Le dernier voyage de Surfing Dubb

Cette course-là, Surfing Dubb la termine dans un monde meilleur. Enfin, Sauv’Equi le lui souhaite ! Notre pur-sang anglais de 27 ans nous a quittés lundi tard dans la soirée, en clinique en Belgique. Récit, étape par étape, du dernier combat qu’il a mené courageusement.

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Mercredi 13 novembre, le diagnostic tombe : Sollicité voilà une semaine par Carine, notre présidente, le vétérinaire de l’association vient effectuer en soirée des radios de l’antérieur droit du cheval. Cela fait longtemps qu’on signale à tout praticien qui vient au refuge que Surf plie exagérément le carpe de ce membre sans qu’aucun n’y prête plus d’attention. Depuis quelques jours, le phénomène s’est accéléré et il ne parvient plus à tendre sa jambe vers l’arrière. A l’imagerie, le vétérinaire découvre, stupéfait, une fracture du coude ! « Sans doute ancienne », estime-t-il devant Carine et Julia.
Pourtant, entre son box et le pré qu’il partage chaque jour avec Harachesne, Surfing ne s’est pas blessé, ni n’a reçu de coup. Et quand l’ostéopathe est venue expressément samedi 9 novembre pour tenter de le soulager, notre ami a même trotté dans son parc…

Jeudi 14 et vendredi 15 novembre, le joli geste d’un prothésiste humain : Pour le vétérinaire, l’ancien galopeur doit rester 4 mois au box sans sortir et porter une attelle. Il nous recommande de faire intervenir un prothésiste que connaissent des amis-cavaliers de Sauv’Equi. En matinée, j’appelle donc Pierre-Stéphane Paquin pour lui expliquer la situation.
Le gérant de Paquin Orthopédie à Marly passe l’après-midi même au refuge et sous le regard de Julia effectue un moule de la jambe de Surf. Il rapportera le lendemain à Carine l’orthèse fabriquée sur-mesure en précisant qu’il « offre la main-d’œuvre » à notre modeste association de protection d’équidés. Un grand merci, Monsieur, pour votre implication et votre gentillesse, même si, hélas, Surfing n’aura pas utilisé votre création.

Surfing_01 Samedi 16 novembre, le départ pour la clinique équine Equitom : Décision est prise d’emmener notre protégé en Belgique pour se faire opérer. Sauv’Equi n’a pas le budget mais pas le choix si elle veut donner une chance de survivre à Surfing. Notre ami va bien, a bon appétit et le moral, en-dehors de cette vieille blessure qui se rappelle brutalement à lui. Le cloîtrer au box, même en supposant que le cheval se tienne calme, implique trop de risques que l’on ne souhaite pas prendre : coliques, fourbure de compensation, chute si le cheval se couche et tente de se relever… Et surtout il n’y a qu’ « 1% de chance de réussite », assure Tom Mariën, le fondateur d’Equitom, au téléphone.

Contactée la veille, la Fondation Bardot va voir ce qu’elle peut faire pour nous aider ; merci à cette grande maison pour ces encouragements. Allez, on y croit, Surf en a vu d’autres et nous aussi !

A 13h, BF Horse Transport arrive au refuge. François Boudart a créé quelques mois plus tôt le 1er van-ambulance de Belgique. Avec l’aide du transporteur, Carine, Julia, ses parents Fred et Olivia, Jordan et moi embarquons Surfing dans le véhicule médicalisé équipé d’un harnais pour garder le cheval debout en toute sécurité. Ses efforts en présence de ses copains d’écurie sont récompensés. C’est parti pour 350 km de trajet, tranquillement, sans encombre. Surfing a déjà voyagé dans son passé de cheval de course et de sport ; il sait toujours faire !

19h : Surf – et Julia et moi qui l’avons suivi en voiture – arrivons chez Equitom à Lummen . Notre beau bai découvre le box qui lui est réservé et, très vite, une fois qu’il en a le droit, mange du préfané. Surf a toujours adoré ce type de fourrage et ne boude pas son plaisir d’en trouver. L’examen clinique réalisé par la vétérinaire interne de garde est bon. Le Dr Manon Fioretti découvre au passage le caractère bien trempé de Monsieur Surfing. On le salue sans savoir que ce sera la dernière fois.

Toutes les photos du dernier voyage de Surfing à découvrir dans notre galerie-images.

