et Ă©tablir avec lui une relation privilĂ©giĂ©e. Si la distance gĂ©ographique ou l’emploi du temps ne le permettent pas, c’est Sauv’Equi qui lui donnera rĂ©gulièrement des nouvelles de son filleul. Une vĂ©ritable marĂ©e d’amour.

Pour plus de renseignements, Ă©crire Ă 
info@sauv-equi.fr

Aquilas, un amour de cheval

A deux jours de NoĂ«l, Sauv’Equi a le cĹ“ur lourd. Notre association vient de perdre son doyen, une immense personnalitĂ©, que l’on n’oubliera jamais. A 30 ans passĂ©s, Aquilas s’est Ă©teint dans son box, Ă©tendu sur son lit de paille. C’est Carine qui a constatĂ© son dĂ©cès ce samedi 22 dĂ©cembre 2018 au matin. Elle l’avait quittĂ© quelques heures plus tĂ´t dans la nuit après s’être assurĂ© que la fièvre Ă©tait tombĂ©e. Il avait henni. 

Adieu Aquilas 01-04 

Vendredi 21 décembre, le vétérinaire habituel du refuge était venu en soirée pour le soigner. Il l’avait déjà fait le lundi 17 décembre pour vérifier une blessure qu’Aquilas s’était faite en essayant vainement de se relever le week-end précédent. Du vendredi 14 au samedi 15 décembre vers midi en effet, notre Selle Français était resté couché dans sa litière sans parvenir à se remettre debout. Pendant 24h, il avait été veillé après avoir reçu différents traitements du praticien pour finalement se retrouver, enfin, sur ses pieds grâce à l’invention d’un autre vétérinaire appelé à la rescousse (voir notre galerie-photos «Au chevet d’Aquilas»).

Cette nuit-là et le lendemain, Aquilas avait réussi à mobiliser un peu de monde au refuge. Lui qui avait pris l’habitude de causer des frayeurs à Carine et Julia dès qu’il se roulait du mauvais côté au pré, l’arthrose l’empêchant de se relever seul. Même la personne qui nous loue l’écurie ou l’agriculteur à qui l’on achète le fourrage, sollicités par notre présidente, venaient aider le cheval parfois. Sacré, Aquilas !

Adieu Aquilas_03

Carine te surnommait « Kiki Love » tellement tu étais gentil, doux, proche de l’homme ; tu avais pris une place à part dans sa vie. Dès qu’elle te croisait, Julia ne résistait pas à t’embrasser sur le bout du nez ; elle aussi te considérait comme un ami cher.

On n’a jamais su grand-chose de toi, à part que tu venais du sud de la France, que tu avais tourné un moment en concours de saut d’obstacles et que tu aurais, sans doute, mal fini si tu n’avais pas croisé la route de Sauv’Equi. Cela faisait onze ans que tu partageais le destin de notre association. On espère t’avoir rendu heureux toutes ces années. Adieu, Aquilas ! Sans toi, Sauv’Equi ne sera plus tout à fait pareille.

Adieu Aquilas_02