Dimanche 17 novembre, juste avant l’opération : Julia reçoit des nouvelles de Surfing. Il va bien. Alors qu’on nettoie les box de nos pensionnaires au refuge, on pense à lui en se disant que bientôt on va lui préparer à nouveau le sien.

Lundi 18 novembre, la chirurgie s’est bien passée mais… : Peu avant 11h30, Julia est prévenue par Equitom que Surfing part en salle d’opération. A 17h50, le Dr Mariën rassure notre trésorière : la longue opération de trois heures trente s’est bien déroulée : les nombreux tissus fibreux présents au coude confirme que la fracture « est très très ancienne » mais le chirurgien en chef a pu tout enlever et installer la plaque et les vis qui devraient permettre à notre papy adoré de remarcher sans problème. Si le réveil se déroule calmement au début, Surf n’arrive pas encore à se relever ; l’équipe médicale préfère donc le laisser se reposer sous étroite surveillance.
Hélas ! Peu avant 23h, le Dr Mathieu Foucaud nous alerte : « Le cheval s’énerve. Sa plaie s’est ouverte. Il ne réagit plus aux stimuli ». Le corps de Surfing épuisé par tout ce qu’il a subi dans sa vie d’athlète l’abandonne ; son esprit combatif s’envole. Les trois administratrices bénévoles que nous sommes décidons ce qui s’impose. Vers 23h15, le chirurgien-orthopédiste me rappelle : « Le cheval est parti. En douceur ».

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Samedi 23 novembre, les affaires de Surfing : Julia et Jordan se rendent à la clinique pour récupérer les affaires de Surfing et notamment la couverture séchante « qui garde sans doute son odeur », espère Carine. Il y a aussi une tresse de ses crins qu’on nous a gentiment préparés. Tom Mariën prend le temps de répondre à nos questions. Lui aussi est déçu comme toute son équipe qui s’est occupé de Surfing jusqu’à son ultime souffle. Le patron d’Equitom félicite au passage notre association pour son action qu’il nous engage à poursuivre.

Depuis quand Surfing souffrait-il ? S’était-il blessé sur un hippodrome avant d’être réformé ? Ses microlésions s’étaient-elles consolidées au point qu’il puisse encore pratiquer la compétition dans d’autres disciplines ? Ou est-ce après lorsqu’il a été abandonné ? On ne le saura pas. Ce que l’on retient de cette triste histoire est que les vétérinaires devraient plus écouter les propriétaires qui leur accordent toute leur confiance.

Ce cheval magnifique était l’un des premiers protégés de Sauv’Equi. Plus de douze ans passés ensemble. Surf, on ne t’oubliera jamais !

NB : Pour nous aider à payer la facture de sa prise en charge en clinique, faites un don (déductible des impôts), s’il vous plaît, ou participez à la cagnotte Leetchi que Sauv’Equi a ouverte alors que tous les espoirs étaient encore permis. Cela n’enlèvera pas notre chagrin mais nous permettra de continuer pour les autres.

Un don en hommage Ă  Surfing, s’il vous plaĂ®t !

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C’est le dernier souvenir que l’on a de Surfing, en plus d’une tresse de ses crins que nous a remis l’Ă©quipe d’Equitom. La clinique vĂ©tĂ©rinaire belge a envoyĂ© Ă  Sauv’Equi la vidĂ©o du dĂ©part en salle d’opĂ©ration de notre cheval et de l’intervention chirurgicale rĂ©alisĂ©e par le Dr Tom MariĂ«n, le Dr Mathieu Foucaud et leurs collaborateurs. Des images, assemblĂ©es par un professionnel au son du titre "Save" de la chanteuse Sharashka, qui nous vont droit au cĹ“ur.

Un cheval tellement courageux

Ce film, Equitom l’a intitulĂ© "Surfing le courageux". C’est vrai que notre protĂ©gĂ© depuis plus de douze ans n’en manquait pas. Lui qui a Ă©tĂ© sauvĂ© d’un destin funeste après avoir connu la faim et les mauvais traitements en tombant dans de mauvaises mains avait retrouvĂ© l’envie de vivre. Et un bel appĂ©tit de tout partager avec nous, entre les dĂ©mĂ©nagements et les arrivĂ©es de nouveaux bĂ©nĂ©voles, les difficultĂ©s, les succès.

Surfing Ă©tait, certes, un petit gabarit mais une force de caractère. Son dernier combat, il l’a menĂ© le 18 novembre 2019 quand les chirurgiens d’Equitom ont rĂ©parĂ© la fracture du coude de son antĂ©rieur droit ; une très ancienne blessure qui s’est douloureusement rappelĂ©e Ă  lui. HĂ©las, notre Surf a mal supportĂ© la phase de rĂ©veil, souvent critique chez les pur-sang anglais, et il a fallu se rĂ©soudre Ă  l’endormir pour ne pas le laisser souffrir.

Aidez-nous Ă  continuer

Aujourd’hui, sa prĂ©sence manque au refuge. MalgrĂ© tout, notre modeste association poursuit son Ĺ“uvre auprès des copains de Surfing avec toujours les mĂŞmes soucis financiers et le manque d’aide physique mais la volontĂ© intacte de leur offrir une retraite bien mĂ©ritĂ©e.

Tout don, dĂ©ductible des impĂ´ts, est donc bienvenu pour Ă©pauler Sauv’Equi et surtout payer la facture de près de 4 000 € correspondant Ă  sa prise en charge hospitalière.

Notre association a Ă©galement lancĂ© une cagnotte sur la plateforme solidaire Leetchi pour y contribuer. N’hĂ©sitez pas Ă  y participer et Ă  la faire connaĂ®tre !

Cela ne nous rendra pas Surfing mais cela nous confortera dans l’idĂ©e que les administratrices bĂ©nĂ©voles que nous sommes avons eu raison de lui donner une chance de guĂ©rir !

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Atteinte du syndrome de Cushing,
Axia de Sausset se soigne par les plantes

Comme la doyenne de Sauv’Equi transpirait beaucoup et avait du mal à perdre ses poils, nous avons demandé à un vétérinaire de lui faire une prise de sang voilà quelques mois. Comme Carine le redoutait, le test du syndrome de Cushing équin s’est avéré positif pour Axia de Sausset.
Cela signifie que la jument souffre d’un dysfonctionnement du lobe intermédiaire de l’hypophyse. En clair, d’une maladie chronique évolutive du cerveau qui induit une surproduction d’ACTH, une hormone stimulant la synthèse et la sécrétion de cortisol. Souvent appelée « hormone du stress », cette dernière régule notamment le métabolisme des lipides, protéines et glucides.

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Un traitement quotidien Ă  vie

« Heureusement, dans le cas d’Axia, la pathologie n’est pas à un stade trop avancé », souffle Carine. Au niveau des symptômes, notre doyenne de 32 ans présente seulement une hypersudation et peut-être un peu d’hirsutisme. En accord avec le professionnel de santé, la présidente de notre association a décidé de d’abord tenter un traitement par les plantes plutôt que de lui donner immédiatement des médicaments aux effets secondaires pouvant être lourds de conséquences.
Chaque jour, depuis plusieurs mois, Axia avale donc une potion créée par René-Pierre Thibault, le gérant d’Os’Môse Nutrition à Mandray, dans les Vosges. On dispose une dose de Phyto’Cush équin dans un peu de palatin et le tour est joué ! Notre protégée apprécie bien le mélange. A tel point que ces dernières analyses ont révélé que son taux d’ACTH approche de la valeur normale ! Une heureuse nouvelle pour nous qui oeuvrons sans relâche auprès d’équidés autrefois abandonnés et maltraités.

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Tondue au printemps pour moins transpirer

Pour aider le complexe, préparé par le phytothérapeute vosgien à base d’extraits d’angélique, gingko, sauge officinale et autres bourgeons d’aulne glutineux issus de l’agriculture biologique, à produire son effet, on a également eu l’idée de tondre notre mamie islandaise. La tonte favorise la thermorégulation et permet d’éviter les problèmes de peau. On y avait pensé auparavant mais on avait toujours reporté la dépense liée à l’achat de l’appareil adéquat, allant jusqu’à le louer.
Cette fois, on a choisi d’acquérir une tondeuse Harmony Plus de marque anglaise et on ne regrette pas notre investissement tant elle est efficace sur les poils épais et peu bruyante. N’hésitez pas à regarder les photos et la vidéo de la tonte de printemps d’Axia dans notre galerie-images !

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Vous aussi pouvez l’aider !

Pour financer le traitement de la jolie alezane, vous pouvez faire un don (déductible des impôts) à notre association. Un flacon de Phyto’Cush équin coûte 50 € et elle en a besoin chaque mois, en plus d’analyses de sang régulières. Histoire que notre Axia reste en forme le plus longtemps possible et continue à être la chef et guide de ses congénères au pré !